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Roman Hocine Mezali- "Le Seigneur des cinquante"

Date de création: 04-07-2020 16:49
Dernière mise à jour: 04-07-2020 16:49
Lu: 59 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN HOCINE MEZALI- « LE SEIGNEUR DES CINQUANTE »

Le Seigneur des cinquante…. Roman de Hocine Mezali, Enag Editions, Alger 2015, 329 pages, 650 dinars

Un quartier  perdu, la Koumine , contraction du parler local de « La Commune »  du hameau Ain Bouharou durant l’époque coloniale, mais hameau rural , avec ses paysans et ses miséreux ,  ses petits colons et quelques gros, son caïd , son commissaire et leurs gros bras….hameau vivant presque en marge. A travers l’histoire de Lakhdar , un « gros » propriétaire terrien (cinquante hectares pour l’époque, c’était déjà du lourd, en tout cas aux yeux des autochtones, la plupart dépossédés par la colonisation ). Sa vie dans une société vivant presque en vase clos, ruminant en silence la présence forcée des « infidèles », les uns épiant les autres, les uns jalousant les autres, mais tous se débattant dans une société bloquée dans la superstition et des traditions appliquées si aveuglément qu’elles permettent bien des dérapages et des aventures (comme ce « ouali » qui s’en donne à cœur joie avec les femmes supposées « stériles » de la région , en quête (involontaire) de semence fertilisante ; ou, comme ce beau gosse célibataire  arabe du village qui « tombe » toutes les dames européennes en « état de manque », mais qui sera assassiné par un mari trompé ..)
Problème de taille : le héros est infertile et comme on le sait , voilà qui  est bien mal vu et malvenu de ne pas laisser de descendance……mâle , cela va de soi. Marié pour la troisième fois, et toujours rien….alors que d’autres se retrouvent « surchargé »  de mioches….en plus de la misère. 

Son autre drame, il n’a plus envie de se séparer, cette fois-ci,  de son épouse : elle est si belle, si aimante…et il l’aime (sans se l’avouer, ce serait trop lui demander) .

Jalousé par tous , coreligionnaires et européens : pour sa terre, pour sa femme, pour son orgueil, pour sa force de caractère, pour son indépendance. On fera donc tout pour l’abattre. Obligé donc de s’enfuir dans les montagnes et  de devenir bandit d’honneur, loin de sa famille. Poursuivi par les harkis, il mourra, sans jamais croire un seul instant à son infertilité ……..et sans voir le fils qu’il venait d’avoir……..grâce au « miracle » du ouali des Beni Bounouah.  Dans la discrétion la plus absolue et dans l’honneur protégé.

L’Auteur :Né en 1938 à Bordj Menaiel, journaliste d’abord et avant tout (il est un des doyens de la corporation) , essayiste et écrivain, auteur de deux romans et de plusieurs essais dont un sur « Ferhat Abbas : un homme, un visionnaire » et un autre sur « Alger : 32 siècles d’histoire », collaborateur dans l’équipe qui  a réalisé le  film « La Bataille d’Alger » et principal assistant littéraire de Yacef Saâdi (dont il est très proche) dans la rédaction des volumes de « La Bataille d’Alger ».

Avis : Une très (trop !) longue et très (trop !) lente histoire

Citations : «  Soigner le mal par le mal n’est pas une solution , mais un mal profond et souvent incurable »(p 23), « Celui qui s’est volontairement éloigné des siens pour aller chercher son bonheur ailleurs, celui-là ne peut espérer retrouver leur confiance à son retour tant qu’il n’a pas fourni la preuve de se contenter de la plus modeste place et tout faire pour réintégrer une société qu’il avait délibérément abandonnée »  ( 126) .