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Roman Adimi Kaouther- Nos richesses

Date de création: 09-10-2017 19:27
Dernière mise à jour: 09-10-2017 19:27
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CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN ADIMI KAOUTHER- NOS RICHESSES

Nos richesses. Roman de Kaouther Adimi.Editions Barzakh, Alger 2017(et Le Seuil, Paris 2017) , 215 pages, 500 dinars.

Edmond Charlot est un personnage de légende  dans le monde du livre, que ce soit en France ou/et  en Algérie. Installé –en tant que libraire-éditeur -   au 2 bis  rue Hamani (ex-Charras) (juste derrière la Brasserie des Facultés ) dans un minuscule local , « Les Vraies Richesses », puis dans un seconde local  18, rue Didouche Mourad (ex- Michelet), « Rivages » ..et, aussi, à Paris, un certain temps, il avait connu (et édité, pour bien d’ entre-eux,  leurs premiers livres ) les (futurs) grands noms des Arts et des Lettres: Camus, Feraoun, Jean Grenier, Gabriel Audisio, El Mouhoub Amrouche,Emmannuel Roblès, Giono, Bosco, Jules Roy, Antoine de Saint-Exupéry, Gide, Garcia Lorca, Kessel, Max-Pol Fouchet, Bénisti Louis,  Paulhan, Jean Sénac.....  Il avait aussi, innové en ne limitant pas sa boutique à la seule édition  et vente de livres. Il était aussi un « passeur » de livres (sous forme de prêts à des abonnés )....et des peintres pouvaient exposer leurs œuvres....Sa librairie « Rivages » sera plastiquée en 1961 par l’Oas, car considéré comme trop proche des Européens libéraux favorables à l’arrêt de la guerre et ,pour beaucoup,  à l’indépendance du pays.Quittant l’Algérie en 62, il va à Paris, revient à Alger, se rend en Turquie et au Maroc et crée une librairie en France près de Montpellier .  Il décède en 2004. ......heureux , peut-être, de savoir  que sa librairie ne s’est pas tranformée en local de vente  de « Chawarma » (comme l’ont fait certains) ,  mais a été affectée à la Bibliothèque municipale qui en fit une annexe....et ses éditions sont maintenant des œuvres (rares) de collection.

Personnage de légende donc que Kaouther Adimi fait revivre à travers le journal (fictif)  de Charlot et l’arrivée à Alger , en 2017, d’un jeune homme , algérien étudiant en France , chargé par le nouveau propriétaire  – dans le cadre d’un stage d’études donc ne connaissant rien et du livre et de l’histoire du lieu et, surtout pressé de repartir à Paris retrouver son amie  - de « faire place nette » dans le  local de la rue Charras longtemps abandonné mais toujours plein d’ouvrages et de souvenirs.Ce n’est pas tout. L’auteure en profite pour nous restituer les ambiances (sociales et politiques) ......des époques, à partir des années 30.....et jusqu’à nos jours. Deux histoires présentées en alternance....et, en réalité,  une seule qui pose le gros et grave problème de la transmission d’un  certain héritage (de l’époque coloniale.....auquel on pourrait ajouter, pour notre part, toutes les autres époques) longtemps méprisé, souvent abandonné, presque toujours ignoré, parfois détruit ....et qui, peut-être, sera bien regretté plus tard. Déjà maintenant !

L’Auteure : Née à Alger en 1986, elle vit à Paris. Diplômée en lettres modernes et en management des ressources  humaines. Premier roman, « Des ballerines de papicha » (Barzakh, Alger 2010 et Actes Sud en 2011 sous le titre « L’envers des autres »)  . Le suivant, « Des pierres dans ma poche » a été publié en 2015 , toujours aux Editions Barzakh, puis au Seuil en 2016. Née en 1986  à Alger, elle vit et travaille , aujourd’hui, à Paris.Par le passé, elle avait été , un instant assez court,   journaliste à « El Watan ».. Elle est, aussi, auteure de plusieurs nouvelles , pour la plupart reprises dans des ouvrages collectifs (ex : « Alger, la nuit »). Plusieurs prix :Prix du Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger 2008,   Prix du jeune écrivain de langue française en 2006, Prix de la Vocation en 2011, Prix du roman de la Fondation France-Algérie 2015…...et, se retrouvant, cette saison 2017,dans la première sélection (16 romans et 5 essais) du jury du prix Renaudot  , en compagnie de Salim Bachi  et Leila Slimani (Franco-marocaine) ....et , nominée aussi, au Goncourt et au Médicis.

Extraits : « Les histoires avec les femmes sont la plaie de l’amitié mais sans elles, ah sans elles....rien n’est possible ! » (p 81)  , « Plus nous publions de bons livres et plus la situation financière de la maison se détériore. Je suis passé d’une petite maison artisanale à une entreprise submergée de commandes et ....de dettes. » ( Edmond Charlot, p 148) , « Charlot a laissé dans ce lieu quelque chose de beau, quelque chose de plus grand que tout ce qui se passait à l’extérieur » (p 161) , « Lorsque bien des années plus tard, nos grands-parents nous verront quitter le pays pour l’autre rive, ils nous diront de faire attention : « Les Français sont durs ». Et nous ne comprendrons pas car nous auront oublié » (p 194)

Avis : Gros travail de recherche.....et très belle écriture.

Citations : « Cest le seul pays (l’Algérie) au monde où c’est l’Etat qui réclame des comptes au peuple et non l’inverse... » (p 58), « L’écrivain doit écrire, l’éditeur doit donner vie aux livres » (p 76).