SOCIETE- PRATIQUES- CARNAVAL AYRAD/BENI
SNOUS
Le
carnaval "Ayrad" est l'une des traditions
et pratiques culturelles que les habitants de Beni Snous,
dans la wilaya de Tlemcen, continuent de préserver afin de célébrer l'avènement
du Nouvel An amazigh (12 janvier), exprimant ainsi leur optimisme quant à
l'abondance et à la prospérité des productions agricoles au cours de l'année.
La ville de Beni Snous
est réputée pour ce carnaval, dont l'origine remonte à 1250 ans avant J-C. Il
porte plusieurs appellations à travers les 12 régions relevant de la commune de
Beni Snous, la plus connue étant "Iradia El Kobra" (la grande Iradia).
Ce carnaval est incarné par les jeunes de la
région qui confectionnent, plusieurs jours avant la célébration du Nouvel An
amazigh, des masques représentant des animaux, qu'ils portent lors des défilés
organisés dans la nuit du 12 janvier, accompagnés de spectacles de rue à
caractère quasi théâtral dans les ruelles et les quartiers de Beni Snous, appelés "Iradia des
ruelles". D'autres rituels ont lieu à l'intérieur des maisons, appelés
"Iradia Taddart"
où l'architecture permet aux participants d'entrer dans la cour et de se
produire dans le patio, tout en racontant des histoires, récits et anecdotes
liés à cette occasion.
Les jeunes se déguisent en lion, lionne et
lionceau, sortent dans les rues pour danser et chanter au rythme de la derbouka
et du bendir, tout en entonnant des chants populaires propres à cette fête,
tels que "Taha El Leil Hallou
Babkom", "Cheblalak"
et "Reblalak", des expressions amazighes
répétées dans cette ambiance festive.
Les festivités annuelles à Beni Snous se distinguent également par la préparation de plats
traditionnels comme le "cherchem", composé
d'un mélange de blé et de fèves, le couscous aux légumes, le "berkoukes à l'khliâ", ainsi
que des plats chauds adaptés au froid de cette période de l'année, en plus du trid, du msemen, du baghrir, du mbesses et d'autres
spécialités.
Les tables sont également ornées de la galette
sucrée, appelée "El Ghrissa", garnie d'un
œuf en son centre, ainsi que de différentes variétés de fruits secs et de noix
servant à la préparation de la "Tbibqa", un
plat confectionné à base d'alfa dans lequel sont mélangées toutes sortes de
fruits secs. Un nourrisson de la famille est placé au centre, en signe de bon
augure et de bénédiction.
Les femmes cousent également le costume
traditionnel spécifique à la célébration de Yennayer,
richement décoré de couleurs et de fils de différentes tailles, et
l'accompagnent de bijoux traditionnels en argent. Ce costume est porté par les
fillettes afin de prendre des photos souvenirs.Ce
costume traditionnel est confectionné en soie blanche et brodé de fils multicolores.Autrefois brodé à la main, il est aujourd'hui
réalisé à l'aide de machines spéciales. Il est accompagné d'un tablier, d'une
ceinture, pièce de tissu qui entoure et recouvre la robe, ainsi que du burnous
et de bijoux en argent. Elle a souligné que le centre valorise et préserve ce
type de costume en l'exposant parmi les tenues traditionnelles qui incarnent
l'identité algérienne dans la salle d'exposition de cet édifice culturel.