SOCIETE- CHRONIQUES- « QUERELLES » (BELKACEM
AHCENE-DJABALLAH, 27 AOÛT 2022)
QUERELLES
! (Raina Raikoum, Le Quotidien d’Oran, samedi 27 août
2022)
La plus médiatisée parmi les plus récentes : entre les
partisans de Yasmina Khadra qui venait d’effectuer une tournée à succès
(d’explications de son art et de son talent, pour ne pas dire de son génie
......en attendant la sortie en Algérie de son dernier ouvrage....fin août
alors qu’il est déjà en vente en France ) à Oran , à Alger et en
Kabylie......et ceux qui n’aiment ni son style ni ses expressions ni son
assurance Entre autres, ceux qui estiment que Kateb Yacine reste le seul et
unique et incomparable génie de la littérature nationale....avec, pourtant, une
seule œuvre romanesque , immensitissime il est vrai ,
Nedjma . Peu de temps après, voilà que notre Rachid Boudjedra national, « l’orfèvre des mots » .... « l’éternellement engagé », sort ,enfin, de son silence (un
entretien accordé à « El Khabar ») pour annoncer la
sortie d’un nouveau né à la fin de l’année. Une
autobiographie romancée?
Deuxième querelle : celle « opposant » les partisans
de l’introduction de la langue anglaise dès le primaire à ceux qui estiment que
c’est surtout l’actuel enseignement de la langue française qui devrait être
amélioré et qu’il faut éviter d’alourdir ou de compliquer les emplois du temps
des enfants.....Qui estiment, aussi, qu’une décision politique (celle du
Président A. Tebboune) ne devrait pas, en matière d’enseignement aux tout
petits (cycle élémentaire) , prendre le pas -de façon précipitée- sur les
aspects pédagogiques .Avec cette question centrale : Quel anglais ? Celui de
Grande-Bretagne, l’Américain ou , comme le français « pataouètisé », du Globish...un anglais passe-partout mais
insuffisant , utile lors des voyages touristiques mais insuffisant pour faire
face aux grands défis du monde moderne .
Troisième querelle : La survie de la presse écrite nationale.....francophone Après « Le Matin » au temps de
Bouteflika et de son ministre de l’Intérieur Zerhouni
, « El Manchar », « la Tribune », « Liberté », voilà
qu’ « El Watan » est en train de mourir à petit feu
faute de publicité (institutionnelle et/ou commerciale ).....et aussi,
certainement, de bonnes ventes, le marché , tout particulièrement celui
francophone s’étant fortement contracté . En espérant que d’autres titres, dont
certains en langue arabe (et leurs employés ,
journalistes et autres......les propriétaires ou actionnaires étant déjà « hors
de danger » ) ne vont pas connaître, à leur tour, la descente aux enfers ,
celle de la faillite et du chômage. Car la crise ne se limite pas à la seule presse
de langue française mais à tous les acteurs du paysage médiatique national, «
obligé » (sic !) -en plus des contraintes objectives du marché- à se plier à
une configuration autre.....et, peut-être, incapables
de se réinventer en matière d’organisation et de gestion.
Trois querelles parmi tant d’autres (une toute
dernière vient d’éclater concernant les intellectuels algériens -et d’Algérie-
et leur place dans la société) qui occupent les débats et les
discussions......de nos « experts en tout », faisant oublier les autres
problèmes du quotidien dont ceux du coût de la vie, des visas étrangers, de la
guerre russo-ukrainienne, des massacres sionistes à Gaza.....Même la visite de
Macron en Algérie n’est critiquée que par les tenants du national-islamisme (s’en
prenant surtout à la présence du Rabin Haïm Korsia,
dont les parents sont originaires d’Algérie) et ne fait pas la « Une » dans les
cafés maures . Il est vrai qu’avec les grandes chaleurs de l’été et les incendies , les préoccupations principales de l’individu se
limitent naturellement à sa survie avec un minimum de fraîcheur....chez lui ou
en bord de mer.....et au moindre coût....la France inatteignable par manque de
visas, la Turquie étant réservée aux nantis plus ou moins affairistes, la « Omra » trop chère et la Tunisie passée de mode.
On attend avec impatience la querelle sur la capacité,
les possibilités...et les ratages du « nouveau tourisme » algérien qui a l’air , enfin, de décoller, malgré ses tarifs -au niveau des
hôtels - encore inabordables pour beaucoup.......et, surtout , malgré les
multiples contraintes sociétales, comme celles de ne pas pouvoir agir comme on
veut , où l’on veut et avec qui l’on veut .... en
toute liberté.....dans le respect , cela va sans dire, des lois de la seule
République et non des « humeurs » d’individus ou de groupes de personnes en mal
d’autorité ou à la recherche d’on ne sait quelle rédemption divine . Bref...li.bre.ment ! C’est, peut-être, ce que recherchent, plus
qu’un emploi ou un logement, nos « harragas ». Tous nos « harragas » ! Ceux
d’en « haut » comme ceux d’en « bas ».