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Gerroudj Abdelkader

Date de création: 08-11-2020 19:28
Dernière mise à jour: 08-11-2020 19:28
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HISTOIRE – PERSONNALITES – GUERROUDJ ABDELKADER

Natif  de  Tlemcen  en  1928,  Abdelkader  Guerroudj  a  fait  partie  des “combattants de la libération”, appelés aussi “maquis rouge”, ce groupe de guérilla créé par le Parti communiste pour lutter contre le colonialisme.

Le hasard a fait que leur mort survienne en novembre : au lendemain de l’enterrement de Lakhdar Bouregâa, une figure non moins célèbre, bien que peu connue des nouvelles générations, Abdelkader Guerroudj, dit “Djilali”, est décédé samedi  7 novembre 2020   à Alger à l’âge de 92 ans. Ancien militant communiste, ce natif de Tlemcen en 1928 où il officia en tant qu’instituteur, notamment dans les petites villes de Sebdou et Fezzan, a fait partie des “combattants de la libération”, appelés aussi “maquis rouge”, ce groupe de guérilla créé par le Parti communiste pour lutter contre le colonialisme.

Bien qu’accueilli avec méfiance par le FLN, ce groupe verra nombre de ses membres dont un certain Fernand Iveton intégrer individuellement les rangs de l’ALN au terme d’un accord entre les deux parties. Époux de Jacqueline Guerroudj et beau-père de Djamila Amrane (Danièle Minne) , autres figures de la Révolution, Abdelkader Guerroudj devient très actif dans l’Algérois avant d’être arrêté début 1957.

Il assistera même à l’exécution de Fernand Iveton, cette autre grande figure qui épousa la Révolution algérienne, en février de la même année à la prison de Barberousse. Condamné en décembre en compagnie de son épouse et d’Abderrahmane Taleb, l’artificier des commandos, lequel sera guillotiné le 24 avril 1958, Abdelkader Guerroudj sera toutefois gracié quelques mois plus tard par le président René Coty.

Il faut dire qu’il a pu bénéficier d’une grande campagne conduite par de célèbres intellectuels français dont le célèbre philosophe, Jean-Paul Sartre ou encore Simone de Beauvoir.

Élu à l’Assemblée constituante à l’indépendance du pays, puis devenu président du conseil d’administration de la SNCF, Abdelkader Guerroudj va s’éclipser de la scène politique, particulièrement au coup d’État de Houari Boumediene en juin 1965. Dès lors, il mènera une vie dans la discrétion la plus totale.

Il aura fallu attendre novembre 2015 pour que son nom, quasiment inconnu de la jeunesse algérienne, apparaisse en tête de liste du “groupe des 19”, en compagnie de Zohra Drif Bitat, Lakhdar Bouregâa, Meriem Benhamza ou encore Mustapha Fetal, Rachid Boudjedra et Louisa Hanoune, demandant une audience au président Bouteflika alors qu’il semblait diminué depuis son AVC qui l’avait frappé deux ans plus tôt.

Les signataires entendaient dénoncer et démontrer que des forces extraconstitutionnelles avaient pris les leviers de la décision. On connaîtra la suite des événements. Même s’il a choisi, comme tant d’autres, la discrétion dès l’indépendance, considérant sans doute avoir accompli son devoir à l’égard de la patrie, Abdelkader Guerroudj semblait faire partie de ceux qui étaient favorables à l’établissement de relations apaisées avec la France.

On lui attribue cette phrase prononcée lors de son procès et rapportée dans la revue « Temps modernes » de Jean-Paul Sartre. “On ne peut pas forcer les Algériens à se sentir Français. Mais si l'Algérie ne veut pas, elle ne peut pas être française, est-ce à dire que cette indépendance doive se faire contre la France ?

Non ! Et ne serait-ce que pour des commodités de langue, je suis sûr que lorsque nous aurons besoin de matériel, de techniciens, d'ingénieurs, de médecins, de professeurs pour construire notre pays, c'est à la France que nous nous adresserons d'abord. Je crois que ce serait là l'intérêt véritable de nos deux pays.

L'intérêt de la France n'est pas d'avoir ici des valets prêts à tout moment à passer au service d'un maître plus puissant, mais des amis ayant librement consenti cette amitié.” Abdelkader Guerroudj repose désormais au cimetière d’El-Alia.