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Devises nationales - Placements

Date de création: 18-02-2017 20:10
Dernière mise à jour: 18-02-2017 20:10
Lu: 6 fois


FINANCES- FINANCES PUBLIQUES- DEVISES NATIONALES – PLACEMENTS

© D.R.

© Liberté, dimanche 12 février 2017

 Une nouvelle polémique est en train d’enfler : des spécialistes financiers reprochent à la Banque d’Algérie de n’avoir pas anticipé le Brexit, c'est-à-dire la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, et donc la variation de la chute de valeur de la livre sterling, une monnaie qui fait partie du panier de devises entrant dans la composition des réserves de change de l’Algérie. Une erreur qui a fait perdre à l’Algérie beaucoup d’argent, selon ces experts. En tout état de cause, sur l’ensemble des monnaies du panier, la moins-value est chiffrée. En ce sens, le gouverneur de la Banque d’Algérie a indiqué récemment que nos réserves en devises ont baissé de près de 30 milliards de dollars dont 4 milliards de dollars à cause des pertes de change.
Cette information est passée presque inaperçue tant nos gouvernants ont entretenu auprès de l’opinion publique la méconnaissance de l’usage par la Banque d’Algérie des réserves de change. Une manne qui s’élève aujourd’hui à plus de 100 milliards de dollars et qui, ne l’oublions pas, appartient à tous les Algériens. Elle est le fruit quasiment des entrées tirées des exportations de gaz et de pétrole. En d’autres termes, les citoyens sont tenus dans l’ignorance de l’utilisation de l’argent des Algériens. La Banque utilise-t-elle à bon escient cet argent ? Les placements des réserves de change par la Banque d’Algérie sont-ils judicieux ? Autant d’interrogations soulevées depuis au moins une décennie et qui ne trouvent pas de réponse en raison de l’opacité qui entoure la gestion de nos réserves de change.
Les Algériens ne savent pas où sont placées nos réserves de change, ni de façon précise le type de placement. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit point d’un secret bancaire. Puisque des institutions financières internationales connaissent mieux que la quasi-totalité des citoyens les pays où sont placées ces réserves, le montant des placements en bons du Trésor américain ou en obligations émises par les banques centrales européennes. Le Trésor américain a récemment publié le montant des bons du Trésor US détenus par les pays de l’Opep. Le placement algérien est minime. Ce qui dissipe la croyance longtemps entretenue par la Banque d’Algérie, à savoir que nos réserves de change sont placées principalement en bons du Trésor américain (voir tableau du Trésor américain en page 8). Mais qui contrôle l’usage de nos réserves de change ? Dans les autres pays, le Parlement, les médias spécialisés jouent ce rôle. En Algérie, le Parlement l’exerce de manière très superficielle. La “preuve par trois” que l’Algérie est à mille lieues d’un État de droit qui veille scrupuleusement à la transparence.

 Les chiffres du Trésor américain de mai 2016 indiquent que l’Algérie a placé seulement 700 millions de dollars en bons du Trésor américain, contre 116,8 milliards de dollars pour l’Arabie Saoudite, 62,5 milliards de dollars pour les Émirats arabes unis, 31,2 milliards de dollars pour le Koweït, 3,1 milliard de dollars pour le Nigeria . Le groupe des pays de l’Opep, enregistre l’institution financière américaine, détient 281 milliards de dollars de bons du Trésor américain contre 298,4 milliards de dollars en juillet 2016.
L’Arabie Saoudite a utilisé 16% de ses réserves de change pour combler son important déficit budgétaire en 2016 né de la baisse des prix du pétrole. L’Arabie Saoudite détient 587 milliards de dollars de réserves de change. Le montant placé en bons du Trésor américain est le douzième au monde.
La Chine se classe en première position. On voit bien que l’Arabie Saoudite a placé 20% de ses réserves dans des bons du Trésor américain. En Algérie, on a  pendant longtemps fait croire que l’essentiel de nos réserves de change était placé en bons du Trésor américain. On sait aujourd’hui par une source étrangère et non par la Banque d’Algérie que ce n’est pas le cas. Où est placé le restant des réserves de change de l’Algérie ? Mystère et boule de gomme. Il s’ensuit que devant cette opacité, on ne sait si cette gestion des réserves est efficiente ou non. Un rôle de contrôle que devrait jouer le Parlement mais que ce dernier  exerce de façon très superficielle