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Café- Enquête Apoce 2018

Date de création: 20-11-2018 12:23
Dernière mise à jour: 20-11-2018 12:23
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COMMERCE- CONTREFAÇON- CAFÉ- ENQUÊTE APOCE 2018

 

Plus de 84% des marques de café commercialisées en Algérie ne sont pas conformes à la réglementation en matière d’étiquetage. C’est l’une des conclusions de l’enquête enclenchée par l’Association de protection et d’orientation des consommateurs (Apoce) sur 12 échantillons des différents cafés vendus sur le marché national. Les analyses effectuées par trois  laboratoires locaux révèlent des irrégularités, notamment le manque de renseignements liés à ces produits sur l’emballage de presque la majorité des cafés. En plus clair, les matières ajoutées n’ont pas été portées sur l’étiquette comme l’exige la réglementation. La non-conformité concerne ainsi le taux élevé de sucre ou le non-respect de la mention des matières ajoutées et leur taux sur le conditionnement tel que l’exige le décret exécutif n°17-99 du 26 février 2017 fixant les caractéristiques du café, ainsi que les conditions et les modalités de sa mise à la consommation. La dénomination de vente “café torréfié au sucre”, “café moulu torréfié au sucre” doit être complétée, tel que l’exige l’article 26 du décret, “par l'indication du taux de type de sucre ajouté avec le même caractère et la même taille d'écriture, de manière visible, lisible et indélébile et doivent figurer dans le même champ visuel principal de l'emballage du produit”. La quantité des matières ajoutées est, cependant, arrêtée par ce texte. “La proportion du sucre, du caramel ou de l'amidon ajouté ne doit pas dépasser 3%”, est-il mentionné dans l’article 19. Or, d’autres résultats de l’enquête sur le taux de sucre utilisé dans le café par les producteurs classent l’ensemble de ces modèles analysés en trois catégories. Mustapha Zebdi, président de l’Apoce, affirme (mi-novembre 2018)  que cinq marques parmi les
12 existantes sur le marché contiennent un taux de sucre “satisfaisant”, soit moins de 3%. Selon lui, “Many”, “Ammar”, “Bonal”, “Africafé”, “Nizière” composent ce premier lot. M. Zebdi, qui a animé une conférence de presse hier, considère que cinq autres ont un taux “acceptable”, c’est-à-dire qui avoisine les 3% et forment la deuxième catégorie. Il souligne, en revanche, que les détenteurs de deux autres marques sont “défaillants”, car les expertises indiquent qu’il y a eu “tromperie” sur le produit, d’autant plus que le taux de sucre dans ces deux cafés “se situe entre 10 et 14%”. Ce qui rend le café transformé nocif à cause de la saturation du sucre. Celui-ci, une fois brûlé à plus de 120°C, produit une molécule dangereuse. Il s’agit de l’acrylamide qui a un effet néfaste sur le système nerveux chez l’homme et provoquerait même des cancers du sein chez la femme. L’organisation s’est fixé un délai de trois mois pour refaire de nouvelles analyses sur ces cafés. “Cette échéance permettra aux producteurs classés dans la seconde catégorie (acceptables) de s’améliorer davantage et aux deux fraudeurs de se conformer à la législation pour ne pas causer de préjudices sur la santé des consommateurs”, explique le président de l’Apoce. Sinon, menace-t-il, “nous serons dans l’obligation de dévoiler les noms de ces deux marques”. Face à tous ces dépassements et anomalies, Mustapha Zebdi demande la révision du décret exécutif afin d’enlever la phrase de l’article qui autorise le rajout de sucre dans le café. Cette brèche, déplore-t-il, a été exploitée par les producteurs indélicats pour abuser dans l’utilisation du sucre.