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Truffe (Terfass)

Date de création: 02-02-2017 23:37
Dernière mise à jour: 02-02-2017 23:37
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AGRICULTURE- ENQUETES ET REPORTAGES- TRUFFE (TERFASS)

En décembre 2016-janvier 2017, les marchés plusieurs villes du sud et des hauts-plateaux du pays, à l’image de Djelfa ou de Béchar, sont “envahis” par la truffe, connue localement sous le nom de Terfass, un fruit de la terre augurant, selon la population locale, d’une “bonne saison agricole”. Le Terfass, qui ressemble à un tubercule de pomme de terre en plus claire, est riche en saveurs et en bien-être. Beaucoup d’algériens l’ignorent, mais le Terfass a une valeur nutritionnelle qui en fait une excellente source de vitamines. 

Et cette année 2017 commence bien pour les vendeurs de cette truffe algérienne car les récoltes sont abondantes notamment au niveau des régions steppiques et du Sahara.

En dépit de cette offre abondante de truffe, exposée sur les abords des routes nationales, comme c’est le cas à la sortie – sud de la ville de Djelfa, non loin du village Ouled Abdellah, est proposée à des prix pour le moins “exorbitants”.

En effet, le kg  de truffe de qualité supérieure, connue pour son  gros calibre et sa facilité de nettoyage, est proposé dans une fourchette entre 1600 à  2500 Da, des “prix malheureusement pas à la portée de la bourse du consommateur modeste”, qui se contente d’admirer les grosses truffes achalandant les tables des vendeurs (durant la fin d’année, le kg de truffe se vendait à Alger jusqu’à 4 000 dinars). La truffe de basse qualité, boudée par beaucoup  pour son aspect non appétissant, est cédée à 700 Da le kg, un prix, certes, non attractif au vu de la qualité du produit,  mais que certains sont  contraints d’accepter ne  serait que pour goûter les prémices de “ce fruit de bon augure”, comme qualifié par la population locale.

Aussi, s’il est aisé pour certains d’acheter la truffe, il faut pour la récolter “une  autre paire de manches”, car en dépit du fait qu’il  pousse à deux (2) cm seulement de la surface de la terre,  il n’en reste pas moins que “le trouver demeure l’affaire de gens experts à  l’œil fort aiguisé, vu que c’est un fruit sans feuilles, ni fleurs, ni racines”.

Selon des spécialistes du domaine, à l’image de Hadj Mokhtar, un habitant du Sahara de l’Oued Djeddi, à 130 km au sud de Djelfa, il existe certaines astuces qui aident à reconnaître les lieux où pousse le Terfass. “Si vous trouvez une plante du désert nommé Djoubir, soyez sûr qu’il y a de la truffe dans les environs”  a-t-il assuré, à ce sujet.

Si le Terfass pousse sous différentes formes et couleurs, sa préparation  dans la cuisine est aussi diversifiée et riche en goût. A Djelfa, par exemple, une majorité des habitants le préfèrent, néanmoins, cuit à l’eau pendant une heure, ou plus, avant d’être écrasé en y ajoutant du Dehane Ghenmi  (beurre ovin naturel) qui lui confère, selon ceux qui y ont goûté, un “goût  simplement magique”,  assurent-ils. Aujourd’hui, modernisme oblige, beaucoup de femmes ont intégré le Terfass dans d’innombrables recettes culinaires, aussi innovantes les  unes que les autres.

Ainsi certaines décorent les plats festifs de couscous avec de belles truffes appétissantes, et d’autres en agrémentent le traditionnel tadjine ezzitoune  avec de la viande de veau, ou encore elles en font une farce mélangée à des légumes pour farcir des entrées ou des salés. Toutes ces femmes s’accordent, toutefois, sur la difficulté de nettoyage de ce fruit renfermant beaucoup de terre sous chacune de ses innombrables stries.

Outre son intérêt gustatif dans des mets traditionnels et modernes, le Terfass possède,  également, des vertus curatives pour l’œil notamment, et ce grâce à son suc naturel qui est ajouté à l’antimoine (Khôl).

Encore plus, il est rapporté dans la Sunna Nabawiya, que le Prophète Mohamed (QSSL) a dit : “Quel excellent condiment … La truffe est [de la nature] de la manne et son suc est un remède pour les yeux”.  La “manne” étant ici synonyme de don de Dieu, car la truffe pousse sans graines, ni  culture, ni irrigation.

Un autre fait mérite qu’on s’y arrête, à  propos de la truffe. Aucune tentative de culture de ce fruit n’a été enregistrée, à  ce jour, car vouée à l’échec, selon les spécialistes du domaine, qui  estiment que c’est là une autre preuve du caractère inimitable  de ce condiment, qui  selon le Hadith du Prophète Mohamed ,est “de la manne” offerte par Dieu aux êtres humains.