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Essai Fadéla M'Rabet - "Le bonheur d'être Algérien"

Date de création: 27-01-2020 18:13
Dernière mise à jour: 27-01-2020 18:13
Lu: 40 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI FADÉLA M’RABET- « LE BONHEUR D’ÊTRE ALGERIEN »

LE BONHEUR D’ÊTRE ALGÉRIEN. Essai de Fadéla M’Rabet. Enag Editions, Alger, 2019, 103 pages, 530 dinars.

Quelle mémoire que celle de Fadela M’Rabet ! En peu de pages et en dix-huit textes assez courts,  elle vous conte et raconte presque toute sa vie .

Elle nous transporte du Sila à Skikda, de Skikda à Vienne, de Vienne à Ostende, d’Ostende et sa mer  à Strasbourg, de Strasbourg, à Montréal, Stockholm, Istanbul, Paris...... et de Paris à Skikda, une ville qui ne quitte plus sa pensée

Elle nous raconte sa rencontre (et son amitié) avec Taos Amrouche, « la plus grande cantatrice de tous les temps, dépositaire du chœur antique de l’Algérie, chœur berbère... »...

Elle nous raconte Ben Badis et les Oulémas d’antan, ceux modernistes et des Lumières

Elle nous raconte Djedda, sa grand-mère,  dépositaire de l’identité algérienne si précieuse .....et la grande maison – aux 14 enfants réunis- de Skikda « dont toutes les portes restaient ouvertes »

Elle raconte sa douleur palestinienne et la peur arabe (les dirigeants)  de la démocratie

Elle raconte sa vision de la religion et la place de celle-ci dans les combats d’aujourd’hui 

Elle raconte la responsabilité des intellectuels maghrébins dans le jugement que portent les Français sur l’islam

Grande supportrice de la fameuse Jsmp (Jeunesse sportive musulmane de Skikda, ancêtre de la Jsms) , elle raconte le foot, Zidane et Ronaldo

Elle raconte, aussi, la féminité et le féminisme..

Et, toujours, Skikda, Skikda.....Nostalgie

De soliloque en soliloque, de moments bénis en drames inoubliés.....

 

L’Auteure : Née Abada à Skikda. Docteur en biologie......interdite (au milieu des années 60) d’enseignement (Lycée Frantz Fanon) et d’animation à la radio chaîne 3 (à la suite de la publication de ses deux ouvrages,  « La femme Algérienne », en 1965 et  « Les Algériennes » en 1967...et de ses émissions avant-gardistes). Exilée (ainsi que son époux, Tarik Maschino) en France, elle a été maître de conférences et praticienne des hôpitaux parisiens.  Auteure de plusieurs ouvrages

Extraits : « L’Algérie est l’âme de mon esprit....la langue française est l’esprit de mon âme......je pense et l’écris en Français, mais je pleure en kabyle » (Jean Amrouche,  cité p12), « La chance de l’Algérie vient d’abord de sa situation géographique. Son socle est l’Afrique ....une femme africaine » (p 17), « Etre a« Pourquoi l’ « élite » est-elle devenue si conservatrice ? Parce qu’elle se sent menacée ? Celle qui résiste a été éliminée. Ne reste que celle, dominatrice, qui préfère ses intérêts à la vérité » (p 31) , « Continuer de diviser un peuple en manuels et intellectuels est de l’obscurantisme. C’est penser que l’activité d’un manuel ne fait pas intervenir le cerveau. Qu’un plombier serait un automate. Son cerveau serait moins développé que celui du coupeur de cheveux en quatre » (p 56)

Avis :  De la belle écriture, prose et poésie mêlées......Et, toujours, droit au but !

Citations « Etre Algérien devrait suffire à notre bonheur » (p 19), « Quand la parole est vraie, elle est universelle » (p 21), « Il est évident qu’à la naissance, nous avons le même potentiel d’humanité. C’est le milieu qui nous différencie, avec les rencontres, les accidents, les guerres » (p 29), « Le combat d’aujourd’hui est celui de tous les temps. Il n’est pas d’ordre religieux. La religion n’a jamais été le vrai mobile d’une guerre. D’aucune guerre, nulle part. En terre chrétienne comme en terre musulmane. Il est d’ordre économique entre ou contre les puissances mafieuses, celles des marchands d’armes et de drogue. Pour l’or, pour le diamant...... » (p 33), « Une jambe nue , c’est comme un escalier qu’on emprunte par le regard pour découvrir d’autres lieux. Quand ce n’est que chairs qui s’étalent, elles n’invitent pas au mystère du voyage, elles évoquent le porno » (p 67), « Les mères de mon enfance ont toutes connu la perte d’un enfant dont elles n’ont jamais fait le deuil » (p 81), « Pour Socrate, « l’homme et un bipède sans plumes ».Il le serait resté sans le talent des couturiers » (p 85)