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Economie du tourisme-Essai Karim Chérif

Date de création: 01-09-2017 10:20
Dernière mise à jour: 01-09-2017 10:20
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TOURISME – BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH- ECONOMIE DU TOURISME- ESSAI KARIM CHERIF Economie du tourisme. Un investissement d’avenir pour l’Algérie. Essai de Karim Chérif. Casbah Editions, Alger 2017, 196 pages, 750 dinars La seule contribution du tourisme au Pib mondial , environ 10%, est plus importante que celle de l’industrie automobile, pétrolière ou agroalimentaire. Et, quand le secteur du tourisme crée un emploi direct, il en génère dix ,indirects ou induits , dans d’autres secteurs.Ce qui n’est pas rien. Des chiffres incontestables, incontournables, qui montrent et démontrent le rôle actuel du tourisme (au sens large du terme) dans la création de richesses et d’emplois. Et, cela , bien des pays à travers le monde en ont pris conscience. Même les pays habitués à la rente pétrolière, le développement étant saisi comme un concept global , et la chute des cours de ces dernières années ayant accéléré le processus de recherche d’alternatives. L’auteur cite (et explicite ) , à titre d’exemples, le cas de plusieurs pays qui ont réussi la mue ou, alors, qui ont fait du secteur du tourisme et de l’hôtellerie une source non négligeable de ressources financières (quand il s’agit, entre autres, de visiteurs étrangers) ....sans compter les retombées culturelles et socio-politiques (quand il s’agit , entre autres, des touristes nationaux et du tourisme domestique) sur l’image de marque du pays : La Chine, la Tunisie, la Turquie, le Maroc, l’Arabie Saoudite, la République dominicaine, l’île Maurice, l’Egypte.....sans parler des pays industrialisés qui sont à la pointe touristique comme la France , les Etats-unis, l’Espagne, l’Italie, la Suisse.... Bien des choses avaient été faites en Algérie : de 1967 à 1979, le flux des touristes étrangers avait connu une croissance annuelle de 10%, avec une moyenne annuelle de 240 000 touristes/an, ce qui n’était pas si mal....et les partenariats avec les grands tour-opérateurs européens étant nombreux ....Hélas, dès le milieu des années 70, « diverses pratiques créent des dysfonctionnements dans la gestion du parc hôtelier »....avec une gestion étatique dominante et dominatrice et une pléthore d’organismes...et, cela a eu pour effet d’éloigner les touristes de la destination Algérie. Les investissements s’affaissent littéralement (1,36% du montant global lors du second plan 1973-1977...contre 2 ,5% lors du premier plan 70-73). Quant au tourisme domestique, il restait embryonnaire.Le reste est une toute autre histoire ,intimement liée à l’évolution politique du pays .....et à la rente (en hausse ou en baisse) pétrolière.La décennie rouge a compliqué encore beaucoup plus les choses. : entre 1990 à 1996, le nombre de touristes étrangers passe de 359 895 entrées à 18 451, soit une baisse de 95%. Depuis 2000, les lignes ont commencé à bouger (dans une société en pleine évolution rapide et « connectée » et avec une grande « curiosité » internationale) mais cela reste encore bien insuffisant pour donner au secteur la place désormais absolument nécessaire au sein de notre économie. Que faire pour relever le nouveau défi économique ? L’auteur fait l’historique, présente des comparaisons, dresse un diagnotic (du secteur et de ses métiers, des richesses et des atouts) ....et, surtout, avance des propositions assez concrètes ...pour rendre attractive la destination Algérie aux nationaux et aux étrangers et pour la « vendre » .Bien sûr, pour cela , il faut « une autre approche » (avec une offre plurielle et une offre globale....et une diplomatie touristique très active) , un « autre dessein », donc un « autre regard », et une « autre vision ». Pas facile !Mais pas impossible.On en sent d’ailleurs les frémissements. L’Auteur :Karim Chérif Athmane, jeune entrepreneur oranais , investi tout particulièrement dans le secteur touristique et immobilier au niveau de la région Ouest, Pdg du Groupe Eden (dont l’hôtel Eden Phoenix) , la cinquantaine (né en 1967 à Oran) , gradué en gestion (diplôme de l’Idrh ) , diplômé d’un école supérieure de commerce à Paris, formé aux techniques des métiers de l’hôtellerie et du tourisme (Lycée hôtelier de St Quentin en Yvelines, France) Extraits : « Quand le secteur du tourisme crée un emploi direct, il en génère dix indirects ou induits dans d’autres secteurs » (p 15) , « Une personne qui vient pour la première fois dans un pays, touriste ou homme d’affaires, se forgera un ressenti sur ses premiers contacts (.....). Certains de nos compatriotes doivent s’imprégner de cette réalité, et adapter leurs attitudes en conséquence » (p 19), « Aujourd’hui, les consommateurs sont devenus leurs propres organisateurs de voyages. De moins en moins d’agences ont pignon sur rue. Le candidat se prépare sur plusieurs sites pour décider où il ira , ce qu’il visitera.» (p 66) Avis : Pour un fois qu’un entrepreneur algérien parle beaucoup plus de son secteur et du développement du pays que de ses « exploits » managériaux (seulement un tout petit paragraphe consacré aux parents, dont le papa, ancien officier de l’Aln, qui ont inculqué aux enfants la valeur du travail (p 195) ! Pour une fois qu’un entrepreneur écrit et signe un ouvrage ! La nouvelle vague ? Pas partisan, pas dogmatique, aucune démarche politique....Seulement attaché à l’initiative privée et à l’économie de marché . Peut-être un peu trop optimiste, ne tenant pas assez compte des pesanteurs politiques toujours changeants et des boulets économiques (socialistes) du passé ? Destiné tout particulièrement aux décideurs et autres professionnels du tourisme (pour une mise à niveau ?) ainsi qu’aux étudiants de la spécialité........Cependant, le grand public y trouvera matière à comprendre pourquoi ça « rame » si fort –encore ! - dans le secteur. Citations : « Un secteur se juge sur sa capacité d’innover. Cela implique professionnalisme et formation. L’innovation est naturellement liée au savoir, et est un élément essentiel de cette nouvelle économie, celle de la connaissance sans laquelle aucune stratégie de développement ne peut réussir » (p 40), « A l’Etat d’être un facilitateur, un régulateur . Ses fonctions sont avant tout régaliennes mais il se doit d’être aussi un stratège » (p 105), « L’ère des politiques industrielles gérées à la verticale est révolue, le parti est à la transversalité » (p 108), « La vocation touristique d’un pays ne peut s’affirmer pleinement que si celui-ci possède d’autres atouts que du sable fin ; il faut notamment qu’il possède un substrat culturel » (p 177) « Le chef d’entreprise est avant tout celui qui prend des risques, il continuera d’ailleurs à en prendre tout au long de sa vie professionnelle. Avec ses bénéfices , généralement réinvestis, il s’inscrit alors dans une démarche que l’on pourrait qualifier de vertueuse » (p 196)