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Comptes extérieurs 2020/2021 Algérie - Etude Euler Hermès

Date de création: 13-10-2020 17:40
Dernière mise à jour: 13-10-2020 17:40
Lu: 6 fois


ECONOMIE- ETUDES ET ANALYSES- COMPTES EXTERIEURS 2020/2021 ALGERIE- ETUDE EULER HERMES

 

L’assureur-crédit, Euler Hermes, filiale du groupe allemand Allianz, classe l’Algérie dans la catégorie C4, concernant le risque pays. L’assureur-crédit pointe “un risque élevé pour les entreprises”. 

Euler Hermes prévoit  une  contraction  du  produit intérieur  brut  (PIB) de l’Algérie de -6,7% cette année, avant de remonter à +3,4% en 2021 sous l'impulsion d'une hausse des prix des hydrocarbures et d'un effet de rattrapage mécanique.

La filiale du groupe Allianz indique que “l’épidémie de Covid-19 a durement frappé l'économie algérienne, alors que  la  dynamique  de  croissance était déjà en sourdine”. 

La forte baisse des prix des hydrocarbures et les mesures de  distanciation sociale  pour  contenir  la  propagation du virus, relève  Euler Hermes, ont fortement pesé sur l'activité. 

L’assureur-crédit constate que depuis 2014, “plusieurs goulots d'étranglement limitent  le  potentiel  de  croissance  du  pays”.  La  croissance  économique n'a  généralement  pas  réussi  à  rattraper  le  rythme  de  la  croissance démographique. 

La baisse tendancielle de la production d'hydrocarbures et la détérioration des infrastructures, entre autres, “sont les  principaux  problèmes  structurels du modèle économique algérien”, estime l’assureur.

Le ralentissement de la consommation privée et le gel des investissements publics  en  raison  de  la  réduction des  dépenses  ont également entravé l'activité économique ces dernières années.

“Le PIB n'a progressé que de +0,7% en 2019, contre +3,2% en  2016”, note Euler  Hermes, soulignant  la  dépendance  de  l’économie  algérienne  aux hydrocarbures.L’assureur-crédit signale, aussi, la détérioration des comptes extérieurs depuis le choc des prix du pétrole en 2014. 

Euler  Hermes  indique  que  les  importants  excédents  annuels  du  compte courant (supérieur à 10% du PIB entre 2005 et 2012) ont, par le passé, permis à l'Algérie d'accumuler des quantités importantes  de  réserves de change et de réduire sa dette publique.

“Cependant, un renversement rapide et structurel  de l'excédent du compte courant s'est produit à la suite du choc des prix du pétrole en 2014”, relève l’assureur-crédit.

“Les réserves de changes, qui ont atteint 195 milliards de dollars en 2013 (environ trois ans de couverture des importations), ont fortement baissé à environ 62  milliards  de  dollars  (environ  11  mois  de  couverture des importations) en décembre 2019”, fait-il remarquer.

Pour Euler Hermes, la forte contraction des exportations d'énergie, en raison de l'épidémie de Covid-19, pèsera sur le secteur extérieur en 2020. L’assureur-crédit prévoit une hausse du déficit du compte courant à -18% du PIB en 2020, contre -11% du PIB en 2019. 

Le déficit se réduirait progressivement à moyen terme. Avec l'impulsion des dépenses liées à la Covid-19 et à la baisse de la fiscalité pétrolière, la filiale du groupe allemand Allianz table sur l’augmentation du déficit budgétaire, qui pourrait atteindre -15% du PIB cette année.

“L'instabilité politique  reste  un risque notable  en  Algérie  et  pèse  sur  les décisions d'investissement  et  de  consommation, avec  des répercussions négatives sur le commerce”, soutient Euler Hermes. Ce dernier estime que “la pauvreté, le  manque  d'opportunités  d'emploi et  le  contexte  économique difficile devraient alimenter le mécontentement”.