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Récit Chouiteh Brahim Mounir- "Combats d'hier , espoirs d'aujourd'hui"

Date de création: 26-12-2020 18:51
Dernière mise à jour: 26-12-2020 18:51
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HISTOIRE – BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECIT CHOUITEH BRAHIM MOUNIR*- « COMBATS D’HIER, ESPOIRS D’AUJOURD’HUI »

© El Moudjahid/ Mohamed Bouraib, samedi 26/12/2020

L’ouvrage, fortement documenté, raconte l’épopée d’une résistance, celle de la population de Z’malet El Amir Abdelkader, dans la région de Ksar Chellala. C’est aussi une manière de faire entendre une autre voix que celle diffusée par les grands médias français qui continuent à privilégier un regard de colonisateur.

Pour l’auteur, la colonisation ne doit pas être classée dans les rayonnages parce qu’elle a été une entreprise de destruction théorisée, meurtrière et très douloureuse. Il reste donc à déterminer et faire reconnaître les responsabilités de la France coloniale dont le lourd passif n’a pas été soldé.
Le livre n’est pas un essai politique, ni un manuel d’histoire de la région. Il contribue à éveiller la curiosité des jeunes pour les aider à comprendre la conscience d’un peuple et de sa grandeur.
Toutes les régions du pays ont opposé à des degrés divers une résistance civile ou armée acharnée contre la colonisation française ressentie comme une atteinte à la liberté, à l’indépendance, et à la dignité de tous les Algériens.
Le message sous-jacent de cet ouvrage est le suivant : avant son occupation, l’Algérie était une nation reconnue par l’Angleterre, les Etats-Unis, mais au-delà des rappels très instructifs, Chouiteh Brahim Mounir relate les aléas de la vie de cette contrée, de la partie centrale des Hauts-Plateaux, et plus particulièrement de son «patelin», qui a dû affronter de nombreuses épreuves, tout au long de son histoire très chahutée, à l’instar de toutes les régions de notre pays. Il démontre que l’Algérie est une nation avec ses frontières actuelles depuis des siècles, rejetant la thèse galvaudée par une certaine historiographie coloniale partiale et gorgée d’ethnocentrisme.
Il évoque les déportations d’Algériens coupables de s’être opposés à l’expropriation de leurs terres, d’acte de rébellion, réprimés dans le sang par le code de l’indigénat ou pour leurs insurrections successives. Des chefs de la résistance furent expatriés de force et déplacés vers la nouvelle Calédonie, Cayenne et la Guyane dans l’espoir de briser la résistance nationale face à l’oppression.
Dans le chapitre sur les tentatives de l’assimilation, l’auteur parle d’une vaine œuvre de transformation sociale et culturelle qui est une totale ignorance de la société algérienne.
Dans cette longue plongée dans une histoire mouvementée autant qu’exaltante, il retrace le portrait et le parcours de deux personnalités politiques célèbres que sont Messali Hadj et Ferhat Abbas. Deux hommes avec leurs idées, leur combat pour l’émancipation du peuple algérien.
Messali Hadj s’imposa par son allure plébéienne, sa façon orientale, son allure d’insurgé en djellaba. Ferhat Abbas par son caractère de musulman laïque, héritier de Kamal Atatürk, ou de ces républicains portant le fez.

Généraux d’opérette et sombres assassins

Ce livre est une réponse cinglante à tous ceux qui ont glorifié les actes barbares d’une soldatesque française qui s’était criminellement «illustrée» au cours d’une époque impériale peuplée de va-en-guerre, de ces généraux d’opérette, vulgaires assassins tortionnaires, spécialistes d’enfumades de pauvres et paisibles villageois du Dahra, voleurs de biens agricoles, de patrimoine d’autrui. Tous leurs crimes étaient légitimés par cette nécessité d’apporter une soi-disant lumière à un peuple qui vivait, paraît-il, dans les ténèbres.
Que de mensonges éhontés ! La France se nourrissait avant l’occupation de l’Algérie du blé importé des régions de Constantine et de Mascara.
A travers la convocation de l’histoire, l’auteur trace et balise le contour de l’apport militant de Ksar Chellala, qui, elle aussi, a payé le lourd tribut fait de violences, contre une population en raison de sa contribution aux efforts de la guerre menée contre l’armée coloniale et au titre de la révolution algérienne.
*Chouiteh Brahim Mounir, colonel de l’ANP, en retraite, né à Ksar Chellala, Editions Dahlab, Alger 2020