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Récit Fadela M'Rabet- "Le café de l'Imam"

Date de création: 08-10-2019 17:45
Dernière mise à jour: 08-10-2019 17:45
Lu: 10 fois


SOCIETE-BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- RÉCIT FADELA M’RABET- « LE CAFÉ DE L’IMAM »

Le café de l’Imam……. Récit de vie de Fadela M’Rabet. Edtions Dalimen , Alger 2011 , 119  pages,  450 dinars

 

Connaissez-vous Fadila M’Rabet, la bête noire du pouvoir au milieu des années 60 ? Pas féministe pour un sou comme on a voulu le faire croire à l’époque, mais ardente combattante pour le respect et la dignité de la femme dans notre pays ! Son émission – hebdomadaire, si je me souviens - à la radio (Chaîne III) avec son époux Tarik (Tarik Maschino, un militant engagé très tôt pour la libération du pays) faisait un « tabac »…et ses deux livres (1965 et 1967…édités à l’étranger, assurément… interdits de diffusion et de lecture en Algérie…et à l’époque, ça ne « rigolait » pas avec ces choses -là) fut vite « dénoncée » sous la  pression des lobbies conservateurs et pseudo-révolutionnaires …..et ,vite fait, interdite. Ne restait plus que l’exil, car on le devine, être opposant politique à l’époque, ça pouvait toujours s’arranger quelque part, mais être « opposant sociétal »….dehors ! Aujourd’hui encore. Pour une femme, c’est encore pire.

Un exil qui, peut-être, l’a brisé quelque part,  car on lui a ôté une partie de ses racines auxquelles elle tenait tant. Elle a déjà écrit un ouvrage  sur son enfance et ses vacances à Collo, sa jeunesse à Skikda, sa scolarité au sein d’un milieu hostile et raciste à l’occasion , les horreurs environnantes de la misère, de l’ignorance  et de la répression (elle a « vu » les exécutions de mai 1945) …L’ouvrage actuel  n’est pas un roman. Ce ne sont pas des mémoires. Ce n’est pas une autobiographie. Ce n’est pas un essai. Un savant mélange. Juste un livre de souvenirs qui  plonge dans le passé…..à travers des ……pause-cafés : Skikda (dans le patio de la maison familiale), Samarcande, Vienne, Venise, Sarajevo (offert par l’ imam de la mosquée Ali Pacha, son meilleur café)  Istambul, Boukhara, Paris, Alger (l’expérience la plus décevante….bien éloignée de celles des années 60), Damas…..  .  Le café est  un  breuvage qu’elle adore, certainement parce qu’il lui rappelle les odeurs de son enfance , les senteurs de la vie de la famille d’antan (c’est-à-dire apaisée)  et les saveurs de sa jeunesse , en liberté.

Extrait pour la route: « C’est dans les cafés que bat le pouls d’une société, que se montre son visage. C’est pourquoi les intégristes haïssent les cafés, ces temples de la liberté qui vident les mosquées, les synagogues, le temps de retrouver son autonomie… »   

 

Avis : Mesdames, il se déguste….comme un bon café ……fait maison . Par petites gorgées. Mais, choisissez seulement le lieu afin de ne pas être dérangé par des importuns……qui sont légion , même en famille. Le mari, le ou les garçons….Et , pour les plus jeunes, ils découvriront l’engagement (en faveur de l’émancipation de la femme) et le style décidé (limpide, allant droit au but)  d’un grand auteur (ou essayiste) qui , elle, sait penser, pense encore librement et sait écrire ; un écrivain  que l’Algérie a perdu durant près de 40 ans. De plus, Docteur en biologie, maître de conférences et praticien des hôpitaux, ce sont les « autres » qui ont profité de ses compétences. Misère de misère !