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Essai Marie Claude Radziewsky- "Le théâtre de la vie.Mémoires"

Date de création: 01-02-2019 17:44
Dernière mise à jour: 01-02-2019 17:44
Lu: 70 fois


JUSTICE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI MARIE CLAUDE RADZIEWSKY- « LE THEÂTRE DE LA VIE. MEMOIRES.... »

Le théâtre de la vie. Mémoires d’une avocate engagée . Essai de Marie –Claude Radziewsky (préfaces de Robert Elbaz et de   Ali Haroun à l’édition algérienne  , postface de Jacques Vergès) , Casbah Editions, Alger 2015 (Publisud, France, 2013) , 298  pages, 950  dinars

Jacques Vergès qui a écrit la posteface  a cité André Gide qui avait conseillé « à qui voulait connaître une ville de rendre d’abord visite au Palais de Justice ». Là, en effet, sont exposés sous une forme théâtrale , directement accessible au spectateur, les drames de la vie quotidienne. « On retrouve l’atmosphère d’une époque et d’un pays à travers les mémoires des grands du barreau »

En lisant le mélange de   mémoires  , de souvenirs et d’autobiograhie de Marie-Claude Radziewsky, une grande du barreau algérien (de 63 à 93 à Alger même, y habitant avec ses parents, la maman, décédée en 1977,  étant enterrée à El Biar ), on y retrouve certes une multitude d’ « affaires » contées avec précision, art …et humour parfois, mais aussi l’histoire du pays. Un pays, l’Algérie, qu’elle a adopté dès la guerre de libération et juste après son inscription au barreau de Paris, en novembre 1956 . Défendant (dans le cadre du Collectif des avocats du Fln)  les militants Fln arrêtés et emprisonnés et parfois torturés, faisant face aux menaces des Autorités coloniales en « métropole » , aux « harkis de Paris » et à  l’Oas, elle rencontrera les principaux futurs dirigeants….ou futurs simples chaufeurs ou plantons. Entre autres Ben Bella, le « charmeur » , « personnage ouvert , enthousiaste et charismatique » et  Mohamed Boudiaf, « homme solitaire, intransigeant, persuadé qu’il sauvera l’Algérie »….Un pays qu’elle n’avait jamais visité et où elle s’est installée dès 1963. D’abord haut fonctionnaire au ministère de l’Orientation nationale (regroupant alors l’Education, l’Information, la Jeuness et la Sports) avec Chérif Belkacem, elle installe son cabinet après le 19 juin 1965.

Au départ, les dossiers concernent surtout des affaires de crimes , de conflits de famile, de contentieux divers, d’escroquerie …..qui l’obligent à parcourir le pays profond et se retrouver dans des situations parfois assez cocasses , souvent  payée en poules , en œufs…. et en promesses. Puis , vint, à partir de 1971,  l’application, aux affaires de Justice , de l’arabisation….Elle ne se décourage pas (refusant d’abandonner les « éclopés de la Cour des Miracles qui peuplaient les prisons », elle la « socialiste modérée ») et elle s’arabise , suivant des cours intensifs en Tunisie durant les vancances d’été, et obtenant même des diplômes (mais, l’arabe classique avec un fort accent français n’est pas trop compréhensible par les clients !).

Ensuite, forcée en quelque sorte, elle se transforme en avocat des multinationales qui commencent à affluer . Un « rôle plus prestigieux et rémunérateur que le précédent »  . Une « mise à niveau » et ça marche . Hélas ,  après 1988, la situation s’aggrave dans le pays (instabilité politique, violence, attentats..)  et , c’est l’installation en Espagne,  en 1993…..où elle y retrouve de la famille, mais aussi beaucoup d’amis Algériens

 

L’Auteure : Née en 1934 à Paris, isue d’une famille  d’origine juive polonaise,  elle a vécu à New York de 1940 à 1952 (ses parents ont fui le nazisme et l’anti-sémitisme) . Cours de droit. Avocate à Paris à partir d’octobre 56. Défend les militants du Fln . Juste après  l’indépendance, elle visite l’Algérie pour la première fois…..et elle s’y installe en jusqu’en 1993 , fuyant le terrorisme. Actuellement établie en Espagne, toujours en tant qu’avocate.

Avis : Une autobiographie….sérieuse, légère, prenante, émouvante…..Parsemée  d’humour aussi, même dans les moments les plus graves  !

Citations : « Au-dessus de la loi contingente du moment traduisant la prédominance de certains peuples sur d’autres, il existe une loi permanente , expression d’une vérité éternelle : l’homme est né pour vivre libre »

 (Ali Haroun, préface, p 18), «  Le colonel (Boumediène) a initié trois « révolutions » : le révolution agraire dont le résultat est que l’Algérie importe aujourd’hui les deux tiers de ses besoins alimentaires ; la révolution industrielle avec son mythe de l’ « industrie industrialisante » dont la production ramène au pays moins de 2% de ses ressources en devises (…) ; enfin la révolution culturelle qui accoucha en définitive d’une « école sinistrée » (Ali Haroun, préface , p 22) , « Aucun motif ne rend légitime l’usage de la violence dans une démocratie » (p 63), « La lutte , sans contrepartie, pour une cause juste, quels qu’en soient les obstacles , donne des ailes ; ceux qui n’ont pas connu, pendant leur jeunesse, le bonheur de lutter pour défendre leurs principes , ont manqué une étape essentielle de leur vie » (p 262)