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Personnalités- Berenguer Alfred

Date de création: 15-11-2017 18:57
Dernière mise à jour: 15-11-2017 18:57
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HISTOIRE- PERSONNALITES- BERENGUER ALFRED..................... Enfant terrible de l’Eglise, prêtre étonnant pour sa liberté d’esprit et de ton, combattant courageux lors de la Seconde Guerre mondiale, blessé à Monte Cassino, le père Alfred Berrenguer prit en 1955 sans aucune «prudence» ecclésiastique fait et cause pour l’indépendance de l’Algérie. Il participe à la création du Croissant-Rouge algérien, rallie à la cause algérienne de nombreux pays de l’Amérique latine, ce qui lui valut quelques démêlés avec les services secrets français et l’amitié de Fidel Castro et du Che......................................... A l’indépendance, il participe à l’Assemblée constituante algérienne tout en conservant ses distances vis-à-vis de la politique menée. Il dénonce d’ailleurs face à Boumediène, les germes dictatoriaux de l’Etat naissant. Il refuse alors modestement la place de curé dans une paroisse de Tlemcen, en déclinant toute offre de collaboration avec le pouvoir algérien après 1965. Cette préface de Geneviève Dermanjian, écrivain professeur à l’Université d’Aix, nous renseigne sur le parcours de ce grand militant de la cause nationale........................................ Ce paroissien est né dans l’Oranie le 30 juin 1915 à El-Amria (ex-Lourmel). Natifs de l’Andalousie, ses parents ne savaient pas que le petit Alfred allait sceller son destin avec la révolution d’un peuple opprimé. Sa mère Antonia et son père Alfredo sont enterrés à Frenda (Tiaret). En 1951, Alfred est nommé curé à Remchi dans la préfecture de Tlemcen, et c’est au milieu de la paysannerie qu’il découvre la misère de ce peuple qui est en phase cruciale, il fut désigné missionnaire du Croissant-Rouge. Il fut aussi contacté par Boussouf pour la collecte de vêtements et de médicaments............................................. A l’indépendance, il est toujours actif : il est le conseiller discret d’Ahmed Ben Bella. Le 19 juin 1965, Boumediène prend le pouvoir et le sollicite pour de hautes fonctions. L’abbé Berenguer déclina l’offre et répondra en ces termes à Boumediène : «Non colonel, je suis pour la légalité républicaine et les militaires ne sont pas faits pour gouverner.» Il demande alors un simple poste de professeur. Il rentre à Tlemcen pour enseigner le français et l’espagnol au lycée Dr Benzerdjeb. Il refuse toute forme de rente et aussi cette fameuse fiche communale. Il continue à enseigner et reprend également son activité de paroissien jusqu’à sa retraite. Installé dans l’ancien monastère bénédictin sur les hauteurs de Tlemcen, il consacra ses dernières années à la méditation et à la prière en présidant l’association El-Amel...................................... En 1996, il tomba malade et le destin a voulu qu’il rende l’âme loin de sa terre natale. Il mourut à Aix-en-Provence chez les petites sœurs des pauvres. Conformément à sa volonté, sa dépouille fut rapatriée à Tlemcen et enterrée dans le cimetière chrétien d’El-Kalaâ. Depuis ce 14 novembre 1996, la vie a complètement changé au monastère de Saint-Benoît, Alfred Berrenguer venait de mourir de l’autre côté de la Méditerranée. Le jour de son enterrement, les deux communautés se trouvaient côte à côte au cimetière chrétien pour rendre un dernier hommage à l’enfant de Tlemcen............................................... L’homme au béret noir, à la silhouette familière et furtive repose dans une tombe que seuls quelques intimes viennent fleurir. 21 ans après sa disparition, l’abbé de Tlemcen reste inconnu de l’histoire officielle. Cet homme qui a connu Ben Bella, Boumediène, Boussouf et d’autres figures de la Révolution mérite un peu plus de reconnaissance. A ce jour, aucun lieu public n’a été baptisé en son nom. Tlemcen a toujours honoré la mémoire de ses fils et Berrenguer ne peut être oublié. Peut-être que l’abbé dérange aussi les faux moudjahidine... sauf que Tlemcen continue à se remémorer ses amis qui ont servi l’Eglise et la Révolution. Nous pensons à notre ami Ulysse, au père Pérez, l’enfant d’Hemaya, à tous ces Roumis et d’autres anonymes qui ont aimé cette terre....................................