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Henné

Date de création: 23-05-2020 10:52
Dernière mise à jour: 23-05-2020 10:52
Lu: 76 fois


SOCIETE- PRATIQUES- HENNÉ

Le mot henné est d’origine sémitique et se rapporte à la tendresse.

Dans certaines régions de l’Inde, où il est très utilisé, il est aussi appelé mehandi. Son usage pour parer les femmes remonte à 9.000 ans et est utilisé dans environ 60 pays. Des traces de son utilisation ont été retrouvées dans de nombreuses civilisations antiques, telles que l’Archipel des Cyclades, l’ancienne cité cananéenne d’Ugarit à Ras Shamra  en Syrie, la civilisation minoenne (Crète antique) et Mycènes (Grèce antique). 

 

Les motifs décoratifs célébraient le plus souvent la fertilité et la sexualité féminines. Les Egyptiens de l’Antiquité l’employaient pour ses qualités médicinales et odorantes comme en témoigne la momie de Ramsès II dont les cheveux, les mains et les pieds en étaient couverts. Dans la région orientale de la Méditerranée et en Egypte, les Juifs et les premiers Chrétiens se servaient du henné pour orner les mains des femmes. 

 

Les musulmans l’ont ensuite intégré dans leurs traditions et ont répandu son usage avec l’expansion de l’islam jusqu’en Espagne, où il y était cultivé et utilisé par les Juifs, les Chrétiens et les Maures du IXe siècle jusqu’à l’Inquisition espagnole.  Le henné est également apparu très tôt en Inde où il est employé très souvent par les musulmans et les Hindous. Le henné, très connu en tant que colorant que ce soit pour la peau ou pour les cheveux, l’est moins pour ses propriétés antifongiques, antiseptiques et antisudorales. Son usage est très varié. 

 

Il constitue une parure qui embellit la femme. Les motifs appliqués sur les mains et les pieds ont des significations multiples. Selon des croyances berbères, en l’utilisant, les femmes espèrent plus de force et de courage pour faire face aux difficultés du couple et se protéger du mauvais œil, de la jalousie et autres mauvais sentiments.  Pour certains, le henné apporte également de la chance, la «baraka». Il est très prisé lors des évènements importants (fête religieuse, familiale...), qui sont alors l’occasion d’une véritable cérémonie du henné. C’est le cas lors de la célébration d’un mariage pour embellir la mariée, lors d’une naissance ou d’une circoncision. 

 

En Iran et dans d’autres pays musulmans également, les hommes mettaient du henné avant la bataille pour être «présentables» devant les anges s’ils mouraient au combat. On en retrouve des traces dans les miniatures perses. Dans la Sunna, de nombreux hadiths relatent l’usage du henné. Le Prophète Mohammed utilisait le henné pour teindre ses cheveux ou soigner des maladies. 

On comprend mieux l’amour pour le henné qui vient de traditions ancestrales, que la religion a par la suite intégrées. 

L’origine n’est donc pas à proprement dire religieuse mais on retrouve des références dans les hadiths. Chez nous, dès la «Nuit du destin» (leilat el kadr) et jusqu’au jour de l’Aïd, les mains ou les doigts, pour les plus discrets des femmes, enfants et même les hommes sont teintés en rouge-orangé et brun. 

 

Les mères de famille restent très attachées à cette tradition pour manifester leur joie et leur gaieté à l’occasion de l’Aïd. 

En effet, outre les fêtes de mariage et de circoncision, le henné qui est synonyme de joie et de gaieté est immanquablement présent pendant les deux grandes fêtes religieuses, l’Aïd el-Fitr et l’Aïd el-Adha

Il fait partie, aux côtés des vêtements neufs et des pâtisseries traditionnelles, de ces petits détails qui font tout le charme de la fête en 

Algérie, mais aussi dans tout le Maghreb.  De ce fait, la tradition du henné héritée de la mère et de la grand-mère fait partie de l’incontournable cérémonial traditionnel de la célébration de Leilat el kadr et de l’Aïd. 

Appliquer le henné sur la main du nouveau-né et des tout petits est un rituel respecté par de nombreuses familles algériennes, rurales ou citadines, car,  dit-on, le henné est «tendre» et il est de «bon augure pour le bébé et pour la famille».