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Situation 2015/2016- Banque d'Algérie

Date de création: 02-02-2017 16:38
Dernière mise à jour: 02-02-2017 16:38
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FINANCES – FINANCES PUBLIQUES- SITUATION 2015/2016- BANQUE D’ALGERIE

 «La situation financière externe de l’Algérie reste solide et relativement confortable», a déclaré, hier, le gouverneur de la Banque d'Algérie.  Mohamed  Loukal, qui s’exprimait dimanche 29 janvier 2017, devant les membres de la chambre basse du Parlement,  lors de sa présentation du rapport annuel de 2015 sur l’évolution économique et monétaire du pays, a également indiqué que « les réserves de change de l'Algérie ont baissé à 114,1  milliards de dollars (mds USD) à fin décembre 2016 contre 144,1 milliards USD  à fin 2015 ». Il est à signaler, dans ce même contexte, que lors de la période étalée entre fin décembre 2015 et fin décembre 2016, le matelas de devises de l'Algérie a baissé de 30 milliards de dollars. Les réserves du change de l'Algérie s'étaient, pour rappel,  établies  à 121,9 milliards USD à fin septembre 2016 et à 129 milliards USD à fin juin de la même année.  Après de successives et considérables hausses, les réserves de change  de l'Algérie ont commencé à connaître un fléchissement depuis 2014 sous l'effet combiné de la baisse des cours pétroliers et des exportations des hydrocarbures  ainsi qu'une hausse fulgurante des importations. L'élan que prenait le niveau du matelas de devises fut freiné dès le début 2014, lorsque le niveau des réserves s'approchait des 195 milliards USD à fin mars 2014 mais amorça, par la suite, une tendance baissière, en s'établissant  à 193,27 mds USD, à fin juin 2014, avant de descendre encore à 185,27 mds USD à fin septembre de la même année.   Auparavant, et particulièrement depuis 2006, les réserves de change montaient à hauteur, parfois, de 20 milliards USD annuellement en s'établissant à 77,8  mds USD en décembre 2006, à 110,2 mds USD à fin 2007, à 143,1 mds USD à fin  2008, à 147,2 mds USD à fin 2009, à 162,2 mds USD à fin 2010, à 182,2 mds USD  à fin 2011, à 190,6 mds USD à fin 2012 et à 194 mds USD à fin 2013.
     Cela dit, l'envolée des importations et la forte chute des cours pétroliers ont contribué pour beaucoup dans l'amenuisement des flux alimentant les réserves de change du pays. Après avoir fluctué entre 101,45 et 115,79 dollars au cours de l’année 2013, le baril de Brent a viré depuis l'été 2014 en dégringolant jusqu'à moins du seuil critique de 30 dollars début 2016 avant de stabiliser autour de 55 dollars.
Il faut dire que c’est un rapport très détaillé qui a été présenté par le gouverneur de la Banque d’Algérie lors de cette séance plénière présidée par Mohamed Larbi Ould Khelifa, président de l’Assemblée Populaire Nationale (APN). Le rapport annuel de 2015, présenté ,met en exergue notamment qu’au total, l’évolution des cours du dinar vis-à-vis de l’euro et du dollar US se caractérise par une flexibilité au cours de l’année sous revue, en situation de forte appréciation du dollar et de la volatilité des cours de change des principales devises.
Aussi et en dépit de la dépréciation du dinar, notamment face au dollar, son taux de change effectif réel demeure surévalué comparativement à son niveau d’équilibre, tel que déterminé par les fondamentaux de l’économie nationale. Compte tenu de l’ampleur des déséquilibres internes et externes (déficits budgétaires et balance des paiements), le taux de change ne peut constituer l’unique variable d’ajustement, note le rapport, faisant remarquer que des efforts parallèles de consolidation budgétaires et de réformes structurelles pour la diversification de l’économie et l’augmentation des exportations hors hydrocarbures sont également nécessaires. Le rapport indique que le déficit budgétaire de 2015 a plus que doublé pour s’établir à 15,4% du PIB. Il est mis l’accent également sur le fait que le compte courant de la balance des paiements a vu son déficit passer de 4,4% du PIB en 2014 à 16,5% en 2015 ; entrainant un déficit du solde global de 16,7% du PIB (2,8% en 2014).   

L’expansion de l’activité  économique s’est poursuivie au même rythme que l’année précédente

En ce qui concerne le volet relatif à l’activité économique, il sera mis en exergue que durant l’année 2015, l’expansion de l’activité économique s’est poursuivie au même rythme que l’année précédente, grâce notamment à la croissance de la demande intérieure et aux bonnes performances des services marchands, de la construction et de l’agriculture. Compte tenu de la croissance de 2,15% de la population, le PIB par habitant progresse de 1,65% au même rythme qu’en 2014. Cependant, la désinflation des années précédentes s’est interrompue en 2015 et l’inflation des prix à la consommation croît de nouveau, en rythme annuel moyen, pour atteindre 4,8%. Celle des prix à la production s’est fortement accélérée et a plus que doublé en un an, pour s’établir à 2,3%. La croissance économique réelle en 2015 s’établit à 3,8%. Supérieure à celle des pays de la région du MENA (2,3%), elle reste néanmoins en deçà de l’expansion des pays émergents et en développement estimée à 4,0%, note le rapport annuel de 2015. Pour ce qui est de l’évolution des prix, il faut savoir que dans un environnement international caractérisé par une tendance désinflationniste, les prix sur le marché intérieur n’ont pas suivi la même dynamique, comme souligné par le rapport. En Algérie, la tendance baissière des prix de 2013 et de 2014, s’est retournée au troisième trimestre de 2014. Ce rebond de l’inflation est essentiellement endogène, en contexte de faible expansion monétaire, explique-t-on.

L’activité bancaire est  demeurée rentable et le  système bancaire est resté stable et solide 

S’agissant des finances publiques, ces dernières ont enregistré, en 2015, un déficit budgétaire qui s’élève à 2.553,2 milliards de dinars, soit, 15,4% du PIB, contre un déficit de 1.257,3 milliards de dinars (7,3% du PIB) en 2014. L’augmentation du déficit budgétaire, de près de 103%, en 2015 par rapport à 2014, résulte tout autant de la diminution des recettes budgétaires (-11,1%), liée à celle des recettes fiscales des hydrocarbures (-30%), que de la hausse des dépenses publiques à hauteur de 9,4%. A retenir, même si dans la sphère monétique, le choc pétrolier a marqué un tournant dans l’évolution de certains agrégats par rapport à la longue période 2001-2014, caractérisé par l’amenuisement progressif de l’excès de liquidité bancaire et corrélativement, un moindre recours à son absorption dans le cadre de la conduite de la politique monétaire, cependant, le financement de l’économie nationale a continué son expansion à un rythme soutenu, l’activité bancaire est demeurée rentable et le système bancaire est resté « stable et solide », comme en témoignent les indicateurs financiers pertinents. En somme, le rapport de la Banque d’Algérie présenté hier par M. Mohamed Loukal recèle et  analyse les principales évolutions macroéconomiques, financières et monétiques de l’année 2015 ; une occasion également pour donner quelques chiffres de l’année 2016.