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Amnesty international/Rapport 2020

Date de création: 08-04-2021 14:44
Dernière mise à jour: 08-04-2021 14:44
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JUSTICE- ENQUÊTES ET REPORTAGES- AMNESTY INTERNATIONAL/RAPPORT 2020

 

Dans son rapport annuel, présenté mercredi 7 avril 2021 à Alger par Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie, l’organisation a sérié toutes les atteintes enregistrées durant l’année 2020.

D’emblée, le document, qui a fait le point sur la situation dans 149 pays du monde, évoque les conséquences de la crise sanitaire, due à la propagation de la Covid-19. Outre les répercussions socioéconomiques sur les couches les plus défavorisées de la société, le rapport a mis l’accent sur l’exploitation par les autorités de cette crise pour promulguer des lois liberticides et accentuer la répression.

Elle cite notamment le texte concernant la lutte contre les fake news exploité, particulièrement, pour traquer la libre expression, en particulier sur les réseaux sociaux. «Durant l’année 2020, le hirak a suspendu volontairement ses marches en raison de la crise sanitaire. En l’absence de marche, les autorités ont reporté en grande partie la répression sur les réseaux sociaux», déplore Amnesty International, en dénonçant les graves violations des libertés fondamentales.

Pour Hassina Oussedik«il est évident qu’on ne peut bâtir un Etat de droit sans le respect des libertés fondamentales du citoyen». Mais ces dernières ont été gravement malmenées durant l’année écoulée.

«Cette année encore (en 2020 ndlr), les autorités ont arrêté et poursuivi en justice des manifestant·e·s pacifiques, des journalistes, des militant·e·s et des citoyen·ne·s qui n’avaient fait qu’exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, dans le cadre du mouvement de protestation de grande ampleur connu sous le nom de ‘’hirak’’», dénonce le rapport. Amnesty International consacre aussi une grande partie de son rapport sur les violations de la liberté de la presse et d’expression.

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Le rapport cite, dans ce sens, la loi controversée promulguée au prétexte de lutter contre «la diffusion de fausses nouvelles» et «le maintien» dans la législation algérienne «de formulations vagues et l’ajout d’autres formules» pour justifier les condamnations des citoyens et des journalistes.

«De nouvelles mesures législatives ont encore restreint les droits à la liberté d’expression et d’association, en instaurant de lourdes sanctions pénales pour la diffusion de ‘’fausses nouvelles’’ et pour le fait de recevoir certains types de financements provenant de l’étranger», rappelle aussi Amnesty dans son rapport. En plus du verrouillage des médias, le rapport d’AI revient aussi sur le blocage arbitraire des sites d’information qui dure jusqu’à aujourd’hui.

L’ONG revient aussi sur les détentions arbitraires qui ont concerné des «manifestant, des journalistes, des militant et de simples citoyens, pris pour cible pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression». «Toutes les personnes détenues simplement pour avoir exprimé leurs opinions pacifiquement doivent être libérées immédiatement et sans condition. Les autorités algériennes doivent rompre avec leurs pratiques répressives en matière de libertés fondamentales et réformer la législation nationale afin de garantir une justice indépendante et équitable pour toutes et tous», exige Hassina Oussedik.

Le rapport souligne aussi l’aggravation du phénomène de la violence faite aux femmes et l’expulsion, durant la même période, de 17 000 migrants subsahariens. Devant cette situation, l’ONG adresse une série de recommandations aux autorités.

Elle réclame d’emblée l’abrogation de tous les textes de lois liberticides, la suppression des formulations vagues dans la législation, la libération des médias, le renforcement de la protection des femmes et la révision de la loi sur les associations. Amnesty International exige des enquêtes sur les violations des droits de l’homme, la publication des résultats et la sanction des auteurs.

Le rapport cite, dans ce sens, le cas du journaliste Mohamed Tamalt et du militant politique, Kamel Eddine Fekhar, décédés en détention. Elle réclame également des garanties d’une justice indépendante et des procès équitables. Interrogé sur le contenu du dernier communiqué du Haut conseil de la sécurité (HCS) qui contient une menace contre «les séparatistes» et «la mouvance proche du terrorisme», Hassina Oussedik affirme que la position «d’Amnesty reste inchangée» et que l’ONG «s’en tiendra aux faits ».