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Roman Ahmed Benzelikha- "Elias"

Date de création: 11-03-2020 11:29
Dernière mise à jour: 11-03-2020 11:29
Lu: 236 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN AHMED BENZELIKHA- « ELIAS »

ELIAS. Roman de Ahmed Benzelikha.  Casbah  Editions, Alger, 2019, 87  pages, 500 dinars

 

Elias ? ou Lyès dans notre dardja…… Il y a des prénoms , parfois choisis au hasard ou parce que ça sonne bien , sont lourds ou légers à porter. D’autres   vous « prédestinent » à on ne sait  quelle (-) aventure…..Ainsi , celui-ci est proche…..d’Ulysse.

Voilà donc notre homme qui décide……de partir , sans hésitation et sans retour, avant qu’il ne soit trop tard, avant que ce sentiment ne  se double de la réalité, indiscutable, elle, de la maladie ou de la vieillesse. …...Laissant derrière lui, sa femme, son ex-femme, des enfants (heureusement adultes)….et une ville  « sans  devenir ».Il n’avait pas d’amis à quitter. Il voulait « jouer son dernier hymne à la vie » . La quête d’un autre monde …..Etre soi. Exister , enfin ! Car, « à quoi bon se mentir ? Il devait partir, il ne laissait rien, et s’il restait, il ne serait rien »

Mais aller où ? Parcourir la Méditerranée…sa mère, revenir à l’eau, à la matrice, à la liberté……Que disais-je ? Ulysse et  son Odyssée !A la recherche du « Masque de Dieu », un masque qui avait (selon un ouvrage imprimée en 1878, traduction annotée d’une texte ancien écrit en grec par un auteur anonyme) le pouvoir de révéler à celui qui le revêtait tous les secrets de l’existence….Rien que ça !

Le voilà donc larguant les amarres…..

D’abord un bateau grec, « le Moïse »…..bateau assez vite pris en otage par  un terrible pirate des mers, Mark IV, venu du golfe de Guinée….se prenant pour mi-Pharaon, mi-Poséidon.

Ensuite,  prisonnier (un rêve ?) des bras …et des jambes de Gada, bien douce geôlière,  la Maîtresse d’une île…..

Il est par la suite recueilli dans une île gouvernée par un dictateur, tout mielleux,  un ancien criminel de guerre recherché par toutes les polices du monde et devenu gros « affairistes, cupide et prévaricateur…

Puis , toujours à la recherche  de l’épave contenant le Masque, l’île de Spélaion  où il y rencontre un Ermite…..qui lui confie que « Le Masque » n’est qu’un symbole. Il n’existait même pas, il n’y avait que le miroir de lui-même qui lui masquait la vérité. Et, pour être soi-même, il fallait s’oublier. Sage conseil…..qui  sera  écouté.

Sac au dos, il repart donc…. Alors que d’autres, dont le terrible pirate, qui avait eu vent de l’existence du Masque, continuaient leur recherche…

Hélas, la recherche du Masque de la connaissance du monde et de la Vérité (de soi et des autres) n’est pas une mince affaire….l’entêtement de l’être humain et leurs découvertes (souvent imméritées) pouvant mener jusqu’à la mort…..ou jusqu’à l’Olympe des héros. Quelques rares Elus ! Elias ? Conclusion : tous les hommes ont , en eux, une odyssée à accomplir. A chaque fois recommencée .

 

 

 

L’Auteur : Né à Constantine. Universitaire ayant occupé plusieurs fonctions supérieures , linguiste, financier, spécialiste en communication…écrivain…

Extraits : « Ses tentatives avaient été vaines, son voyage n’avait servi à rien, le Masque n’avait été qu’une nouvelle illusion et sa quête une ultime défaite, un naufrage et, bientôt, une mort certaine et effroyable ! » (p 34), « Le Masque ne remplaçait pas les autres pour comprendre le monde, car l‘autre était nécessaire pour construire la vérité du soi » (p 35), « L’hébétude, le détachement et la fatigue n’étaient pas seulement dues à la monotonie du présent, aux déceptions du passé et aux peurs de l’avenir, mais aussi à nos mauvaises réponses, au travail introspectif de notre conscience et aux poids de nos fautes et de nos abandons impossibles à solder » (p 53)

Avis :De la philo’ en roman. Du lourd dans du court !Assez originale comme écriture …..en Algérie…mais très intéressante. Et, plusieurs histoires qui se croisent.

 Citations : « Les victoires ne valent que par les triomphes dont on les pare » (p 24), « Oui, le monde virtuel sait tout de nous, depuis que chacun est convaincu que le Net est le prolongement de sa petite personne, si importante à ses propres yeux ! » (p 25), « Le destin ne satisfait pas à notre bon vouloir, ni, d’ailleurs, à nos efforts. Nos parents s’en vont avant que nous réalisions leurs vœux, nos enfants nous voient nous en aller avant que nous ne fassions leur bonheur et nous comprenons alors que rien ne dépend de nous, surtout nous-mêmes » (p 46), « La mer, comme toute la nature, est le lieu et pour certains le lien, d’intelligence, de partage, avec la création. La mer se pose comme un questionnement esthétique de si et du monde et, pour les plus sensibles…de plénitude existentielle » (p 72)