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Roman Dey Bendifallah - "Le minaret ensanglanté"

Date de création: 02-07-2020 11:14
Dernière mise à jour: 02-07-2020 11:14
Lu: 63 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN DEY BENDIFALLAH- « LE MINARET ENSANGLANTÉ»

Le Minaret ensanglanté. Roman de Dey Bendifallah.  Editions Sedia , Alger 2015, 550 dinars , 186 pages

C’est l’histoire de trois jeunes hommes, amis d’enfance, chacun ayant fait sa vie de son côté, mais chacune n’ayant pas oublié l’autre.

C’est l’histoire de trois adultes plongés soudainement dans la tempête islamo-terroriste des années 90 . Il y a là le fonctionnaire bureaucratique qui essaye de « faire son trou » ou bien plutôt de l’agrandir. Il y a l’intellectuel moderniste qui se voit obligé à l’exil car se sentant menacé  (effectivement, il est dans la liste , inscrit par un des trois). Il a , enfin, le « raté »  de la bande, qui , emporté par ses convictions religieuses , veut percer à tout prix allant jusqu’à se mettre au service des assassins .

C’est  leur itinéraire qui est décrit ; des cheminements différents mais qui décrivent bien les déchirures internes de la société algérienne durant les années rouges .   On y retrouve de tout :un système éducatif lacunaire,  une  vie familiale dans une société bloquée, une foi religieuse aveugle,  la vie professionnelle ratée avec  ses difficultés matérielles, la haine des autres , tout particulièrement de l’autorité , une vie politique confuse…

A la  fin, l’incompréhension totale s’installe, le dialogue est impossible , les amis et frères qui s’entretuent, les valeurs séculaires positives sont oubliées, l’intransigeance s’installe……et le crime de sang se banalise. La chute du livre est inattendue.

L’Auteur : Né en 1951 à Souk Ahras. Etudie et enseigne l’ agronomie durant plus d’une décennie à Mostaganem. Il s’expatrie durant les années 90. S’installe en France où il  se convertit aux métiers du web. Premier roman.

Avis : Un « essai romancé » ou un « roman avec des passages sous forme d ’essais » ; une manie bien algérienne

Citations :  « La terreur était devenue familière et cette banalisation était elle-même porteuse du pire fléau dont une société pouvait être atteinte : la congénitalité du mal . Jamais un véritable climat de paix ne pourrait succéder à ce climat de terrorisme » (p 92), «  Le peuple devait vivre une modernité d’où il était exclu. Il devait accepter la théorie des  castes qu’on lui imposait ou bien choisir le nivellement par le bas en établissant sa propre règle d’appartenance à cette caste dominante , celle du premier entré dans la mosquée ; en somme la règle accessible au plus grand nombre excluant de fait la minorité dominante » (p 137)