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Recueil de nouvelles Meriem Guemache- "La demoiselle du métro"

Date de création: 17-02-2019 18:32
Dernière mise à jour: 17-02-2019 18:32
Lu: 49 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECUEIL DE NOUVELLES MERIEM GUEMACHE- « LA DEMOISELLE DU MÉTRO »

 La demoiselle du métro. Recueil de nouvelles de Meriem Guemache. Casbah Editions, Alger 2018, 800 dinars, 168  pages

Treize nouvelles, treize histoires ou « récits » de vie. Comme si vous y étiez .De la plus courte à la plus longue. De la plus simple à la plus compliquée ; mais toutes, absolument toutes, captivantes.  :

Cela, d’ailleurs, commence assez fort. Avec un « laissé pour compte » , enfant abandonné, puis « orphelin » (suite à la mort tragique de ses jeunes parents adoptifs)  , rejeté par les autres membres de la  « famille » (qui s’empressèrent, bien sûr, de se partager les biens laissés par les défunts) , puis « jeté » sans ménagement dans la rue .Mais , ne voilà-t-il pas qu’il......décroche le gros lot du Loto. Il devient donc un  milliardaire ....que tout le monde courtise, que tout le monde déclare « aimer » (même ceux qui l’avaient abandonné , rejeté, dépouillé) , chacun voulant bénéficier d’une « aide », inventant  tout et n’importe quoi.

Il y a, aussi, et c’est la nouvelle qui m’a le plus conquis car d’un humour assez fin : une jeune femme, morte  (dans un accident de la circulation) qui raconte « sa » veillée mortuaire .......avec des compatissants sincères, des hypocrites, des « comédiens », des curieux, des pleureuses ....

Il y a, enfin, celle qui est, peut-être, la nouvelle la plus aboutie, digne de se transformer en un grand roman ou en film : la vie dans le « bâtiment D ». L’auteure décrit de manière assez réaliste et avec des pointes  d’humour, les aventures et les mésaventures de ses  habitants,  nous faisant découvrir l’Algérien(ne) en situation de vie quotidienne : le concierge infidèle et sa femme ; la veuve joyeuse ;   la mère de famille.... très nombreuse, toujours occupée avec ses nombreux rejetons, mais toujours chantant Dalida ; le célibataire du 2ème , un beau gosse, véritable « bombe » et séducteur impénitent ; la « gourde »   du premier étage, cadre supérieur (un mystère de réussite !)  dans une entreprise ; la prof’ d’anglais devenue végétalienne...et , de  ce fait, perdant son époux trop sevré de viande fraîche ; la cartomancienne ; la voisine accro’ des réseaux sociaux et oubliant toujours ses marmites sur le feu ; la jeune et belle femme , peintre de son état,  toujours devant son chevalet et rêvant d’ouvrir sa propre galerie d’art ; la famille du vieil émigré revenu au pays avec ses deux filles, elles  qui ne rêvent que de repartir en Europe  pour fuir des mariages « arrangés »......et, enfin,  celle qui raconte son immeuble, « Décibel », une mordue de « heavy metal ». Ne manque plus que le  « frère barbu » passant son temps à faire la morale.....

 Une autre nouvelle, la plus originale et assez osée , certainement, celle du « renversement » des genres .... Une « nouvelle-fiction » . Ce sont les femmes qui occupent l’espace public et les terrasses des cafés. Les hommes « rasent les murs » et se font tout petits.  Ce sont les femmes qui draguent et les hommes qui se laissent faire ou, alors, résistent (parfois de rude et belle manière)  ....aux assauts. Une manière intelligente  de montrer et de démonter les comportements débiles  des uns et les souffrances des autres.

Il y a, quand même, une nouvelle assez banale. Celle de l’entretien radiophonique avec une de nos vedettes préférées .Beaucoup plus  l’histoire de sa chienne adorée qui s’en va « cueillir  des fleurs » dans les couloirs.  On adore l’actrice, mais on se demande ce qu’elle vient faire ici.

L’ouvrage se termine avec une « nouvelle » assez tragique : celle de l’enlèvement d’une fillette par  un « frustré ».
Il est vrai que l’auteure, pour reprendre la préfacière, Malika Boussouf, « force un peu le trait.......pousse un peu le bouchon....mais elle dit vrai... ». Et, quand c’est bien écrit, c’est déjà beaucoup, et on en re-veut.

 

L’Auteure : Née à El Biar, études en Lettres anglaises (Université d’Alger) .1989 : Intègre la « Chaîne 3 » de la Radio publique algérienne....produisant et animant  des émissions culturelles et de divertissement. Journaliste. 2017 : premier livre destiné aux enfants.....suivi d’un second en 2018. Premier recueil de nouvelles.

Extrait : « Moins d’une année après son voyage à Alger, Karl Marx rend son dernier soupir. La pleurésie qui le minait a eu raison de lui. Il s’en est allé dans les étoiles le 14 mars 1883. Il avait 64 ans. Alger a constitué l’une de ses dernières escales. Celle qui l’a sans doute le plus ému par sa lumière inouïe  et la bonté de ses habitants » (p 54).

Avis : Du bon et du moins bon. Journaliste , rien lui échappe des joies, des blessures et des frémissements de la société. Donc, des infos « nouvellisées »....sorte de mini-reportages (des récits) qui rapprochent et qui humanisent.

 Citation : « Je soliloque, mais l’heure cavale. Le temps poursuit son œuvre sans prêter attention aux pauvres êtres que nous sommes. Un jour, il aura notre peau. Mais, en attendant, nous faisons tous semblant de le maîtriser, de le dominer, de le contrôler. Juste une illusion qui nous réconforte. En, réalité, le temps finit toujours par avoir le dernier mot » (p 157)