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Roman Mokrane Koulal -"Là où les fleurs ne poussent pas "

Date de création: 02-10-2026 20:05
Dernière mise à jour: 02-10-2026 20:05
Lu: 39 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH-ROMAN MOKRANE KOULAL- « LÀ OÙ LES FLEURS NE POUSSENT PAS »

Là où les fleurs ne poussent pas.  Roman de Mokrane Koulal. Aframeg Editions, Bejaia 2026, 242 pages, 1 000 dinars

 Un village d’Algérie , en Kabylie.Juste avant puis durant la guerre de libération nationale.L’histoire -douloureuse - d’une petite fille, devenue assez tôt orpheline de mère  , se retrouvant livrée à la brutalité de son père et d’une belle-mère cruelle. Sous les yeux d’un village qui, bien qu’au courant de la chose immonde ,  se tait ou fait mine de ne pas  savoir : par habitude, par peur, par « fidélité » aux traditions.....

A quatorze ans, elle va vite se retrouver mariée de force à un homme (déjà marié trois fois ) encore plus violent , « drivé » par une mère encore plus violente. De « Cruella » à « Cruella plus ». De Charybde en Scylla ! Le règne des « Affreux, sales et méchants ».

Seule issue pour faire éclore l’espérance et échapper à la cruelle condition..... la fuite ! En pleine guerre de libération nationale qui commence . Débute alors ,pour elle, un long chemin d’exil.....et surtout un apprentissage des lettres et des sciences......au service des démunis.Tout cela ,  bien sûr , avec l’aide de personnes compréhensives auprès desquelles elle s’était trouvée obligée de se réfugier ........pour se protéger  de ses « parents » qui cherchaient toujours à la récupérer......au nom des traditions et du respect des us et des coutumes.

La suite est une histoire d’un autre exil encore plus lointain .....la liberté ne connaissant ni frontières ni traditions.

L’Auteur : Etudes supérieures de troisième cycle en mécanique des fluides à l’École polytechnique de Nantes.Études doctorales  à l’université Paris 8.Enseignant de profession.Déjà auteur d’un premier roman, « Le Serment de l’absence »(2024)

 Extraits : « Quand la misère devient l’équation à résoudre, la solidarité se fait le dénominateur commun de tous les voisins.Dans notre village, chacun manque de tout, mais le cœur, lui, est toujours prêt à donner » (p13), « Mon père n’était qu’un gouffre d’ombres, et tout ce qu’il laissait derrière lui, c’était la peur, la souffrance, et cette question lancinante : comment un homme peut-il perdre à ce point son humanité ? » (p23), « Ici, sous la colonisation, deux mondes coexistaient, séparés par un abîme insurmontable.D’un côté , un monde où les joies et les espérances s’épanouissaient sans entrave, comme si le temps leur appartenait. De l’autre, un monde marqué par la peur et les souffrances, érigées en fondations solides, immuables, insensibles au passage des jours »(p 56), « Les colons n’éatient pas seulement  des oppresseurs, ils étaient des créatures qui s’attaquaient à l’essence même de ce que les villageois étaient en tant qu’individus, en tant qu’êtres humains » (p82), « J’avais compris, au fil du temps, que mes bourreaux  d’autrefois n’étaient pas nécessairement des monstres, mais souvent le produit d’une ignorance crasse, d’un héritage de douleur, d’une inintelligence affective transmise de génération en génération » (p214)

 Avis : Roman ? Mémoires ?Essai anthropologique et historique? Un peu de tout et de tout un peu.Un mélange des genres heureux-malgré certaines longueurs relevant de la dissertation-  car porté par une écriture recherché mais fluide

 

Citations : « Lorsque l’arbitraire est renforcé par la force, l’homme perd son humanité et devient une bête »  (p19), « La méchanceté n’avait pas besoin de se manifester de manière bruyante pour exister ; elle était présente dans le silence, dans l’indifférence, dans ces gestes qui semblaient anodins, mais qui, à force, laissaient des cicatrices invisibles  » (p 85), « La raison du plus fort ne découle pas d’une logique brillante ou juste, mais d’un pouvoir ultime qui écrase tout sur son passage » (p 92), « Dans notre société , être seul, c’est être vulnérable » (p142), « Un homme brutal n’éveille ni désir ni tendresse.Il ne suscite ni frisson ni complicité .Il n’est ni un amant ni un complice .Il est un prédateur » (p 143), « La souffrance est un feu : si elle brûle sans  guide, elle consume tout. Mais si on sait la regarder en face, la sonder à sa juste mesure, elle purifie » (p 211) , ; « Si la haine dévore, la compréhension libère » (p 214)