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Vigne d'Algérie

Date de création: 26-12-2020 18:38
Dernière mise à jour: 26-12-2020 18:38
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AGRICULTURE- CULTURES – VIGNE D’ALGERIE

 

© Kamel Bouslama, El Moudjahid, samedi 26/12/2020

 

Les origines de la vigne sont assez obscures et remonteraient à la période du Crétacé, à la fin de l’ère secondaire, il y a environ 140 millions d’années. La cueillette du raisin sauvage, sans aucun procédé cultural, a depuis toujours constitué une ressource complémentaire d’alimentation sur le pourtour méditerranéen.
On sait et les preuves existent, que la vigne, depuis l’époque historique, était cultivée en Afrique du Nord. Et on sait aussi que les vignes sauvages, ancêtres des vignes cultivées, les lambrusques ou «Vitis Silvestris», se sont multipliées en Algérie par semis naturels ou provoqués par les oiseaux et les animaux de l’époque, friands de raisin. Les fleurs étaient dioïques, c’est-à-dire mâle ou femelle et la fécondation se faisait difficilement. Autrement dit «aneb dequer», ou raisin mâle, serait une lambrusque algérienne ; ou l’ancêtre de la vigne cultivée. D’ailleurs, le raisin de table, le «raisin de Numidie» blanc - identifié comme raisin de Kabylie à Lakhdaria et Tizi Ouzou - a connu une certaine renommée à Rome sous l’empereur Tibère. Les grappes étaient cueillies avec une proportion de rameaux, conservées suspendues dans un endroit sec, et parfois fumées.
Le premier stade de la domestication de la vigne par l’homme primitif a été la sélection de souches à fleurs hermaphrodites qui s’autofécondaient. C’est probablement à cette époque, entre six et huit mille ans avant Jésus-Christ, que l’homme a dû découvrir le vin, ou tout au moins une boisson fermentée à partir de raisins, dans une outre de peau ou une jarre de terre.
La viticulture venait de naître Le cycle végétatif des vignes d’Algérie est comparable à celui des autres vignes du pourtour méditerranéen . Autrement dit la vigne est en dormance en hiver. C’est le repos hivernal qui commence à la chute des feuilles avec les premiers froids. Dès le retour du printemps, en mars, et la «montée de sève» apparaissent les «pleurs» qui sont une exsudation de gouttes de sève brute au niveau des plaies dues à la taille.
Les bourgeons gonflent alors et éclatent. C’est le «débourrement». Les feuilles apparaissent, les rameaux s’allongent, les boutons floraux deviennent des fleurs, puis des grappes. C’est la «nouaison». Les vrilles s’accrochent, s’enroulent autour de leurs supports. Les grains prennent du volume. Le feuillage fonce. Il peut y avoir «coulure», mauvaise fécondation, ou «millerandage», avec des grains normaux et des grains atrophiés, sans pépins. En juillet et en août arrive le temps de la «véraison». Les grappes changent de couleur, elles s’enrichissent en sucre tandis que leur acidité diminue. La teinte des sarments passe du vert au brun rouge. C’est «l’aoûtement». Les vendanges approchent. Elles se font d’août à septembre. Si le sirocco n’a pas grillé les vignes, si le vent marin n’a pas brûlé le feuillage, si la sécheresse n’a pas été trop grande, elles seront bonnes. Il ne faut pas trop attendre pour la cueillette. Le soleil est ardent en août et l’on risque surmaturation et «passerillage», c’est-à-dire flétrissement ou dessèchement des grains sur souche. Bientôt l’automne arrive, les jours raccourcissent et la lumière diminue. Les feuilles jaunissent ou rougissent selon les cépages, et commencent à tomber. C’est la «défeuillaison». La vigne entre en dormance. L’hiver est là et le printemps reviendra.
La vigne et son cycle végétatif en Algérie

Pour ceux qui ne le savent pas encore, la vigne fait partie des vitacés et du genre Vitis (la famille des vitacés comprend 18 genres). C’est une liane à tige sarmenteuse, qui s’attache à des supports variés par des vrilles. A feuilles caduques, la vigne, dans des conditions normales de culture, peut vivre une cinquantaine d’années. Il arrive de rencontrer, dans des conditions exceptionnelles, des souches isolées de cinquante ans et davantage. Le genre Vitis se trouve réparti géographiquement dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord. Toutes les espèces de la section Vitis peuvent se croiser ensemble et donner des hybrides fertiles. C’est ce qui a permis d’obtenir des porte-greffes résistants au phylloxéra à la fin du XIXe siècle. En Europe et en Asie s’est développée l’espèce «Vitis Vinifera», mieux connue sous l’appellation de cépage. C’est le cépage qui caractérise la vigne. Il donne des raisins de table, de cuve ou à sécher, de couleur blanche, rouge ou noire. Il peut être de maturité précoce, moyenne ou tardive.