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Roman Rabia Djelti- "Le fou de Marilyn"

Date de création: 08-05-2020 10:53
Dernière mise à jour: 08-05-2020 10:53
Lu: 38 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN RABIA DJELTI- « LE FOU DE MARILYN »

 Le fou de Marilyn. Roman de Rabia Djelti (traduit de l’arabe par Amina Mekahli).Editions Dalimen, Alger 2019, 168 pages, ??????dinars

Zoubir La Crevette n’est pas beau, mais alors pas du tout avec sa grosse tête posée sur un corps bien frêle et des mains aussi larges que des feuilles de cactus , ….Il est fils unique , petit-fils d’un illustre moudjahid (chahid)  ayant son propre appartement (il loge pourtant chez papa-maman) enseignant , une vieille voiture, un Qi élevé, des copains de lycée (qui, bien sûr se rencontrent fréquemment dans l’appartement …pour réviser et discuter ) et, surtout un grand et fidèle ami Abbas Che Guevara…. « un homme libre ». Zoubir est affublé par ses copains d’un surnom. Heureusement pour lui,  il a une « crevette » (pas besoin de vous faire un dessin !) qui ressemble bien plus à un mérou de bonne taille qu’à une petite sardine. L’arme fatale qui laisse coi ses copains, qui , désormais, le regarde d’un autre œil. Hélas, il n’a pas d’amie car trop timide et enfoncé dans son complexe .

Le temps passe, les copains s’éparpillent…..sauf Abbas qui, à chacun de ses retours de mission (il est dans la marine, dit-il) retrouve son ami et loge dans l’appartement .

Le temps passe…..Zoubir a une aventure avec une « collègue » qui aime le gros poisson…un aventure qui ne dura pas. Elle le quitte brusquement sans l’avertir.

Le temps passe et Zoubir , réfugié dans le logement de ses parents  décédés, s’enferme dans le monde des posters de belles actrices dont Marilyn Monröe, sa préférée.

Le temps passe et, en plus de son physique qu’il pense très ingrat, la calvitie avance. Il veut (et va) se marier. Tout est bien qui finit bien pusiqu’il a tout ce qu’il faut : deux logements, un travail, une petite voiture et un ami fidèle….

Pas si sûr ! On ira de surprise en surprise….en lisant le roman qui raconte la vie (et la mort) d’un solitaire vivant pourtant dans une grande ville, bien vivante…..mais peut-être « trop plate » pour bien apercevoir les bonheurs « d’à côté » et qui, soudain, « découvre », lors de la cérémonie de mariage de son ami, à Alger, une autre vie. Alors, il dansera ….. pour Malika et Abbas, les mariés et copains de lycée, et aussi pour tous ses amis de classe, pour Sakina la rousse, qui fut sa maîtresse aimante, pour Nebia sa future épouse.. …sa plus belle danse….. celle toujours endiablée, qu’il effectuait , seul, dans son logement, avec…….Marylin.

  L’Auteure : Née en août 1954 à Bouaânani . Etudes primaires au Maroc, secondaires à Oran, universitaires à Oran (littérature arabe) . Magister et Doctorat d’Etat en littérature ,à Damas. Enseignante universitaire (Université d’Alger) . Poétesse, romancière et traductrice ,  auteure de plusieurs œuvres (recueils de poèmes, romans)  .....et Prix de la Création littéraire arabe pour l’ensemble de son œuvre (Abu Dhabi, 2002).Elle est l’épouse d’Amin Zaoui, l’écrivain et chroniqueur

Extraits : « Si tu savais combien nombreux sont les corps en décomposition, une multitude de cadavres se promènent dans les villes en respirant, sur cette terre, l’air confiné des tombes à ciel ouvert. Des corps assis, des corps debout sur leurs jambes, des corps qui marchent et leur odeur insupportable qui monte jusqu’au ciel n’est autre que l’odeur de la mort. Ces innombrables cadavres qui respirent encore ! » (pp 32-33), « Si mes parents m’ont mis au monde, c’est pour qu’ils puissent vivre à travers moi après leur mort. Que leur mémoire soit autant entretenue que les endroits où ils ont vécu et les objets qu’ils ont laissés après eux » (p 120), « Alger est très différente d’Oran. Chez nous, la ville semble construite sur une planète d’apparence plate……..A Alger, le paysage semble différent, elle semble construite sur une planète bosselée, crantée, on dirait une pièce montée. A Alger, tout est penché, escarpé, circulaire, bosselé, … » (p 147)

Avis : Un roman d’amour ? Plutôt un roman de vie banale d’un solitaire à la recherche éperdue d’un bonheur…..raté ….car trop proche.

Citations : «  Quand une femme décide de quelque chose, il est difficile de la lui refuser et, quand c’est une mère  qui est déterminée à faire le bonheur de son enfant, rien ne lui est impossible » (p 19) , « Nous ne sommes pas seulement à l’image de ce que nous disons, mais nous sommes également à l’image de ce que nous taisons ! » (p 37), « Nous avons tous un point fort qui nous aide à continuer de vivre. Personne, sinon, ne pourrait survivre sans cela….L’être humain raisonnable est celui qui se penche sur lui-même pour connaître son point fort mais aussi son point faible » (p 65), « Les gens ne lisent plus. Le monde ne lit plus. Le temps de la littérature et des romans est définitivement révolu, il ne reviendra plus. Il est remplacé par le temps de l’argent et des affaires, celui des comptes en banque et des réseaux fructueux. C’est le temps des guerres et de la vente d’armes. C’est le temps de l’art de la trahison, de l’hypocrisie et de l’opportunisme galopant » (p 100), «La première fois est l’œil de la découverte et de l’étonnement…… La vieillesse n’est pas une question d’âge mais une question de rareté jusqu’à l’extinction de ces « Premières fois » (p 114)