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Jeunesse- Belhimer/Le Soir d'Algérie

Date de création: 03-02-2016 15:52
Dernière mise à jour: 03-02-2016 15:52
Lu: 177 fois


 

SOCIETE- ETUDES ET ANALYSES – JEUNESSE – BELHIMER/LE SOIR D’ALGERIE

Par Ammar Belhimer/Le Soir d’Algérie, mardi 2 février 2016
ammarbelhimer@hotmail.fr


Le Conseil national économique et social a réuni , lundi 1 février 2016 , les  acteurs de la société civile et experts pour soumettre à leur appréciation critique le Rapport sur le développement humain que ses structures centrales viennent d’élaborer. Le document, consacré à la question « Quelle place pour les jeunes dans la perspective du développement humain en Algérie ? », fait la part belle à « une culture de relève » comme perspective incontournable. Celle-ci résulte de l’engagement de la société civile dans la construction démocratique et la création d’une identité commune parmi les citoyens.
La société civile est ainsi la voie idoine pour la démocratie participative.
«Afin que les jeunes soient entendus et que leurs attentes soient prises en compte, la question d’organisation se pose d’une manière cruciale. Leurs expériences, réflexions et même leurs espoirs constituent des éléments déterminants dans la définition d'une politique de développement», relève le Cnes.
Les éléments de son diagnostic interrogent trois niveaux :
- l'accès aux sphères sociales, politiques et économiques ;
- l’adhésion active au sein des organisations qui influencent la vie;
- et l'implication dans l'action publique et sa planification.
Connaître les activités auxquelles s’adonnent les jeunes au quotidien permet de cerner leurs centres d’intérêt. Une enquête de 2012 nous fournit des éléments de réponses sur le vécu des jeunes des deux sexes et évalue le degré d’importance accordé pour chaque activité.
Il ressort globalement que chez les 15-24 ans une journée type se compose essentiellement de temps de repos (43%), de loisirs (15%), de soins personnels (10%), de travaux ménagers (8%), de participation sociale (8%), de formation (7%) et enfin d’activité économique (5%).
Les jeunes de 15-24 ans passent leur temps dans des activités non productives, à discuter entre amis, surfer sur internet, regarder la télévision et se déplacer dans les transports. Le loisir, les médias et les jeux semblent être les activités que partagent la plupart des jeunes hommes de 15-24 ans, mais pour les jeunes femmes les travaux ménagers semblent être la première occupation.
Quid de l’engagement associatif des jeunes ?
Au début de l’année 2012, on comptait 1027 associations nationales agréées parmi lesquelles les associations de jeunesse représentent seulement 4,9% du total. Les associations professionnelles restent prééminentes, avec 20,7%, suivies par celles activant dans le domaine de la santé et celles en charge de la culture et l’art (14,7%), l’éducation et la formation (13,9%).
Dans l’ensemble, les associations et les organisations à but non lucratif ne sont pas bien vues par les jeunes, à l’exception des associations à but humanitaire qui enregistrent un score de confiance appréciable de 44%.
Ces vecteurs ne suffisent pas à assurer la participation à la prise de décision, laquelle se base sur un certain nombre d’éléments nécessaires comme l’accès à l'information qui facilite l'action collective et individuelle et la consultation élargie pour favoriser l’interaction et la prise en compte des réactions.
D’après le Pnud, la participation des jeunes dans des processus politiques formels et institutionnalisés est relativement faible par rapport aux autres catégories de la population dans le monde entier et le vote en est l’exemple édifiant. L’Algérie ne fait pas exception à ce constat. Les jeunes se retrouvent généralement, et pour diverses raisons, en marge des sphères des décisions politiques, ce qui est de nature à renforcer davantage le sentiment de désintéressement et le manque de confiance dans la politique.
En effet, un des résultats auquel est arrivée l’étude sur la jeunesse maghrébine de 2012 est que «le manque d'implication des jeunes au sein des partis et même dans certains cas le boycott des élections indique l’existence d'une autre conscience et d’une autre participation fondée sur des opinions, des perceptions et des projets jeunes qui nécessitent un soutien et une amélioration, mais reste, néanmoins, une participation qui lutte pour frayer un chemin à l'émergence d'une nouvelle vision et de nouvelles politiques dont on doit prendre soin».
Une autre étude nationale menée par l’Université de Constantine auprès des jeunes des deux sexes, montre que les jeunes semblent relativement curieux vis-à-vis de l’information politique mais leurs connaissances de la politique semblent faibles. La participation des jeunes à la politique est extrêmement faible puisque seuls 16,5% des jeunes ont affirmé activer politiquement, 11,7% seulement ont déclaré assister aux regroupements ou meetings politiques, 11 % des jeunes ont adhéré à un parti politique, la même proportion a déjà participé à des campagnes électorales et seulement 4% des jeunes ont reconnu avoir déjà déposé leur candidature à des élections. Aussi, parmi les jeunes interrogés 30% seulement disent qu’ils ont l’habitude de voter, alors que 58% ne l’auraient jamais fait. Pour ce qui est de l’adhésion aux partis politiques, 67% des jeunes interrogés disent ne pas souhaiter le faire.
Les moyens d’action perçus sont ailleurs : 60,5% sont d’accord avec les grèves des syndicats comme moyen de revendication.
Ils ne sont donc pas démissionnaires et demeurent attentifs au changement. Plus de 60% pensent que le changement s’opérera par les jeunes.
Il reste à connaître ce qui motive aujourd’hui un jeune.
«Le système de valeurs et de représentations constitue le socle de référence qui guide les choix de tout individu dans sa vie. Les jeunes, même s’ils ne constituent pas un groupe homogène, ont des opinions sur le présent et l’avenir du fait qu’ils appartiennent à des systèmes de valeurs dans lesquels ils puisent leur perception mais, auxquels ils apportent, également, des changements.
«C’est pourquoi, connaître en quoi croit le jeune Algérien, par quoi il est motivé et ce qu’il attend de la vie, est primordial pour déceler les voies de renforcer l’apport et la place de ce jeune dans le processus du développement», écrit le Cnes.
L’enquête mondiale sur les valeurs offre une base d’analyse intéressante pour aider les décideurs à comprendre les changements dans les croyances, les valeurs et les motivations des personnes à travers le monde.
Dans l’ordre identitaire, plus de 80% des jeunes admettent que le nationalisme est une valeur importante.
La majorité écrasante des jeunes enquêtés disent être fiers d’être algériens, une opinion partagée avec les autres catégories d’âge. Ce sentiment se maintient dans le temps comme le plus dominant, voire en légère augmentation (94,8% des jeunes en 2014 contre 93,5% en 2002). Il semble que le sentiment d’appartenance à la nation prend le dessus par rapport à l’appartenance à la communauté locale ou même au fait de se sentir comme citoyen du monde et ceci pour toutes les catégories d’âge.
Parmi les constantes auxquelles fait constamment référence le jeune Algérien de 18-29 ans influant considérablement la constitution de ses priorités dans la vie, on retrouve trois valeurs qui se détachent significativement : la famille, la religion et le travail avec, respectivement, des scores de 90,3%, 89,5% et 75,2%.
Les loisirs et les amis ont également été cités mais dans des proportions moindres.
                                                                                                                                                                                                       © A. B.