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Essai Fadela M'Rabet- "La piscine"

Date de création: 25-05-2020 10:04
Dernière mise à jour: 25-05-2020 10:04
Lu: 67 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI FADELA M’RABET – « LA PISCINE »

La piscine. Essai de Fadela M’Rabet. Editions Dalimen, Alger 2015, 400 dinars , 103 pages

Le titre  du livre induit en erreur. La « Piscine » est le surnom que les Français donnent au siège , situé à Paris, …..près d’une piscine, de l’un des principaux services de renseignement , la Dgse.Désormais, on va dire chez nous, le Golf.Le début du livre aussi induit en erreur car on pensait que l’on allait lire un véritable roman d’espionnage ou policier .

En reportage en Tunisie, l’auteure prend dans sa voiture un auto-stoppeur dont le comportement étrange la conduit à se demander si elle n’a pas prise en charge un espion….Ce n’était là qu’un chapitre introductif à la description d’un « mal-être » qu’elle va décrire dans le style qui lui appartient.Elle dénonce l’islamophobie. Elle dénonce l’Eglise catholique de Fance qui l’encourage, après avoir sévi durant des siècles ,. Elle dénonce l’ignorance , dans la plupart des milieux , des apports de  l’Islam à la civilisation…. Elle dénonce les niaiseries des journalistes  et refuse d’ « être Charlie » . Elle dénonce le parti-pris de Manuel Valls  et des hommes politiques opportunistes qui, avec leurs « petites phrases », critiquent l’Islam sans le connaître. Elle dénonce , aussi, le message souvent brouillé dans bien des pays arabes, où l’on enseigne aux élèves un islam sclérosé, manipulé par des imams de service ou rejeté par de « pseudo-intellectuels »….Sa colère–contre les incompréhensions meutrières - est si vive qu’elle va jusqu’à écrire :  « Folle de rage, je brandirais peut-être l’épée comme le Christ et Mohamed, ou une kalachnikov » . Sa douleur, on la sent -  car c’est une « autre » Fadela que l’on retrouve-  est si profonde, qu’elle finit (conclusion) dans une sorte de méfiance presque maladive , voyant des espions partout…… : « Ils sont partout….Pour diviser er créer le chaos. Revenir et tout recommencer . Avec encore plus de férocité »

L’Auteure :Née à Sikda. Docteur en biologie, interdite d’enseignement et de médias (radio, entre autres) ,elle quitte l’Algérie (avec son époux, le  philosopheTarik Maschino, lui aussi interdit d’enseignement et de médias) pour s’installer en France. Trop féministe au goût des pouvoirs de l’heure. A publié un grand nombre d’ouvrages à l’étranger……et en Algérie, surtout après 88

Avis : Pamphlet journalistique ? Essai philosophique ? Roman de la vie quotidienne d’une musulmane  en pays chrétien ? Non, de simples pensées amères et de nostalgie. Un discours de vérités. Surtout la crainte de voir le monde , notre monde, son monde, arabo-islamique, connaître ( il a commencé…Lybie, Syrie, Irak, Yémen, Egypte, Tunisie…) un autre colonialisme

Citations : «  Si tant d’hommes et de femmes croient en Dieu, ce n’est pas seulement pour  la promesse de l’éternité, mais parce qui’ils ont un besoin vital d’une présence qui reconnaisse leur qualité humaine » (p 17), « Vivre, c’est être agressé et réagir à l’agression » (p 25), « Dans une société civilisée, avoir le droit de tout dire ne signifie pas qu’on doive dire n’importe quoi » (p 29), « La souveraineté d’un pays n’est jamais acquise définitivement. Les requins ne sont pas seulement sur nos côtes, les vautours dans nos montagnes. Même dans les salons du livre, on les rencontre «  (p 101)