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Amnesty International - Rapport 2013

Date de création: 25-05-2013 17:31
Dernière mise à jour: 31-05-2013 16:56
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JUSTICE - ETUDES ET ANALYSES - AMNESTY INTERNATIONAL - RAPPORT 2013

 

 

Pas de grand changement et pas de révolution en matière de liberté d'expression et des droits de l'homme en Algérie, et ce malgré une certaine avancée par rapport aux années ayant suivi la décennie noire, selon Amnesty International, qui  publie son rapport pour l'année 2013 sur le pays (vendredi 24 mai 2013) . Cette année encore, relève cette ONG, les autorités algériennes ont maintenu des restrictions sur la liberté d'expression, d'association et de réunion, caractérisée par un harcèlement des défenseurs des droits de l'homme, des syndicats et des manifestants.

Amnesty International précise dans son rapport que les autorités continuaient à interdire des manifestations à Alger et ailleurs dans les grandes villes, et ce malgré la levée de l'Etat d'urgence. L'organisation ne dispose pas de chiffres précis, mais elle signale «l'arrestation abusive» des jeunes chômeurs dans le Sud pour avoir manifesté contre «la discrimination et la hogra». Des jeunes ont été arrêtés parce qu'ils demandaient tout simplement le droit à un logement et à un emploi, a précisé jeudi 23, le président d'Amnesty International Algérie , Ali Yemloul. Il dira en outre, que des défenseurs des droits de l'homme, des syndicalistes et les organisateurs des mouvements de protestation sont souvent arrêtés lors des actions de protestation, puis relâchés, «procédé (qui) est une manière de casser le mouvement de manifestation, au lieu de la répression violente, le pouvoir exerce une certaine pression pour empêcher les manifestations », explique-t-il.

Pas de progrès non plus pour la liberté de la presse, selon Amnesty qui rappelle la loi de l'information adoptée en décembre 2011, restreignant les activités des journalistes dans le domaine tels que la sûreté de l'Etat, la souveraineté nationale, et les intérêts économiques. En pratique, Amnesty affirme que des journalistes sont poursuivis pour diffamation en vertu du code pénal. Il cite le cas du journaliste de la Nouvelle République à Mascara. Amnesty a remis en cause aussi la loi des associations la jugeant paralysante, et évoquant quelques points négatifs qui ligotent les associations. Yemloul cite l'exemple des partenariats avec des ONG internationales qui sont aujourd'hui soumis à l'autorisation délivrée par le ministère de l'Intérieur ainsi que l'avis du ministère des Affaires étrangères. «Une procédure très lente et compliquée avec le risque élevée de la non obtention de cette autorisation», soutient le conférencier. Il cite en outre, les conditions de financement qui ne sont pas claires. «Dans l'ancienne loi, le financement des associations est automatique après l'obtention d'une autorisation émanant du ministère de l'Intérieur. Dans cette nouvelle loi, aucun article ne parle de financement», dit-il encore. Pour ce qui est des activités de l'association, aujourd'hui, l'autorité administrative a le droit absolu de dissoudre l'association alors que dans l'ancienne loi, c'était l'autorité judiciaire qui décide de la dissolution.

Et sur le dossier «des disparitions forcées», Amnesty n'a noté «aucun progrès dans la recherche de la vérité sur le sort subi par des milliers de disparitions forcées qui ont eu lieu au cours du conflit des années 1990». Malgré l'indemnisation de certaines familles, le dossier des disparitions forcées demeure une tache noire dans les anales des libertés et des droits de l'homme en Algérie, estime cette organisation internationale.

Amnesty International a précisé dans son rapport, que le département du renseignement et de la sécurité (DRS/MDN) disposait toujours de vastes pouvoirs en matière d'arrestation et de détention. Elle a également précisé dans le rapport «que les services de renseignement pouvaient notamment maintenir des personnes soupçonnées d'actes terroristes, ce qui favorisait le recours à la torture et aux mauvais traitements». Le président d'Amnesty International Algérie, Ali Yemloul a confirmé de son coté que le DRS a un grand pouvoir dans le pays. Et de préciser que son ONG n'a pas de données ou de chiffres sur le nombre d'arrestations «l'accès à l'information est quasiment impossible»  souligne-t-il.

www.amnestyinternational.org