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Essai Mabrouk Belhocine - "Le courrier Alger/Le Caire....."

Date de création: 17-08-2020 19:10
Dernière mise à jour: 17-08-2020 19:10
Lu: 11 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH-ESSAI MABROUK BELHOCINE- « LE COURRIER ALGER/LE CAIRE….. »

Le courrier Alger-Le Caire,1954-1956 .Le Congrès de la Soummam dans la Révolution.  Récit historique de Mabrouk Belhocine. Casbah Editions, Alger 2000, 349 pages, 650 dinars

 On toujours cru (ou on nous a fait croire) que la Guerre de libération nationale s’est déroulée sans problèmes. Mabrouk Belhocine nous dit : Bien sûr que non. Elle a même connu , comme d’autres révolutions, des drames, des déchirements au point où « à un certain moment, on pouvait craindre pour son devenir »

Il nous la raconte donc  d’une manière très originale (publication des textes suivis de simples notes « nécessaires pour fournir des indications sur des hommes ou des événements peu connus du grand public »)  mais incontestable quant à la véracité à travers  des archives de la délégation extérieure du Fln au Caire. ….un courrier échangé entre Alger (Abane Ramdane) et le Caire (principalement Mohamed Khider, chef et secrétaire permanent de cette délégation de 1955 à 1956) . Des documents (fac simili des documents originaux à l’appui) qui éclairent les rapports qui ont existé entre « l’intérieur » et « l’extérieur » ainsi que sur l’événement historique que fut le Congrès de la Soummam.

De retour au pays, il avait sauvegardé les documents (« sachant d’expérience le sort réservé aux archives dans les mouvements politiques ») ….à remettre  , dit-il,  aux Archives nationales…après la publication du livre.

 Des documents qui ne contredisent pas mais complètent  d’autres ouvrages de référence comme celui de Mohamed Harbi publié en 1981 sur « les Archives de la Révolution algérienne » ….des documents qui font du présent ouvrage ,non une histoire de la Révolution algérienne, mais « une contribution à l’écriture de l’Histoire » et permettant au lecteur de « voir un peu plus clair dans « la glorieuse aventure du 1er novembre » .

Elle a permis aussi, à travers les phrases et les styles des uns et des autres de « découvrir » les engagements, les caractères et parfois les « humeurs » de nos héros. Car si héros ils furent, ils n’en étaient pas moins  hommes.

 L’Auteur : Né en1921 à Chemini (Sidi Aich/Bejaia).Licence en droit (Université d’Alger).Inscrit à l’Ordre des avocats d’Alger en juillet 1949 puis de Bougie en 1950.Réinscrit à Alger fin 1962. Bâtonnier de l’Ordre et coordinateur de l’Organisation nationale des Avocats  de 1977 à 1979. Militant Ppa (46-49), avocat des victimes de la répression .Fln décembre 54.   Fédération de France avril 56 à mars 57.Tunis en avril 57.Plusieurs fonctions au sein de l’Administration du Gpra dont Sg adjoint du ministère  des Affaires étrangères puis chef de mission du Gpra en Amérique latine. Député 1962, réélu en 64. Se consacra à sa profession après le 19 juin 65. Juillet 62, membre de la Commission d’enquête sur l’assassinat du Président Boudiaf.

 Sommaire :Avant-propos/ Livre premier : Une longue marche (Première partie : l’Algérie face au colonialisme, 1830-1954)- Deuxième partie : Vers une sortie révolutionnaire de la crise -  Troisième partie :Le congrès de la Soummam)/  Livre second (p 77 à 341) : Le courrier Alger-Le Caire 1954-1956 (transcription en clair des documents, annexes : fac-simili des documents originaux, photos historiques) / Bibliographie

 Extraits « Faut-il croire et dire que la Guerre de libération s’est déroulée sans problèmes ? Bien sûr que non. Comme d’autres révolutions, elle a connu ses drames, ses déchirements au point où , à un certain moment, on pouvait craindre pour son devenir » (p 9), « Le 23 octobre 1956, les membres de la délégation extérieure (note : Ben Bella, Khider, Ait Ahmed, Boudiaf…et Lacheraf) sont arrêtés avec le rapt de l’avion qui les menait de Rabat à Tunis. Les autorités françaises ne pouvaient pas s’imaginer qu’elles venaient de sauver l’unité de la Révolution algérienne ! » (p 53), « De Yugurtha à l’émir Abdelkader, société paysanne et pouvoir, peu de choses ont changé. Le courage, l’intelligence, le charisme d’un homme pouvaient longtemps suffire. A notre époque, face aux puissances aux armées modernes, cela ne suffit plus » (p 71)

 

Avis : Clair, concis, précis…..et des archives de première main. Un ouvrage que je lis avec énormément de retard , un retard inexplicable et inexcusable , mais retard que je ne regrette pas car cela m’a permis de mieux « apprécier » toutes les autres  contributions à l’écriture de l’Histoire.

 Citations : « Si la cause de la défaite (note : durant la période 1830-1881) fut bien sûr la supériorité de l’armée française en armement et en organisation, la cause principale ne fut-elle pas dans le sous-développement culturel, technologique et économique du pays, et surtout l’absence d’unité nationale ? Cette question reste toujours d’actualité » (p 20), « La Révolution n’appartient à personne  si ce n’est à ceux qui la font. A la « légitimité du calendrier », le Congrès (de la Soummam) a opposé la légitimité d’exercice » ( Abane Ramdane, fin 1955, p 60)