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Association- Activité politique

Date de création: 22-03-2021 17:32
Dernière mise à jour: 22-03-2021 17:32
Lu: 15 fois


ORGANISATIONS-ENQUETES ET REPORTAGES- ASSOCIATIONS- ACTIVITE POLITIQUE

 

© H.L/ El Watan, lundi 22 mars 2021

 

Le président Tebboune, qui a convoqué récemment des législatives anticipées pour le 12 juin prochain, compte faire appel, tout comme son prédécesseur, à la «société civile» pour faire campagne, alors que la loi interdit aux associations toute activité partisane.

Dernier exemple en date, un collectif d’associations appelé Nida El Watan est né à l’issue d’une réunion tenue à Sidi Fredj, à Alger, sous la houlette de Nazih Berramdane, conseiller du président de la République chargé du mouvement associatif et de la communauté nationale à l’étranger.

Outre les anciennes associations satellitaires du pouvoir, dont les Scouts musulmans algériens, l’initiative Nida El Watan (L’Appel de la patrie) a vu l’adhésion de nouvelles recrues. Il s’agit de l’Association de protection du consommateur et son environnement (Apoce) et d’autres entités. D’aucuns soupçonnent ces associations de parrainer des listes de candidatures, composées essentiellement de jeunes acquis à la feuille de route du régime, largement rejetée par le hirak.

Pourtant, la loi n°12-06 du 12 janvier 2012 relative aux associations oblige ces dernières à s’inscrire dans une trajectoire carrément apolitique.

«Les associations sont distinctes par leur objet, leur dénomination et leur fonctionnement des partis politiques et ne peuvent entretenir avec eux aucune relation qu’elle soit organique ou structurelle, ni recevoir de subventions, dons ou legs sous quelque forme que ce soit de leur part, ni participer à leur financement», stipule l’article 13 de ladite loi.

«L’utilisation des ressources et des biens de l’association à des fins personnelles ou autres que celles prévues par ses statuts constitue un abus de biens sociaux et est réprimé comme tel conformément à la législation en vigueur», lit-on encore dans l’article 31.

La loi a aussi prévu que «la dissolution de l’association peut être également demandée par l’autorité publique compétente devant le tribunal administratif territorialement compétent, lorsque l’association a exercé une ou des activités autres que celles prévues par ses statuts».

Jusqu’ici, seule l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), réputée proche du pouvoir et largement discréditée, a fait savoir qu’elle ne soutiendrait aucune formation politique lors des prochaines législatives, contrairement aux années Bouteflika, durant lesquelles l’UGTA s’était distinguée par un soutien indéfectible au Président déchu.

Dans une déclaration à la presse, le patron de la centrale syndicale, Salim Labatcha, a souligné que les syndicalistes peuvent se porter candidats à des élections à titre individuel, «mais pas sous la bannière de l’UGTA».

En faisant appel à des associations et organisations de masse de «la société civile» au mépris de la loi, comme c’était le cas lors la campagne pour la révision de la Constitution, le chef de l’Etat prend à nouveau le risque de rééditer les mêmes pratiques décriées durant le règne du Président déchu.

Depuis son investiture, il n’a pas cessé de dénoncer les anciennes pratiques du système Bouteflika et s’était engagé à solder son héritage encombrant.