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Roman Tarik Ait Menguellet- "Le petit prodige"

Date de création: 06-07-2020 18:11
Dernière mise à jour: 06-07-2020 18:11
Lu: 57 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN TARIK AIT MENGUELLET- « LE PETIT PRODIGE »

Le Petit  prodige. Roman de Tarik Ait Menguellet, Passerelles Editions, Lieu d’édition (et d’impression) non indiqués,  2016,  240 pages, 600 dinars.

Un héros, Aissa (Ghilès de son vrai prénom) pris (ou se faisant passer) pour un enfant car de très petite taille et de visage poupin. Sa « compagne » , Meriem, une infirmière vivant en marge de sa famille. Et, une sorte de « souteneur » ,        Arezki, un bonhomme sans foi, ni loi qui essaye de tirer profit au maximum des « dons » de devin de Aissa (il aurait parlé dès sa naissance........pas étonnant , avec un prénom pareil....) . Et, au milieu, un journaliste, Elias, toujours à la recherche du scoop ou de l’information sensationnelle qui lui permettra de continuer à exercer et /ou de réussir. 

Une grande supercherie, exploitant « honnêtement » des foules ignorantes et superstitieuses  avec leur assentiment, des foules ayant déserté les rangs de la raison et de la science qu’ils n’ont pas, à vrai dire,  beaucoup fréquenté

 Les faits se déroulent principalement en Kabylie (la terre des « hommes libres ») et un peu vers le Sud, notamment à Ghardaia. L’auteur devient, parfois, historien , rappelant des périodes délicates ou douloureuses et il évoque ,  bien sûr, au passage , les incontournables problèmes socio-politiques ...heureusement avec un humour certain ,dédramatisant ainsi   les choses,  et c’est tant mieux.

A la fin, tout est bien qui finit (presque bien). Mort du « souteneur » (et la police recherche toujours son liquidateur.....penchant pour l’ « accident ») , mariage en vue du journaliste, « vacances » méritées pour le « couple », en attendant.....

L’Auteur :Il est né en février 1977à Ain El Hammam (Grande Kabylie). Auteur-compositeur-interprète en langue kabyle et chroniqueur à ses heures perdues. Travaille aussi dans l’infographie et la com’. Fils de Lounis Aït Menguellet, Tarik n'a pas choisi de faire de la littérature, bien que cette passion le suive depuis son enfance. «J'ai toujours écrit depuis mon jeune âge, mais mes écrits sont toujours restés au fond d'un tiroir. Je suis passé ensuite à la musique où , en 2012, j'ai enregistré mon premier album. Je suis ensuite revenu à ma première vocation, l'écriture, en publiant des chroniques dans un quotidien national» se confie-t-il.

Extraits : « Quelqu’un avait prétendu un jour que la religion était l’opium du peuple. .......Selon un journaliste, elle endormait l’intelligence, engourdissait la réflexion, assommait l’entendement, anesthésiait le discernement et insensibilisait le raisonnement.....Dans beaucoup de situations, la religion pouvait être définie comme le stéroïde anabolisant du peuple ; elle était devenue le moteur d’un terrorisme sanguinaire, un moteur à explosion. Des morts, des morts, encore des morts. Le tout était de trouver à chaque fois une façon originale de soustraire la vie  » (p 43) , « Vous vous rendez compte, à Alger, ils n’arrêtent pas de fermer les bars et les librairies .....Je pense que l’Etat en veut fermement à la culture.....Les librairies peut-être. Mais , les bars ? Il est bien connu que les hommes de culture sont des buveurs invétérés. On leur enlève les endroits où ils vendent leurs livres et les coins où ils peuvent en parler »  (p 198).

Avis :Premier roman. Beaucoup de promesses.....Il est vrai que ce n’est que le  début....et , en principe, « bon sang ne saurait mentir »

 Citations : «  Quel malheur, quelle désolation pour un homme lorsqu’il n’a rien à raconter sur lui-même » (p 5) , « Une vérité restait une vérité tant qu’on ne la confondait pas, et un mensonge n’ est qu’une vérité démasquée » (p 75), « Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, le paradis, quant à lui, est pavé de croche-pieds, de fausse vénération, de calculs de rétributions et bénéfices, de faux semblants... » (p 205).