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Essai Ammar Belhimer- "Par quel droit tenir le Net?"

Date de création: 17-01-2021 11:30
Dernière mise à jour: 17-01-2021 11:30
Lu: 26 fois


INFORMATIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI AMMAR BELHIMER- « PAR QUEL DROIT TENIR LE NET ? »

PAR QUEL DROIT TENIR LE NET ? Essai de Ammar Belhimer. Anep Editions, Alger 2020, ?????dinars, 220 pages

Chez l’auteur, une interrogation : comme toute autre ressource, le flux de données n’échappe pas à l’instinct de domination, ce qui autorise à se demander si nous n’assistons pas à l’avènement d’un « impérialisme » numérique ». La réponse est toute trouvée sur la base de chiffres qui ne souffrent d’aucune contestation, aujourd’hui encore,montrant et démontrant la répartition inégalitaire des sites-sources  de Facebook, par exemple : Alors que l’Inde est le pays qui compte le plus grand nombre d’utilisateurs , dix sites se trouvent en Amérique du Nord, quatre en Europe et un en Asie, à Singapour. Un décalage abyssal ! Qui ne peut conduire qu’à des accusations de « colonisation des données » et de « colonialisme numérique » de la part de bien des pays.

L’interrogation  est d’autant plus préoccupante que le numérique « s’invite désormais au cœur de tout développement », y compris de la finance et , plus grande encore, de la défense.  Pire encore, « ce n’est plus un abus de position dominante , c’est une forme de domination sans partage qui ne dit pas son nom » qui voit les géants du Net (les fameux Gafam, plus d’autres arrivants comme Ubber, ) avoir toujours une longueur d’avance sur le droit (ndlr : c’est là une caractéristique assez forte de notre paysage des Tic….. ) : « La norme juridique donne l’image d’une vieille Mamie qui s’efforce de rattraper de jeunes et hyperactifs adolescents ». Et, certainement pour se « rattraper » (ndlr :cela s’est vu lors des révolutions radio et télé satellitaires « libres » face aux monopoles des médias publics), les Etats « démocratiques » s’assemblent « presque toujours » pour isoler, diaboliser et maltraiter délibéremment tous ceux qui sortent des rangs (exemples  de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks et des « lanceurs d’alerte »)

Il faut ajouter à cela une véritable « guerre froide 2.0 » entre Chine et Etats-Unis, Etats-Unis et Russie,  Ue et reste du monde (actuellement)  où on ne parle plus que de harcèlement, de sabotage, d’influence, de piratage,  de désinformation, d’espionnage, de cyber-attaques , de guerre commerciale, de cyber-guerre en perspective , de gouvernance algorithmique d’influence  …..Il est vrai que les techniques se sont tellement améliorées, à une allure si folle, que presque tout est faisable ….et encore permis…avec les « fake news », les « trolls »,le cyber-harcèlement et le discours de haine , les « deepfakes », les « shallowfakes », les « deepNudes » (une application d’hyper-trucage), le « FaceApp »….destinés ou ciblant des consommateurs, souvent bein mal préparés.

Que faire ? « Casser Facebook » ? Promouvoir la « neutralité du réseau » pour « garantir l’égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet » ? Réhabiliter la « concurrence régulée » afin d’éviter une économie globale dominée par moins d’entités et de plus grands niveaux d’inégalité ? Lutter contre l’« atomisation frustrante » et la « servitude sous contrat » des « auto-entrepreneurs » (les employés des Gafam, corvéables à merci, dispersés, isolés avec le travail à domicile ….. ) . Plusieurs questionnements….et , pour l’instant, pas de réponses claires…..Mais, pour avoir une petite idée , il faut lire ce livre lequel, à travers plusieurs études décortiquées, permet de cerner la problématique d’un « nouveau monde » qui s’est déjà bien implanté …dans les esprits et les comportements 

L’Auteur : Docteur en droit, Journaliste puis professeur à l’Université d’Alger 1, actuellement ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement (depuis janvier 2020, gouvernement Abdelaziz Djerad). Auteur de plusieurs études de droit économique et de plusieurs ouvrages, dont « La dette extérieure de l’Algérie : une analyse critique des politiques d’emprunt et d’ajustement »

Extraits :  « En règle générale, il est moins coûteux d’appeler l’Europe depuis les Etats-Unis que le contraire, d’où cette tentation –soulignée dans le Rapport Nora – d’utiliser les banques américaines (ndlr :de données) sans ressentir le besoin de s’en constituer sur le territoire national » (p 23), « L’étendue des applications internationales des réseaux de traitement informatique confère aux détenteurs de banques de données un pouvoir inégalé dans l’histoire des relations internationales » (p25)

Avis :Un ouvrage de type documentaire qui pousse à la réflexion. Valeur pédagogique indéniable à l’heure de la non-disponibilité d’ouvrages spécialisés et de réflexions majeures sur le sujet.Un ouvrage que l’Université (Opu) devrait traduire en arabe

Citations : « L’évolution rapide des technologies de communication a longtemps indisposé  le juriste » (p 11), « Dans l’actuelle division internationale du travail, le tiers-monde est fournisseur de données brutes et acheteur de données traitées dans les pays développés » (p 22), « Que reste-t-il d’autre que l’humain à mettre sous contrôle ? » (p 33), « L’ère des masses populaires est révolue, place aux minorités agissantes tapies derrière leurs claviers ; et elles sont d’autant plus percutantes qu’elle sont pacifiques » (p 173), « Sans unité, la petite minorité éclate en poussières » (p 176)

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