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Ali Haroun (Avocat)

Date de création: 01-11-2026 19:37
Dernière mise à jour: 01-11-2026 19:37
Lu: 3 fois


JUSTICE- PERSONNALITÉS- ALI HAROUN (AVOCAT)

Né en 1927 à Alger, Ali Haroun appartient à cette génération exceptionnelle qui a fait le choix de l’engagement nationaliste, au moment où la domination coloniale semblait vouloir prolonger indéfiniment son emprise sur l’Algérie. Militant de la première heure fortement impliqué dans le mouvement national, responsable politique au sein de la Fédération de France du FLN durant la glorieuse guerre de Libération nationale, le défunt a pris part aux négociations, mais surtout à l’action diplomatique en faveur de l’internationalisation de la cause algérienne. Formé au droit, discipline qui a fixé sa trajectoire, devenu vite juriste et avocat de renom, Ali Haroun a mis tout son talent, son éloquence et sa rigueur au service de la défense des détenus et des militants algériens devant les juridictions françaises. Son parcours l’a conduit rapidement en France, où la lutte pour l’indépendance s’organisait au sein l’immigration algérienne et prenait une dimension politique, financière et opérationnelle très importante pour la poursuite du combat libérateur. C’est au sein de la Fédération de France du FLN qu’Ali Haroun a inscrit l’une des pages les plus importantes de son engagement pour la libération de l’Algérie du joug colonial. À partir de 1957, il prend part à l’organisation de cette structure clandestine, avant de rejoindre, en mars 1958, le comité fédéral chargé de diriger ses activités. Il y assumait, notamment, des responsabilités dans les domaines de l’information et du soutien aux militants détenus. Son action s’inscrivait dans un contexte de répression intense, dont les manifestations du 17 octobre 1961 à Paris demeurent l’un des épisodes les plus tragiques. Ali Haroun fut ainsi un acteur de l’histoire des Algériens de France, qui ont contribué intensément à l’Indépendance au prix de lourds sacrifices. Une histoire qu’il a d’ailleurs raconté dans l’un de ses livres, intitulé « La 7e Wilaya. La guerre du FLN en France (1954-1962) ». Un livre qui constitue une contribution importante à la connaissance de ce front de la Révolution sur le territoire français.. Cet ouvrage a contribué à éclairer le rôle des Algériens établis en France dans la lutte pour l’indépendance, mais aussi celui des réseaux de solidarité qui ont soutenu les militants, défendu les détenus et relayé la cause algérienne à l’étranger. À l’indépendance, Ali Haroun est intégré, en tant que député d’Alger, à l’Assemblée nationale constituante, en 1962. Mais il choisit de poursuivre principalement sa vocation de juriste. Avocat au barreau d’Alger et devant la Cour suprême, il est intervenu dans plusieurs affaires politiques, au cours des premières décennies de l’indépendance. Après l’ouverture pluraliste de 1989, le défunt Ali Haroun participa à la création de la Ligue algérienne des droits de l’homme, prolongeant, sur un autre terrain, son intérêt pour les droits et les libertés. En juin 1991, il est nommé ministre délégué aux Droits de l’homme dans le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali, avant de devenir ministre de plein exercice. Ali Haroun est par la suite devenu membre du Haut Comité d’État, instance collégiale mise en place, pour combler provisoirement le vide institutionnel créé par la démission du Président Chadli Bendjedid, le 11 janvier 1992, dans un contexte marqué par une crise économique, une montée en puissance du radicalisme violent et l’avènement du terrorisme. Il y siégeait aux côtés de personnalités issues de différents horizons, notamment Mohamed Boudiaf, Khaled Nezzar et, par la suite, Ali Kafi et Redha Malek. Le défunt Ali Haroun a apporté son témoignage sur cette période, considérée comme la plus difficile traversée par l’Algérie depuis son indépendance, dans un autre livre publié en 2014 sous le titre « Le rempart : La suspension des élections législatives de janvier 1992 face à la terreur djihadiste ». Son riche itinéraire ne saurait, ainsi, être réduit à une seule dimension. Le militant de la Fédération de France, le juriste attaché aux libertés publiques et le responsable institutionnel du début des années 1990 appartiennent à une même trajectoire, mais renvoient à des contextes politiques profondément différents. C’est aussi cette complexité qui donne à son parcours toute sa place dans l’histoire récente de l’Algérie. Il décède samedi 24 octobre 2026 à Alger à l’âge de 99 ans