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Violences contre les femmes /Etude Insp 2023/ 5 régions

Date de création: 09-02-2025 18:30
Dernière mise à jour: 09-02-2025 18:30
Lu: 26 fois


SOCIETE- VIOLENCE- VIOLENCES CONTRE LES FEMMES/ ETUDE INSP 2023, 5 RÉGIONS

L’INSTITUT NATIONAL DE SANTÉ PUBLIQUE (INSP) A RÉCEMMENT MENÉ  UNE ENQUÊTE pour comprendre les caractéristiques socio-démographiques des femmes victimes de violences. L’objectif était aussi de mieux connaître les circonstances des agressions, les profils des auteurs et les modalités  de prise en charge des victimes.

L’étude a été réalisée dans cinq wilayas (Alger, Blida, Oran, Médéa et El Oued) de 2022 à 2023 via un système de collecte d'informations permanent dans les services de médecine légale, de gynécologie et des urgences hospitalières. Pas moins de 6.233 femmes ont été enregistrées comme victimes de violences dans les hôpitaux des cinq wilayas : de  2.229 en 2022, le nombre de victimes est passé à 4.004 en 2023. La majorité des cas a été observée dans les hôpitaux de la wilaya d'Alger, où près de 62% des déclarations furent recensées. Une tendance marquante a été observée.  Le taux de femmes qui  consultent spontanément après une agression est passé de 29% en 2022 à 85% en 2023.  En termes de statut marital, 70% des victimes sont mariées, 18% célibataires, et le nombre moyen d'enfants par victime est de 3. Sur le plan de l'éducation, 75% des victimes sont instruites, 32% ont suivi des études secondaires et 5% n'ont aucune formation. Seule une femme sur quatre exerce un métier. Ces données soulignent la précarité économique d’une partie des victimes.  Concernant la consultation des services de santé, plus de deux tiers des femmes agressées (64%) se sont rendues seules à l'hôpital et 23% étaient accompagnées d'un membre de leur famille. L’agresseur est généralement un homme (80% des cas). Un tiers des agresseurs a un niveau d'instruction moyen et 33% d'entre eux exercent une profession. Plus de la moitié des violences ont été commises par le mari (47%) et 10% des agressions étaient d’ordre intrafamilial. Le rapport fait savoir que 21% des violences ont eu lieu en soirée, principalement entre 17h et 20h. Dans plus de 60% des cas, l’agression s’est déroulée au domicile de lavictime. S’agissant des types de violences, celles-ci sont majoritairement physiques (96%), suivies de violences psychologiques (9%) et sexuelles (2%).  Parmi les victimes, 23% ont déclaré être agressées pour la première fois. Les conséquences physiques sont presque systématiques : 99% des victimes ont présenté des dommages corporels, principalement des coups et blessures volontaires.  Les violences psychologiques ont conduit à des signes d’anxiété et de stress post-traumatique chez les victimes. Plus de 80% des agressées ont bénéficié d'une prise en charge médicale, mais seulement 9% ont été orientées vers une consultation psychologique. L’enquête a révélé l'ampleur des violences à l'égard des femmes et les lacunes en termes de prévention et de prise en charge.  Certes des progrès ont été réalisés en matière de consultation médicale, mais plus d’efforts doivent entrepris pour assurer un soutien psychologique adéquat aux victimes et lutter plus efficacement contre ce fléau social.  «La violence, sous toutes ses formes, a des conséquences profondes et durables sur la santé et le bienêtre des femmes qui peuvent persister même après avoir pu s'arrêter. Elle est liée à une augmentation du risque de traumatismes, de dépression, de troubles anxieux, de grossesses non planifiées, d'infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH, et de nombreux autres problèmes de santé», lit-on sur le document de l’INSP.