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Roman Amine Ait Hadi- " L'aube au-dela"

Date de création: 04-07-2020 16:44
Dernière mise à jour: 04-07-2020 16:44
Lu: 16 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN AMINE AIT HADI- « L’AUBE AU DELÀ »

L’Aube au-delà. Roman de Amine Ait Hadi, Editions Aden, Alger 2015, 151 pages, 650 dinars

 

Entre une mère qui « n’a jamais su se tenir droite devant les jugements cruels lancés par un « bravache de mari » , un père à « l’austérité primaire » qui violente , frappe et torture sans raison (les femmes de la maison, c'est-à-dire l’épouse et la fille), enfermée dans une « tombe meublée de simulacres » , une « maison-tombeau », Miryem engrange les rancœurs. Elle macère le ressentiment. La haine se greffe dans ses entrailles et prolifère dans sa tête. En fait , elle est à la recherche de la liberté, car elle sait qu’elle a « le droit de vivre parmi les êtres et leurs débâcles »

Elle est jeune, (on pense qu’) elle est belle et elle ne veut pas ressembler à sa mère, « femelle apeurée et soumise », acceptant toutes les injustices maritales. Elle veut fuir, s’évader, être libre, sortir de sa chrysalide , aimer….

La goutte qui déborder l’esprit : la « maison-tombeau » reçoit la visite d'hommes décrits comme des "géants aux allures sombres" chuchotant des propos sur des "affaires d'ogres" et sur des "desseins" prêtés au "Seigneur".

L'horreur atteint son comble à travers le récit délirant de la longue nuit du massacre perpétré par Abou Al Khalil et ses compagnons, et dont Meryem est le témoin.

Ces chapitres sont datés du 22 et 23 septembre 1997, une référence- la seule du roman- au massacre à Bentalha qui a fait, en une seule nuit, des centaines de morts parmi la population civile de cette banlieue d'Alger .

Elle veut régler les comptes. Non ! Elle veut rétablir la justice. Sa main, armée, va devenir celle des centaines de morts, assassinés, qui souhaiteraient se venger. Des centaines de cris d’outre-tombe privés de prières. Ils sont tous présents en elle….tout en pensant que les portes de la  géhenne lui (son père, le monstrueux terroriste) seront ouvertes car il n’a été ni père, ni mari, ni homme, ni serviteur de Dieu.

Elle tue donc le « méprisant » , le « prédicateur de la déchéance, du meurtre et des jouissances sans entraves ». Il devient alors un « cadavre banal ». Vidé de son sang et  ses viscères en l’air, il n’a ni l’étoffe d’un émir, ni couronne, rien de spectaculaire comme la puissance terrifiante qu’il a projeté allègrement de son vivant. « Crève Abou Z-‘bel » ! Elle se délivre et, en même temps , permet à sa mère de recouvrir sa liberté.

 

L’Auteur : Né dans les années 80 à Alger, il a déjà publié trois recueils de poèmes. Pour un essai , c’est un coup de maître que ce roman, puisqu’il a décroché, en marge du Sila ,   le Premier prix Assia Djebbar 2015, dans la catégorie « Langue française ».

Avis : Selon un critique (Aps), « un roman glauque et halluciné ». Ecriture chaotique , infernale même, pas facile à suivre et à comprendre car bien souvent trop « recherchée ».  A lire, mais attention aux âmes sensibles, surtout celles qui ont vécu  et subi les horreurs de  la décennie rouge. Attendre le prochain roman pour trancher définitivement sur les qualités d’auteur (une nouvelle vague rejoignant ainsi Ryad Girod (“La fin qui nous attend”) . Au fond, un poète tourmenté par des vérités que personne ne veut ni ne peut voir

Citations : «Qui est la voix qui ordonne et dicte ses lois abominables à partir de la très sainte écriture. Pas Dieu, qui ? » (p 15), « Dieu n’est pas une société d’assurance ou de gardiennage en cas de faiblesse » (p 16),  « Dans tous les salons du monde, on éructe de plaisir à prendre le petit bol de café avec ses tartines au beurre……Mais, à la caverne , nous tâchons de bien garder le silence, avec l’ordonnance d’une satisfaction démesurée. Se tenir suffisamment droit et ne pas éveiller le moindre mécontentement sur la figure pétrifiée de nos ancêtres et leurs profils flanqués sur les tableaux » (p 45) , « Demeure aux faux-semblants. La vraie ruine se révèle parfois par le truchement de cris qui font trembler les fissures de la maison » (p 59)

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