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Rpman Waciny Laredj-

Date de création: 25-05-2020 10:06
Dernière mise à jour: 25-05-2020 10:07
Lu: 48 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN WACINY LREDJ- « L’IMPASSE DES INVALIDES »

L’Impasse des Invalides. Roman de Waciny Laredj. Enag Editions, Alger 2015, 450 dinars, 197 pages

Une petite ville de l’intérieur du pays. Elle la « chance » de ne jamais « insulter » le président et  d’avoir un de ses citoyens ministre….de l’Intérieur . Elle va se retrouver « bombardée » wilaya alors qu’elle est dépourvue des moyens adéquats. N’empêche ! Pour s’imposer, première chose à faire….après tout une nuit de débat des autorités avec la population, dans le cadre de la démocratie participative : il s’agit d’ériger un monument , symbole des sacrifices révolutionnaires et de la virilité de ses hommes. Un mouflon bien en cornes et aux attributs de sa virilité lourds et visibles….. «  imposants et pendants ». Une course contre la montre s’engage…car on a hâte d’inaugurer le monument….pour enfoncer encore bien plus la ville voisine et parce qu’à Alger, il faut des  « évenements » 

Barokh, un artiste-sculpteur modeste mais fidèle à  sa ville et à son cimetière (qu’il entretient avec respect, amour et art….) se voit confier l’entreprise. Tâche réussie..mais voilà , les c…..ont disparu, détruites certainement par de « citoyens »  malveillants . Plusieurs fois.

Hélas, pour une histoire de c…. mal réparés (ils ne sont plus en bronze ou en marbre comme prévu , suite aux destructions ), la réussite n’est plus au rendez-vous et le zélé artiste se voit rapidement mis au ban de l’ingrate société dirigeante de la ville (il est dépouillé de ses biens et accusé presque d’accointance avec l’étranger)  , alors que les attributs pendants du monument , vite abandonné sur une placette donnant sur une impasse , sont assez vite récupérés par les femmes stériles de la région qui, elles, ne voient  que les formes viriles et symboliquement fertilisantes.

L’Auteur : en 1954 dans la région de Tlemcen. Nomade impénitent…. entre Tlemcen, Oran, Damas, Alger, Los Angelès et Paris……où, depuis 1994, il enseigne la littérature à la Sorbonne. Auteur de plusieurs romans traduits en plusieurs langues, dont le français. Il a obtenu, aussi, plusieurs prix littéraires, dont le Grand prix de la littérature arabe 

Avis : Un titre évocateur. Chaque phrase , chaque mot a , aussi , son poids politique. Parfois difficile à déchiffrer. Une fin pessimiste

Citations : «  La destinée d’une nation peut être suspendue à un petit détail délaissé. Un fil de rasoir. Les Arabes ont perdu toutes leurs guerres avec les Israéliens à cause des détails auxquels ils n’ont jamais donné le moindre intérêt » (p 40), « Un cimetière, c’est comme une ville où tous les corps dorment pendant que les âmes circulent  » ( p 55), « Notre religion nous apprend que la vie n’est qu’une épreuve, l’essentiel est là-bas où toutes les âmes se valent. Le seul critère , c’est le travail et ce qu’on a fait de bon ou de mauvais pendant l’épreuve de vie »  (p 56), « Quand on est diplômé et qu’on travaille dans un café ou quand on est un artiste et qu’on vit dans une tombe, cela veut dire que le pays est malade » (p 106)