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Kachkcha /Achoura/Constantine

Date de création: 10-09-2019 18:16
Dernière mise à jour: 10-09-2019 18:16
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SOCIETE- PRATIQUES- KACHKCHA/ACHOURA/CONSTANTINE

 

Depuis déjà quelques semaines, beaucoup de marchands de fruits et légumes avaient amorcé leur reconversion coutumière en vendeurs de fruits secs, annonçant du coup l’une des plus populaires célébrations en cours dans la région de Constantine, la fête de l’Achoura, dixième jour du mois de Moharem (mardi 10 septembre en 2019), .Ceci dit nonobstant les campagnes infondées de dénigrement la rangeant tantôt du côté des manifestations chiites, tantôt du côté des coutumes juives. Que ce soit au niveau des principaux marchés du centre-ville, ou ceux des localités périphériques, à l’image du Khroub et de la nouvelle ville Ali Mendjeli, les étals se sont parés d’arachides, de fruits à coque (amandes, noix, pistaches, etc.), de fruits séchés (figues, pruneaux) et confits (abricots, cerises), ainsi que de différentes friandises. C’est dire si la demande est importante en cette période et que l’assortiment de toutes ces denrées, appelé «Kachkcha», a encore de beaux jours devant lui.

 Abordé alors qu’il s’apprêtait à passer commande auprès d’un marchand, Fateh, 40 ans, père de deux enfants, est un farouche partisan de la sauvegarde des traditions anciennes : «Aussi loin que je me souvienne, nous avons toujours fêté Achoura chez nous. Je me rappelle surtout de l’ambiance particulière qui régnait ce jour-là à la maison, de la joie des enfants que nous étions et de toute l’ardeur que mettaient ma mère et mes tantes pour que tout soit prêt pour le repas, à l’heure de la réunion de tous les membres de notre grande famille.

 C’est cet état d’esprit, basé sur la fraternité et l’union que je voudrais inculquer à mes enfants, et je sûr qu’à leur tour, ils feront tout pour perpétuer cette tradition», a-t-il affirmé. Cela dit, c’est cette même demande qui a fait grimper de manière spectaculaire des prix déjà élevés, ce qui n’a pas manqué de susciter la réprobation de clients finissant souvent par se plier au fait accompli. À titre d’exemple, le prix du kilogramme de cerneaux de noix variait entre 2.200 et 2.500 DA, alors que la figue sèche était cédée à 900, voire 1.000 DA. Même les plus avisés d’entre les citoyens, lesquels ont préféré se rendre au quartier de la Souika, situé dans la vieille ville et réputé pour ses prix abordables, n’ont pu réaliser de substantielles économies. «Après les saignées du ramadhan, de l’Aïd el-Fitr, de la rentrée scolaire et de l’Aïd el-Kébir, vient aujourd’hui le tour de l’Achoura. On s’habitue à tout, finalement ! », a commenté avec dérision une dame d’âge vénérable. Pour en revenir à la célébration à proprement parler, il convient de mentionner que les Constantinois ont l’habitude de se réunir en famille autour du rituel plat de pâtes traditionnelles (chakhchoukha, mais aussi tridat el-keskes ou couscous) garni préférentiellement de viande de poulet, en guise de dîner de la veille ou en repas de rupture de jeûne pour ceux qui auraient respecté la sunna instituée par le prophète (QSSSL). Ensuite vient, au grand bonheur des tous les petits, l’heure de la «kachkcha». Les fruits et les bonbons sont disposés sur une grande «sinia» en cuivre, et servis avec du thé, préambule à une veillée se prolongeant souvent jusqu’aux premières lueurs de l’aube, émaillée d’évocations nostalgiques des plus âgés, lesquels se souviennent encore d’un temps où enfants, ils faisaient le tour du voisinage pour quêter des friandises en chantonnant : «Hadi Dar Sidna, Koul Âam Etzidna» (c’est la demeure de notre seigneur, elle nous en offre davantage chaque année), tradition qui, hélas, a bel et bien disparu depuis.