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Journalisme (Métier)- Prof.Ahmed Cheniki

Date de création: 23-02-2021 13:02
Dernière mise à jour: 23-02-2021 13:02
Lu: 11 fois


COMMUNICATION- FORMATION CONTINUE- JOURNALISME(MÉTIER)- PROF A. CHENIKI

MA CONCEPTION DU JOURNALISME

© Pr Ahmed Cheniki, universitaire et journaliste, fb 22 février 2021

 

J’ai l’impression que certains voudraient une presse pauvre, une presse qui chante constamment le présent et un futur virtuel. Cette conception du journalisme est tragique. Les gens devraient s’habituer à un autre type de journalisme où on n’a pas peur de dire clairement les choses, même celles qui dérangent. L’Algérie est un grand pays qui a besoin de vrais journaux autonomes. Les journalistes considérés comme critiques devraient être écoutés, ils sont tellement exigeants qu’ils n’hésitent pas à mettre le doigt sur la plaie. Je sais que c’est un métier difficile, ce n’est pas une carte de presse qui fait le journaliste, mais c’est la maîtrise de l’écriture journalistique et l’exigence de « vérité » et de la quête infinie de sources. C’est vrai que le jeu cynique des parts de publicité corrompt fondamentalement le geste et l’acte d’écrire. Comme d’ailleurs, la confusion entretenue depuis 1962 entre Etat et pouvoir d’Etat.

Le journalisme est une belle profession. Surtout si on y croit et si on choisit le métier d’écrire et de rapporter l’information par passion. L’essentiel, c’est l’information. Il n’y a pas plus beau qu’une passion soutenue par la froideur du coup d’œil. Le journaliste doit tout interroger, vérifier, déplaire, déranger, dire aussi les belles choses, ce n’est pas un « enfant de chœur ». Si un journaliste ne dérange pas les uns et les autres, il n’a absolument rien à voir avec ce métier. J’aime beaucoup cette belle formule d’Albert Londres : « Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie... ». Ecrire, c’est aussi prendre le risque de perdre des amis, d’être « mal vu », d’être considéré comme un paria par ceux-là mêmes qui n’ont que faire de la liberté. La fonction du journaliste est de chercher l’information et la transmettre à un (des) public (s) en prenant de la distance avec les faits, en essayant d’être le plus objectif possible, en entreprenant une véritable critique des sources et en n’arrêtant pas de vérifier et de revérifier l’information et de ne croire personne, tout en prenant acte du propos des uns et des autres. Le journalisme devrait-être un choix libre, une passion réfractaire à toutes les tentatives de contrôle et à toute séduction incarnée exclusivement par le désir d’informer.

Tout événement est digne d’être couvert, il n’y a pas de petit ou de grand événement, mais de petit ou de grand journaliste. Le journaliste devrait être autonome, ne pas être assujetti à tel ou tel pouvoir ou à telle ou telle autorité, à tel ou tel groupe. Il ne doit jamais être impressionné par le grade ou le poste occupé par les uns et les autres, ni espace officiel ni opposition. Ce qui importe, c’est avoir l’info, en usant des techniques permettant justement de la récupérer. Le vrai journaliste est très prudent par rapport aux « sources », officielles, parallèles ou informelles. Toutes les sources se valent, elles sont toutes à interroger.

Le journalisme, ce sont les faits ; les discours, les promesses, les possibilités au futur sont à interroger, la mémoire devrait-être vive. Un journal qui, même dans un court papier, mettant en scène plusieurs entités, ne fait pas appel à de nombreuses sources, n’a rien à voir avec cette belle profession. Le journaliste qui n’interroge pas les « évidences » et qui reproduit une parole unique est un garde-champêtre d’un simulacre de vérité. Exercer dans un journal qui défend une « vérité » unique, surtout dans une situation de possibilité de travailler ailleurs, c’est tout simplement être en porte-à-faux avec ce beau métier. Durant la période du parti unique, il y avait, certes, uniquement des journaux à sens unique, mais où il y avait des luttes et des contradictions. Il devrait saisir cette profonde latence qui parcourt la société, apparemment silencieuse, mais intérieurement bruyante. Le journalisme n'a pas besoin d'autres règles, ni de lois que celles lui permettant d'aller en quête de la "vérité" tout en multipliant les sources et en prenant acte de toute "information" devant passer au crible de la critique et de la vérification. Il n'y a ni "grand", ni "petit", il y a l'info.

Commentaire de Belkacem A-Djaballah : « Toujours rappel des règles basiques du métier.Mais pour arriver jusqu à la " verite" ( ce qui suppose compétence +capacité+ expérience) il faut , au départ,  passer par la case l " exactitude " des faits à rapporter ...et apprendre a séparer l info’ de l opinion(s) ou du commentaire ( du journaliste ou des  citoyens).Tout cela oblige ,peu a peu, les pouvoirs interventionnistes a respecter l « écrivant » qu est le journaliste