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Roman (Récit?) Mouloud Achour - "Le vent du Nord"

Date de création: 14-02-2021 17:58
Dernière mise à jour: 14-02-2021 17:58
Lu: 6 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN (RECIT ?) MOULOUD ACHOUR- « LE VENT DU NORD »

Casbah Editions, Alger 2003, 207 pages, 260 dinars

Une grande et belle histoire d’amour qui se termine en impase sentimentale, chacun terminant sa route séparement, bien que restant liés l’un à l’autre pour toujours. Ensemble mais, presque toujours, ailleurs.

C’est l’histoire de Malek, un Algérien, un universitaire fou de Nazim Hikmet, qui découvre la nouvelle Russie…..et les intellectuel(le)s rescapé(e)s de l’ancienne (la soviétique)…dont Solenya, la fille chérie (et orpheline) d’un ancien apparatchik (universitaire de renom….et grand contestaire de l’ordre établi ce qui lui a valu , au final, bien des ennuis ) qui ne lui a légué que son esprit libre et une bibliothèque à la valeur inestimable.

C’et donc l’histoire de deux amoureux se retrouvant une ou deux fois l’an , en Russie même,……….lui ayant vécu Octobre 88 et la décennie rouge et elle vivant dans une athmospère de grands bouleversements économiques et socio-politiques, laissant loin derrière eux Lénine  et ses idées.

Deux amoureux venus de deux mondes différents et pourtant pas si étrangers qu’on pourrait le croire, car confrontés aux mêmes problèmes engendrés par les nouvelles « révolutions » des années 80 et 90.

 

L’Auteur : Né à Tamazirt , du côté de Larbe Nath Iraten ,en  1944, Mouloud Achour est ,en 2020, chargé d’édition (Casbah éditions) . Etudes de droit interrompues au bout de deux années (Université d’Alger), diplômé de l’Ecole normale supérieure , enseignant  puis journaliste (il avait  « lancé » et animé longtemps les pages culturelles du  quotidien public « El Moudjahid » ) et directeur de rédaction de journaux...et, aussi, un bref passage dans la haute administration comme chef de cabinet de Aboubekr Belkaid, alors ministre de la Communication. Plusieurs ouvrages à son actif dont le premier en 1971 .Décédé jeudi 24 décembre 2020.

 

Extraits : « Les femmes d’Europe ont des mœurs et comportements pas forcément en rapport avec l’opinion que s’en fait un Algérien quelle que fût sa connaissance, généralement livresque, de la  vie en Occident » (p 51), « Nous avons regardé vivre nos contemporains sans les voir.C’est bien ça.A présent, nous voici devenus une cohorte d’étrangers réduits au rôle absurde de spectateurs impuissants d’une métamorphose dont nous sommes exclus » (p 93), « Ici, nous ne sommes plus de ce monde, nous sommes des millions de morts dans un immense cimetière.Le fait que nous ne soyons pas sous terre ne signifie rien !Ceux d’en bas ont eu le meilleur sort ! » (p127), « Le génie russe a été réduit en esclavage .Les peuples de l’Union étaient capables du meilleur, seul Lénine l’a compris et de Lénine il ne nous reste aujourd’hui qu’une dépouille costumée qu’on continue d’exposer aux foules alors que le totalitarisme et la chasse aux privilèges ont fait un triste sort à toutes ses idées de progrès » (Un personnage russe du roman, p144), « Le monde que nous avions connu avait fait naufrage et il appartenait à chacun de nous d’inscrire son sort de rescapé dans une nouvelle perspective » (p206)

Avis : Roman (ou récit) écrit avec pudeur et émotion. Une belle aventure sentimentale dans des pays en bouleversements. La meilleure des « internationales »

Citations « Il faudra bien un jour faire le procès de ceux qui ont transformé en cauchemear un rêve lumineux » (p38), « Essaie donc de marcher droit dans les ténèbres !On a beau s’y évertuer, sauf à raser le murs, les pas aveugles ne conduisent jamais dans la direction désirée » (p 151), « Ceux qui avaient fait main basse sur tout un pays avaient donné naissance au vocabulaire sinistre du vaste échec dont il fallait acquitter la facture « (p 178), «  C’est décidément un dur métier que d’appartenir à un pays sous-développé….Aimer un pays et le servir exigent beaucoup de force et il faut savoir souvent effacer sa petite personne  pour ne pas faire d’ombre à une image qui a déjà perdu de son éclat  » (p181), « Qu’importe l’identité de celui qui nous aura repêchés, de toutes façons, nous sommes les enfants reniés et renégats de trois mères dispersées par les vents de l’histoire » (p190)

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