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Mohamed Abada

Date de création: 25-02-2021 19:03
Dernière mise à jour: 25-02-2021 19:03
Lu: 17 fois


SANTE- PERSONNALITES- MOHAMED ABADA

 

© Djamel Abada, www.24h.dz, 25 février 2021

 

Décédé le 13 février 2021 à l’âge de 90 ans, le Professeur Mohamed (Hamoudi) ABADA est né le 18 octobre 1930 à Skikda. Après des études primaire et secondaire dans sa ville natale, il obtient son baccalauréat en 1949 et part en France étudier la médecine, études qu’il commence à Poitiers, puis Strasbourg et enfin Colmar pour se spécialiser en neurochirurgie.

Dès 1954, il milite comme la plupart de ses camarades au sein de la Fédération de France où il côtoie certains grands personnages de la Révolution et plus tard de l’Algérie indépendante, dont le regretté Lamine Khène, son ami d’enfance.

En 1961, à la demande du FLN, il rejoint clandestinement la Tunisie pour être au service du GPRA et des services médicaux de la Révolution. En tant que chirurgien, il soignait aussi bien les blessés de guerre que la population tunisienne.

Quelque mois après son installation en Tunisie, il part pour six mois aux États-Unis pour un stage de perfectionnement dans plusieurs grandes cliniques américaines.

Dès la signature du cessez-le-feu le 19 mars 1962, il rentre à Alger avec un groupe de médecins pour préparer la relève devant le vide qui ne manquerait pas d’advenir une fois l’indépendance proclamée. Pour ces quelques mois, il s’installe à l’hôpital Drid Hocine , anciennement Clinique L’Hermitage où il met en place l’embryon d’un service de neurochirurgie.

Après le 5 juillet, il rejoint l’hôpital Mustapha Bacha et s’installe au Service de Neurochirurgie pour une longue carrière au service de la médecine algérienne.

En 1968, il passe son agrégation organisée pour la première fois en Algérie.

Il contribue avec ses collègues à la réforme des études médicales et s’est immédiatement investi dans l’enseignement qui représentait un axe important de son activité clinique. Il s’agissait en fait de garantir une formation de qualité des premières générations de spécialistes en neurochirurgie.

Au-delà de l’enseignement médical stricto sensu, il a su enseigner au quotidien l’importance et la façon avec laquelle il fallait appréhender l’éthique en médecine.

Habitué des congrès, il organise en 1979 le 4ème Congrès Panafricain de Neurochirurgie à Alger , qu’il présidera pendant quatre années et qui contribuera à insuffler un nouvel essor à la spécialité dans le continent.

En 1990, à l’âge de soixante ans, il est mis à la retraite presque d’office et comme qui dirait à la force de l’âge. Mais ceci est une autre histoire. Il reprendra son cabinet médical pour quelques années encore, avant d’arrêter définitivement au début des années 2000.

Rigoureux de nature, plus soucieux d’éthique et de professionnalisme que de notoriété, deux événements le feront toutefois connaître du grand public : le premier lors de la longue maladie du défunt Président Houari Boumediene , événement au cours duquel il assura la coordination de l’équipe médicale constituée à cet effet.

Le deuxième lors de la visite officielle de la Reine d’Angleterre en Octobre 1980, soit quelques jours après le tremblement de terre de Chlef. Au cours de ce voyage, elle fit une visite remarquée au Service de Neurochirurgie de l’Hôpital Mustapha, auprès des nombreux blessés du séisme.

Par la suite, hormis le côté tragique de l’histoire, il évoquait toujours avec beaucoup d’amusement ce jour où, au hasard des circonstances, il partageait la vedette avec cette « célébrité » mondiale.

Moins médiatisé a été son voyage à Beyrouth en pleine guerre civile pour opérer George Habache, président du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

Cette rapide évocation a pour ambition de rappeler certains traits de la vie publique d’un homme ayant appartenu à cette génération d’universitaires algériens qui ont, avec l’amour de la patrie chevillé au corps, façonné avec humilité et abnégation l’établissement de la médecine algérienne post-indépendance.

Fidèle en amitié, il a toujours eu une affection particulière pour ses vieux amis comme il les appelait : les regrettés Lamine Khène et Mahfoud Benhabylès, ainsi que Saïd Chibane, que Dieu le préserve, pour ne citer que ceux-là.

Par ailleurs, et pour ceux qui l’auront connu dans sa vie privée, il a généré tant accomplissements remarquables.