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Roman Yaminé Ghebalou- "L'enfance est ma demeure"

Date de création: 04-06-2020 17:46
Dernière mise à jour: 04-06-2020 17:46
Lu: 79 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN YAMILÉ GHEBALOU- « L’ENFANCE EST MA DEMEURE »

L’enfance est ma demeure. Roman de Yamilé Ghebalou. Editions Frantz Fanon, Tizi Ouzou 2016, 175 pages, 650 dinars

Un mélange de prose et de poésie.Une histoire presque banale  et sans grande intrigue.Si, peut-être à la fin ;  une fin tirée par les cheveux bien qu’acceptable.

C’est l’histoire de la vie d’une petite famille (petite-) bourgeoise....bien sous tout rapport.  Une maman architecte « inventant » d’ autres manières d’habiter et toute consacrée à son art...et à son unique enfant, un encore jeune garçon venu sur le tard. Un père travaillant pour les « services » toujours par monts et par vaux , de mission en mission et de lit en lit. Un papy,veuf avec de beaux restes,  diplomate à la retraite.....et une vie familiale toute triste dans une grande maison à tiroirs , aménagée (par notre architecte)  afin que les habitants ne se croisent que rarement....bien  que vivant en bons termes.

Une autre femme, bien mystérieuse, apparaît, profondément blessée par la vie et les événements (la décennie rouge),  ayant tout perdu sauf sa dignité et son humanité .Une femme qui va, peu à peu, grâce à l’amour quasi-maternel pour le petit garçon (qu’elle a sauvé d’une tentative de meurtre) , alors perdu entre des parents présents-absents, redonner à une famille éparpillée,sans « âme »,  des raisons d’espérer et d’entamer une nouvelle étape.

Peut-être , en fin de compte , l’histoire d’un pays, l’Algérie contemporaine avec une société qui passe son temps à    se renier et  à refuser « d’écouter la voix de l’enfant qui vit en elle ». Il est vrai que l’Algérie n’a vécu ni une  enfance heureuse ni une  jeunesse paisible et s’est retrouvée plongée dans  des tragédies successives . Qui la sauvera ?

L’Auteure : Née à Cherchell, déjà auteure de plusieurs recueils de poésie (4) et de deux recueils de nouvelles ainsi que d’un roman, « Liban » , qui a reçu le prix Tahar Djaout en 2011

Avis : Une psychnalyse de personnages assez bourgeois vivant en vase presque clos. Pas d’intrigue mais surtout des problèmes de relations humaines...l’écriture relevant d’une prose recherchée ne facilitant pas la lecture. En couverture, le titre comporte une grave erreur.On écrit « demeure » et non « deumeure » !Toujours ce sacré contrôle de qualité du produit final....au niveau du B.A.T founi à  l’imprimerie !

Extrait : « Construire et habiter, c’est aimer et respecter le lieu, saisir sa coïncidence avec le temps, l’instant, le besoin, la parole, surtout celle que l’on veut adresser  à l’avenir, à la terre, à l’espace, au monde....Construire et habiter c’est ,en fait , converser avec la terre , avec les hommes, et leur donner à voir une manière d’être au monde, une conscience de cette relation qui nous unit si fort à notre environnement » (p 63)

Citations : «  Dans ce pays , il est bien connu que nous habitons chez nos maris : nous ne sommes peut-être que des passagères, rien de plus.... » (p 23), « Habiter n’est pas un acte anodin, il s’agit de s’accorder à l’espace et l’espace est le support de notre liberté d’être, de nous exprimer en rapport avec notre nature profonde, avec nos attentes, nos désirs, notre position fondamentale » (p 101) , « Jamais rien ne part sans laisser de trace, même si nous avons cette conviction de disparaître à tout jamais et de n’avoir été que des ombres dans un grand théâtre désaffecté » (p 127) , « Il paraît que quand on est grand, il faut se marier pour ne plus rester seul » (p 139)