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Nouvelles Emmanuel Roblès- "Malika et autres nouvelles d'Algérie"

Date de création: 30-06-2020 16:55
Dernière mise à jour: 30-06-2020 16:55
Lu: 45 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- NOUVELLES EMMANUEL ROBLÈS- « MALIKA ET AUTRES NOUVELLES D’ALGERIE »

Malika et autres nouvelles d’Algérie. Nouvelles de Emmanuel Roblès ( Précédé de « Exploration d’un réel crispé » par Guy Dugas) . Les Editions Kalima, Alger 2014, 157 pages, ???? dinars

Il faut lire la préface de Guy Dugas, un texte qui explore le «  réel crispé » de Emmanuel Roblès pour bien le comprendre.

Tout d’abord, c’est un homme qui a aimé la nouvelle. A lui seul, il a  composé , de son vivant, cinq recueils, plus deux nouvelles parues séparément. Tout ceci sans parler d’une grande quantité de textes dispersés dans divers journaux oranais ou algérois ainsi que dans des revues maghrébines ou de France.

Il y a , ensuite la maîtrise de la technique d’écriture  (chère à Ernest Hemingway) .Ainsi, le présent recueil aborde  ,en bonne partie , la thématique algérienne : huit textes, courts ou longs, au style simple, expressif et clair. Abordable par le grand public et pas de « flou », pas trop d’abondance et pas trop de lyrisme -  propres au tempérament méridional que l’on retrouve encore aujourd’hui, chez une bonne partie de notre élite .   Aucune marque de mépris ou de dédain ou d’ignorance de la population Arabe. Il y a même une certaine empathie , ce qui rend l’auteur très humain.

Huit « nouvelles-instant » abordant des sujets légers ou graves, parsemées d’ anecdotes…..comme de grands reportages rendant la fiction encore plus réelle et donnant à la réalité un aspect fictionnel  , presque  magique. Un peu crispé, car on sent bien que l’auteur n’arrivait pas (ou plus) à supporter l’Algérie coloniale. La plus significative et la plus symbolique de cet engagement intellectuel est la première nouvelle présentée : « Malika ».Femme de ménage  (chez la femme du juge et aussi chez celle de l’instituteur) dans un village de Kabylie, elle est mal-traitée par la femme du juge qui la considérait comme une « bonne à tout faire » . Certainement un mot de trop….et c’est la révolte de Malika, soutenue par son époux , résistant aux pressions des gendarmes, entre autres : « Des excuses ou rien ! »…une formule admirable), supportée aussi par l’instituteur (tout un symbole…pour l’époque, durant la 2è guerre mondiale, la France occupée en partie par les Allemands) . Un révolte de femme qui, peu à, peu a secoué toute la région, obligeant le juge à déménager .

L’Auteur : Emmanuel Roblès, l’écrivain  le  plus Algérien des  européens d’Algérie. Il  a été le premier écrivain à présenter des Algériens comme personnages principaux de ses romans (et de ses nouvelles). Né à Oran en 1914 ; proche , entre autres, de Dib, de Feraoun et de Tahar Djaout. Il est décédé en 1995 avec, toujours, le pays natal au cœur.

Avis : Une lecture qui vous réconciliera avec la bonne écriture, la littérature de masse et  l’humanisme.

Citations :  « La matière de la nouvelle est un épisode, celle du roman une série d’épisodes. Le roman procède par développement, la nouvelle par concentration » ( p 7), « Les montagnes de Blida sont vivantes comme des femmes couchées en tas, les seins vers le ciel, et qui dorment et qui respirent doucement »  (p 45),  «  Ce serait trop beau si on pouvait faire de la vie ce qu’on voulait , c’est la vie qui vous mène » (p 48), « Laisser une jeune femme , toute seule, la nuit, dans un lit trop grand, c’est l’occasion d’avoir des bâtards ! » (p 151)