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Etude Coface 2020

Date de création: 08-02-2021 19:08
Dernière mise à jour: 08-02-2021 19:08
Lu: 6 fois


ECONOMIE- ETUDES ET ANALYSES- - ETUDE COFACE 2020

La prévalence de  la  pauvreté,  le  manque  d’opportunités  d’emploi  et  le  contexte  économique  difficile  alimenteront  probablement  le mécontentement, selon la Compagnie française d'assurances pour le commerce extérieur (Coface).

La persistance des difficultés du secteur des hydrocarbures devrait peser sur la   croissance  économique  en  Algérie.  C’est  du  moins  ce  que  relève  la Compagnie française d'assurances pour le commerce extérieur (Coface) qui vient de publier son appréciation du risque pays.  L’assureur-crédit français classe l’Algérie dans la catégorie D, qui concerne les pays à risque très élevé. En d’autres termes, la Coface juge incertaines les perspectives économiques et financières du pays. 

Le contexte politique peut être instable. La problématique moyenne de défaut des entreprises  est  élevée.   Sur  le  plan  de  l’environnement  des  affaires, l’assureur-crédit français pointe notre pays à  la catégorie  C, estimant que la fiabilité et la disponibilité des bilans d'entreprise sont  très  variables et que le recouvrement de créances est parfois difficile.

Dans  son  appréciation  du  risque, la  Coface  estime  que  l’activité  devrait repartir progressivement cette année. L’assureur-crédit  français  prévoit une croissance de 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2021, après une récession enregistrée en 2020 (-6,5%).

“Malgré une modeste augmentation des quotas de production de l’Opep+, les contraintes imposées  par  cet  accord  continueront  de brider  la  production pétrolière en 2021”, indique la Coface. 

Cette dernière ajoute qu’après s’être largement repliée en 2020, en raison de la hausse du chômage (16,5% en 2020 contre 12% en 2019) et de la baisse des envois de fonds  de  la  diaspora  (1,1% du PIB),  la  consommation  des ménages (44% du PIB) se redressera légèrement en 2021.

Pa r contre,  les  investissements  (37%  du  PIB), notamment  publics, “ne devraient que légèrement reprendre en raison  des  conditions budgétaires toujours difficiles et des incertitudes économiques”. Malgré les coupes dans les dépenses en capital ou courantes (hors subventions représentant plus de 8% du PIB), relève la Coface, “le solde public, traditionnellement déficitaire, s’est creusé”. 

Il est évalué à -13,5% du PIB en 2020. “Avec la Covid-19, le gouvernement a augmenté ses dépenses  en  matière de santé (0,2% du PIB), mais aussi en aides sociales  et  économiques dans le cadre  d’un  plan  de soutien (1% du PIB). Dans  le  même  temps, les  recettes  fiscales  (provenant  à   41 %  des hydrocarbures) ont chuté”, souligne l’organisme français.

En 2021, le solde public ne devrait que légèrement reculer, à -12%, “car les dépenses pour soutenir l’économie resteraient élevées, alors que les recettes n’augmenteraient que faiblement”, affirme l’assureur-crédit. “L’endettement extérieur demeurera faible (moins  de  1% du PIB), même  si  l’Algérie peut solliciter l’aide multi ou bilatérale pour financer l’important déficit”, relève la Coface. La dette publique devrait augmenter  pour  atteindre 66,6% du PIB cette année contre 57,2% l’année passée. 

Le déficit courant s’est également creusé, constate l’assureur-crédit français, causé par l’important déficit commercial, plus conséquent après la crise et la baisse des exportations d’hydrocarbures.  Il  a atteint 13% du  PIB  en 2020 contre 10,1% en 2019. En 2021, le déficit  ne  devrait que  modestement se réduire à 11,5%. 

“Ce déficit continuera d’être financé en ponctionnant les réserves  de change qui ont fortement reculé (équivalentes à douze mois d’importations à fin 2019, elles n’en représenteraient que huit à fin 2020), poursuivant leur chute depuis 2014”, souligne-t-elle. Les investissements directs  étrangers  (IDE) resteront faibles, prévoit, par ailleurs l’assureur-crédit français. 

Cependant, estime-t-il, “la suppression du plafonnement des participations étrangères au capital des sociétés locales et de l’obligation  de trouver un partenaire local, ainsi que la possibilité de se financer à l’étranger pourraient générer, à terme, un surcroît (IDE : ndlr)”. 

La tiédeur des investisseurs pour  le  secteur  des  hydrocarbures  devrait, également, perdurer.  Selon  la Coface, la  prévalence de  la  pauvreté, le manque d’opportunités d’emploi et le contexte économique difficile, exacerbés par la crise sanitaire, alimenteront probablement le mécontentement.