Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Lamine Khène

Date de création: 15-12-2020 13:29
Dernière mise à jour: 15-12-2020 13:29
Lu: 42 fois


HISTOIRE –PERSONNALITES- LAMINE KHÈNE
C’était le dernier membre encore vivant du gouvernement de l’Algérie combattante, le GPRA proclamé le 18 septembre 1958 par Ferhat Abbas : le moudjahid Lamine Khène est décédé ce lundi 14 décembre à l’âge de 89 ans. L’homme a été très discret après l’indépendance – il a toujours fait valoir l’extraordinaire courage et la clairvoyance du peuple durant ces années de combat – mais son parcours de révolutionnaire est remarquable.
Né le 6 mars 1931 à Collo, militant précoce de la cause de l’indépendance, il entre au PPA (Parti du peuple Algérien) à l’âge de 15 ans. Etudiant en médecine à Alger, il active au sein de l’Amicale des étudiants musulmans de l’Afrique du Nord (AEMAN) puis à l’UGEMA dont il est un des membres fondateurs. L’homme s’engage au FLN. Il est sous l’autorité de Abane Ramdane, chargé après sa sortie de prison d’organiser et de diriger l’organisation à Alger. Lamine Khène a présidé l’assemblée générale historique des étudiants qui a décidé de la grève du 19 mai 1956.
Lamine Khène, bien que déjà membre du FLN, a insisté sur le fait que la décision de faire grève émanait des étudiants et non de l’organisation.
“Ce sont les étudiants eux même qui ont décidé, à la majorité et après concertation, de la grève, lors d’une réunion que j’ai présidée au cercle des Oulémas qui se trouvait à proximité de la mosquée Ketchaoua », avait expliqué Lamine Khène lors d’une conférence à l’Ecole nationale polytechnique d’El Harrach. Lamine Khène.
 Quand Benyoucef Benkhedda demande que la grève soit déclenchée sans attendre, Lamine Khène agit, sans hésitation. « Je n’avais pas eu l’idée de contester l’ordre qui venait de m’être transmis. Benkhedda était mon aîné, il était responsable au sein du parti où je militais, c’est ça l’autorité qu’on accorde aux plus anciens. Cela n’avait besoin ni d’écrits ni de notification. Comme j’étais assistant médical à la médersa de Ben Aknoun (actuel lycée Amara Rachid), j’avais une chambre. Je m’y suis rendu et j’ai rédigé l’appel à la grève avec l’appel pour le maquis. Je suis descendu en ville, j’ai donné le texte à Salah Benkobbi, un militant du FLN, qui était en même temps membre du bureau de section de l’UGEMA. Il l’a transmis à Benkhedda, car sa machine à écrire ne fonctionnait pas. Tapé, ronéotypé, il a été diffusé. Voilà comment les choses se sont faites » a-t-il expliqué dans un entretien, rare, au journal El Watan.
« Nous ne ferons pas de meilleurs cadavres… »
Le texte de l’appel est d’une grande vigueur : « Effectivement, avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres ! ( … ) et nous , « les cadres de demain » on nous offre d’encadrer quoi? D’encadrer qui ? ( … ) Les ruines et les monceaux de cadavres, sans doute ceux de Constantine, de Tébessa, de Philippeville(Skikda), de Tlemcen et autres lieux appartenant déjà à l’épopée de notre pays ? Notre passivité face à la guerre, qu’on mène sous nos yeux, nous rend complices des accusations ignobles dont notre vaillante armée nationale est l’objet. La fausse quiétude, dans laquelle nous nous sommes installés, ne satisfait plus nos consciences » .
Quelques jours seulement après l’appel, le 1er juin 1956, il monte au maquis en Zone 2, en compagnie du chahid Allaoua Benbaatouche, tombé au champ d’honneur en 1958. L’étudiant en médecine, devenu officier de l’ALN (capitaine chargé de la santé) met en place le service de santé de la wilaya 2 dirigée par Zighoud Youcef. Homme qu’il n’a jamais cessé d’admirer et sur lequel il tenait à édifier les plus jeunes.  « C’est un personnage extraordinaire. Un génie politique et militaire. J’ai eu l’occasion d’animer des conférences à son sujet, j’aimais dire à mon auditoire, que je commence toujours par la fin quand il s’agit de ce héros de la guerre de Libération nationale. Je rappelle toujours «que le monsieur duquel je vais parler, qui est pour moi un génie politique et militaire, est mort à l’âge de 35 ans».
Lamine Khène est désigné membre du CNRA en 1957. Il est membre du premier gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA 1958-1960. A l’indépendance, il poursuit ses études en médecine tout en prenant la direction de l’’organisme de mise en valeur des richesses du sous-sol algérien (OS) puis de l’Office de coopération industrielle (OCI) en 1966. Lamine Khène sera ensuite ministre des travaux publics jusqu’en 1970 avant de mener une carrière internationale : il a été secrétaire général de l’OPEP, puis président de l’ONUDI. Lamine Khène était en désaccord avec les choix faits dans les années 90 et il ne cachait pas, à ses proches, son dégout à l’égard des responsables de la déliquescence de l’Etat au cours des deux dernières décennies