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Enquête Snapap 2014

Date de création: 06-10-2014 19:10
Dernière mise à jour: 06-10-2014 19:10
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SOCIETE - NIVEAU DE VIE - ENQUETE SNAPAP 2014

Un salaire minimum de 55 000 DA est «nécessaire» pour subvenir aux besoins d’une famille composée de cinq membres. Tel est le résultat d’une enquête rendue publique  le 28 septembre 2014, par le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap, aile Malaoui).

L’étude traite de plusieurs volets : la nutrition, le logement, l’énergie, l’habillement, la santé, la scolarité et la communication. Cette consommation «minimale» s’étale sur une période d’un mois. Pour le volet «nutrition», l’étude fixe une consommation moyenne de viande à 1400 DA et celle de poulet à 700 DA (soit un kilo de viande et deux petits poulets par mois). Pour l’achat de 5 baguettes de pain par jour, le tarif mensuel est estimé à 1500 DA. Dans le détail, le Snapap évalue l’achat de 4 litres d’huile de table à 480 DA, 2 kg de tomates en conserve à 310 DA, 30 œufs à 335DA, 8 paquets de pâtes à 400 DA, des féculents à 700 DA, un sac de semoule de 25 kg à 1050 DA, 2 sachets de lait par jour à 1500 DA, un kilo de café à 580 DA, un kilo de thé à 120 DA, trois kilos de sucre à 270 DA, des produits laitiers à 540 DA, de l’eau et des sodas à 1000 DA.La part belle des dépenses est consacrée aux légumes, qui absorbent 6000 DA mensuellement.

En ce qui concerne le logement, l’étude table sur une moyenne de 15 000 DA le loyer par mois, et ce, pour un F3. C’est une moyenne nationale. Cependant, il est utile de préciser que dans les grandes villes, telles qu’Alger, Oran et Constantine, le loyer dépasse les 25 000 DA. Dans la capitale, il peut atteindre les 40 000 DA, toujours pour un F3. Pour l’électricité et le gaz, la moyenne fixée est de 1500 DA par mois. Relevons que l’étude n’a pas inséré les dépenses de carburant. S’agissant de l’habillement, le prix d’une tenue par personne, mais cette fois-ci par an, est fixé à 1166 DA, et pour les enfants entre 6000 et 10 000 DA. L’étude s’étale sur le volet santé/soins. Elle évalue trois visites chez le médecin, par personne et par an, de 50 à 1000 DA, du secteur public au privé. Une visite chez le dentiste est estimée à 250 DA.

Le prix des médicaments dépasse les 1250 DA et les produits d’hygiène 1500 DA. Quant à la scolarité, l’achat des fournitures est évalué à 1000 DA. Là aussi, c’est un référent national. Les frais de transports sont estimés à 3000 DA, la communication (téléphone de domicile et portable) à 2000 DA. En tout, l’Algérien devrait percevoir au minimum un salaire de 55 415 DA pour pouvoir répondre aux besoins élémentaires de la famille. Notons également que les auteurs de l’étude n’ont pas abordé le volet «loisirs».

Abroger le décret n°65-75 du 23 mars 1965

Le Snapap soutient que «si le calcul semble exagéré, puisque rares sont ceux qui bénéficient de cette entrée d’argent, c’est parce que les besoins théoriquement incompressibles sont réduits au strict minimum, alors que d’autres besoins ne sont pas pris en compte vu la difficulté, sinon l’impossibilité de les satisfaire (logement), sans parler du fait que les loisirs deviennent presque inabordables». Le syndicat estime que «devant ces éléments d’informations, nous devons interpeller l’opinion publique, la société civile et le pouvoir sur le décalage entre les besoins et la réponse fournie par ce système économique».

Le Snapap appelle, par ailleurs, à l’abrogation du décret exécutif n°65-75 du 23 mars 1965 relatif aux indemnités à caractère familial. «Ce texte n’est plus d’actualité», soutient Fatmi Abdelkader, membre du conseil national du syndicat. Le décret stipule dans son article 1 que «le taux annuel de la majoration de l’indemnité familiale et résidentielle, pour les enfants âgés de plus de 10 ans, est fixé conformément à 135 DA par enfant. Cette majoration ne peut s’appliquer au-delà de trois enfants. Le troisième point indique que le taux annuel de l’indemnité pour situation de famille est fixé à 66 DA».  Enfin, le Snapap est convaincu que «ces problèmes sociaux doivent être quotidiennement rappelés».

Et de conclure : «Nous devons répéter que les problèmes sont d’ordre politique. Parallèlement à cette situation désastreuse qui touche la majorité, une minorité s’accapare de toutes les richesses dans l’ombre de la corruption financière. Si la dynamique syndicale a pu arracher des acquis, elle devra maintenant arracher des réponses qui permettent aux Algériens de sortir de ce cycle infernal en s’appuyant sur cette dynamique syndicale et en s’investissant personnellement pour construire une autre alternative économique.»

Le sondage a été opéré auprès de salariés. «Chaque responsable syndicaliste a livré un questionnaire aux travailleurs, employés dans divers secteurs d’activité. L’échantillon concerne plus de 600 personnes. Les prix sont ceux affichés par les commerçants», explique  l’un des auteurs de l’enquête.