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Roman Djamila Abdelli Labiod - "Survivre pour Ibiza"

Date de création: 02-03-2021 18:34
Dernière mise à jour: 02-03-2021 18:34
Lu: 11 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN DJAMILA ABDELLI LABIOD- “SURVIVRE POUR IBIZA”

Survivre pour Ibiza. Roman de Djamila Abdelli-Labiod. Aframed Editions , Alger 2020,215  pages, 600 dinars

C’est l’histoire de Mourad , un jeune chômeur après avoir quitté l’école malgré ses bons résultats, toujours à la poursuite de petits boulots, « ordurologue » à l’occasion (fréquentant les décharges publiques à la recherche de matériaux ou de produits pouvant être réparés puis revendus), enfant d’une famille très

modeste et habitant un quartier populaire (une maman vivant d’une maigre pension de veuve et de travaux à domicile comme rouler le couscous pour les autre) ,inconsolable d’avoir perdu son aîné  ,policier assassiné par les terroristes, une sœur étudiante et un autre frère un peu plus débrouillard)…..qui rêve de partir…..pas pour aller au Canada rejoindre un cousin qui y a réussi….mais à ….Ibiza, la ville espagnole balnéaire de réputation internationale. Une idée qui n’arrête pas à lui trotter dans le tête d’autant qu’il avait vu des images « affolantes «  et affriolantes » : Ça danse, ça rit, ça crie, ça s’amuse….et il y a de belles blondes pas farouches…….la vie rêvée, la liberté , quoi !Quoi de plus normal , de naturel, pour un jeune de moins de vingt ans en pleine force de l’âge et impatient de « vivre » . Un jeune qui ne voit autour de lui que des «  ordures » qu’il exploite et qui l’exploitent.  Bien sûr, il y a le football (comme supporter), mais même ce « loisir » autonome  comporte des risques…….puisqu’il se retrouve, à la sortie du stadeemmené en prison par un policier « déprimé » et voyant des « coupables »  partout . Il est vite libéré (grâce à une commissaire compréhensive et…si belle, et à la mamma toujours malgré tout), mais, hélas,  ce furent les gouttes qui ont fait déborder le vase. Il disjoncte……Une tentative publique d’immolation par le feu…..un entretien avec un psychiatre qui, heureusement,  a très vite compris ….En fait, toute une comédie…..mais l’envie de partir est encore plus forte…cette fois-ci pour le Canada.   

 

L’Auteure : Institutrice de français. Après avoir quitté l’enseignement pour se consacrer à sa famille, elle est montée sur la scène littéraire avec une  première œuvre, « La réglisse de mon enfance » (Editions Maarifa en 2011, puis Editions Medias  Index en 2016 ) : Ni roman, ni autobiographie. Surtout des souvenirs d’enfance et de jeunesse  . Très bien écrit.....simplement, clairement. Des longueurs mais pas de lourdeurs

Extraits : « Les intrigues, ça crée toujours la zizanie entre ceux qui détiennent le pouvoir et leurs sujets, le peuple (….) .Le pouvoir génère toujours des intrigues, que ce soit dans un château ou sous une tente » (p 129), « Malgré le remugle des ordures, Mourad se sentait serein parmi les détritus. Y percevant même comme un air de liberté , la décharge n’était plus une décharge, elle était devenue un musée .Un musée bohême, son musée à lui » (p 177), « En ce moment, c’est tout le monde qui divorce.Le peuple avec les dirigeants ! Les hommes avec le femmes !Les enfants avec leurs parents qu’ils n’écoutent plus !Tu te rends compte, même les femmes demandent le divorce à présent… » (p 197)

Avis :Techniquement très mal présenté, d’où une lecture difficile.  Mais, une très belle photo de couverture…..belle mais douloureusecomme toute l’histoire qui aborde-en diagonale-  certes la « harga » mais , celle-ci inscrite dans plusieurs thèmes sociétaux.

 

 

 

Citations : « Chez les roumis, on dit : le temps c’est de l’argent, par contre nous, le temps, si c’était possible, on l’exporterait comme du pétrole » (p 23), « La religion est censée apporter la vérité. Et, en politique , on use de menteries.Ils ne peuvent pas aller ensemble » (p 94), « Avoir l’esprit critique, c’est cette capacité de discernement que chacun d’entre-nous possède et qui permet d’évaluer si ce que l’autre dit est plus vrai ou moins vrai » (p 125), « Du sucre, beaucoup de sucre ! Dans ce pays, les gens se soûlent au sucre ! »( p137)