SOCIÉTÉ- MAUX SOCIAUX– DROGUES/FABRICATION
AU MAROC
La
montée de la fabrication de drogues de synthèse au Maroc, parallèlement à la
poursuite de la production de cannabis, révèle une évolution dangereuse de la
criminalité organisée, parrainée par le Makhzen, avec l’apparition de
laboratoires clandestins produisant des psychotropes et transformant des
médicaments en substances stupéfiantes, ainsi que l’intensification de
l’acheminement de ces poisons vers les pays voisins.
Voici
les principaux chiffres et données disponibles sur cet organisme criminel :
1-
Laboratoire de cocaïne
: Le réseau international de recherche «Global
Initiative Against Transnational Organized Crime » a
fait état de l’existence, depuis 2016, d’un laboratoire de transformation de
cocaïne dans la ville d’Oujda, exploité par des chimistes et associé au
traitement de 250 kilogrammes de cocaïne raffinée au cours de la même année. 2-
Apparition de la «boufa»
: la «boufa», connue sous le nom de « cocaïne des
pauvres », est apparue au Maroc à partir de 2020 avant de connaître une
expansion notable. Cette substance est préparée à partir de résidus de cocaïne,
de produits chimiques et de médicaments. 3- Plus de quatre millions de comprimés: les données officielles marocaines
ont fait état, en janvier 2026, de la saisie de plus de quatre millions de
comprimés psychotropes fabriqués localement au cours des trois dernières
années, dont plus de 1,6 million de comprimés pour la seule année 2025.
4- Réseau du «karkoubi»
: La police espagnole a annoncé, en janvier 2022, le démantèlement d’un réseau
criminel international spécialisé dans le trafic de médicaments utilisés pour
fabriquer du « karkoubi » au Maroc. L’opération a
permis la saisie de 200 000 comprimés psychotropes en Espagne, tandis que le
total des saisies dépassait 500 000 comprimés. 5- Médicaments espagnols
: la Radio-télévision espagnole (Rtve) a indiqué que
le « karkoubi» est fabriqué au Maroc à partir de médicaments provenant
d’Espagne, notamment de produits utilisés dans le traitement de l’épilepsie,
avant d’être transformés en substances stupéfiantes. 6- Rivotril :
dans une enquête publiée en 2024, le quotidien espagnol El Pais a rapporté que
l’Espagne commercialise près de quatre millions de boîtes de Rivotril chaque
année et qu’une partie de ces quantités alimente des circuits illégaux avant
d’être utilisée dans la fabrication du « karkoubi »
au Maroc. 7- Des bénéfices dépassant 100 millions d’euros : le
quotidien espagnol El Pais, citant des estimations de la police espagnole, a
indiqué que des groupes criminels marocains organisés tireraient de cette
activité des bénéfices dépassant 100 millions d’euros par an. 8-
Opération de juin 2025 : la police espagnole a démantelé, en juin 2025,
un réseau opérant entre le Maroc et l’Espagne. L’opération a permis la saisie
de 10 800 comprimés de clonazépam et de 22 kilogrammes de cannabis. 9-
Extension géographique: les activités
de préparation, de stockage et de commercialisation ont été associées à
Casablanca, Rabat, Fès, Tanger, Settat, El Jadida et Khouribga, ainsi qu’à Daroua, Lahraouiyine, Mediouna, Errahma et Bouskoura. 10
- Une organisation transfrontalière : ces données témoignent du passage
d’une simple activité de trafic de stupéfiants à une véritable organisation
transfrontalière englobant la transformation de la cocaïne, la fabrication de
psychotropes, la transformation de médicaments en drogues, puis leur stockage,
leur commercialisation et leur acheminement par des réseaux opérant au-delà des
frontières