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Hachemi Chérif

Date de création: 10-08-2020 18:42
Dernière mise à jour: 10-08-2020 18:42
Lu: 59 fois


VIE POLITIQUE- PERSONNALITES- HACHEMI CHERIF

 Date de première création: 18-04-2020 16:50
Avant-dernière mise à jour: 10-08-2020 18:21
Déjà lu: 52 fois

I/ © Aissa Kasmi, avril 2020 (et revu légèrement)

….Certains disent qu’il est né dans la Soummam, d’autres à Bougie, d’autres en Kabylie, mais aucune ne précise le lieu de sa naissance exactement. Il s’agit de Cherif Hachemi, communément appelé El-Hachemi Cherif, né le 5 octobre 1939 à Attallah (Toudja), fils de Smail Chérif et petit-fils de Cheikh El-Hocine Cherif, un grand « Faqih », qui a habité au début du XXème siècle à Ihaddaden (Toudja) dans une maison mise à sa disposition par la famille Ihaddaden pour enseigner l’arabe et le Coran aux enfants de Toudja et contribuer autant que possible à leur éducation. A la suite de Cheikh El-Hocine, c’est son fils Larbi, diplômé de l’Institut Benbadis de Constantine et membre de l’Association des Oulémas Algériens, qui l’a remplacé vers le milieu des années trente, afin de poursuivre la mission entamée par son père. Ce dernier s’était marié avec la sœur d’Aami Salah Oul-Mahdi (Mahdi Salah), du bourg d’Ibourdjiouen.  El-Hachemi avait été élevé dans sa prime jeunesse par son oncle Cheikh Larbi Ben Cheikh El-Hocine à Toudja où il a suivi sa scolarité primaire tant en arabe qu’en français. Son père Smail avait émigré à Alger où il s’était fait recruter au jardin d’essai du Hamma à Belcourt comme jardinier. El-Hachemi a rejoint son père à Alger pour poursuivre ses études qu’il a achevé au lycée franco-musulman de Ben-Aknoun dont l’enseignement était bilingue. Ensuite, il a travaillé en qualité de script et assistant-réalisateur à la RTF à l’époque de 1957 à 1960, date à laquelle, il rejoint le maquis dans la wilaya IV historique jusqu’à l’indépendance. Nommé d’abord chef de Daïra à Lakhdaria (Bouira), il n’a pas tardé à rejoindre la RTA comme Secrétaire Général de 1963 à 1967. S’étant opposé au coup d’Etat du 19 juin 1965, il s’engage résolument dans l’opposition comme militant de l’Organisation de la Résistance Populaire (ORP), avant de se retrouver membre fondateur du PAGS en 1966. Ayant abandonné toutes fonctions administratives, il dirige la Fédération des Travailleurs de l’enseignement et de la culture (FTEC) et il a réalisé quelques courts et longs métrages. A partir de 1981, il se consacre entièrement à l’activité politique à la tête du PAGS à partir de 1990, puis ETAHADI, avant de créer en 1998 le Mouvement Démocratique et Social (MDS). Il avait échappé à un attentat terroriste perpétré contre lui le 10 avril 1993. Doté d’une large culture, parfait bilingue, homme de principe et de conviction, El-Hachemi Cherif auquel nous rendions souvent visite lors de sa maladie avec mon frère M’hand qu’il estimait beaucoup, nous parlait souvent de Toudja avec une grande nostalgie. Il est décédé le 2 août 2005 à l’âge de 66 ans suite à une longue maladie.

 

II/ © Par  Moulay Chentouf Porte-parole du PLD/Liberté lundi 10 août 2020. Extraits

(…………….). Le destin du regretté Hachemi Chérif a été scellé définitivement pendant la guerre de Libération nationale. Nous retenons essentiellement deux moments cruciaux : la rupture de la lutte armée que le pays avait choisie comme mode de combat pour se libérer du joug colonial français et le tournant décisif des manifestations populaires de 1960.
Hachemi Chérif est d’abord et avant tout le produit d’une expérience humaine et politique ancrée en profondeur dans les grandes épreuves historiques qu’a connues l’Algérie ces 60 dernières années.  
En effet, alors qu’il est encore jeune, il arrête ses études au lycée franco-musulman de Ben Aknoun pour marquer de façon concrète son adhésion politique à la grève historique des étudiants de 1956. Dès l’âge de 19 ans, il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale, et à 20 ans, il est élevé au grade de lieutenant.  
À l’indépendance, en 1962, il est chef de daïra  à Palestro qu’il débaptise du nom de Lakhdaria, en hommage à son compagnon d’armes de la Wilaya 4, Mokrani Rabah, le commandant Si Lakhdar.  
Après le coup d’État du 19 juin 1965, il rejoint l’Organisation de la résistance populaire (ORP) et, en janvier 1966, il participe à la création du Parti d’avant-garde socialiste (PAGS) dont il devient un des cadres les plus importants.  S’ensuit une vie politique dense et mouvementée qui contrarie nombre de ses projets culturels. Mais il arrive quelque peu à se consacrer à la vie intellectuelle du pays. Il fait ses premières armes à la radio où il travaille comme assistant de réalisation, se consacre à l’écriture et au théâtre, mais semble surtout fasciné par le cinéma. Ses rencontres avec Kateb Yacine, Abdelkader Alloula et M’hamed Issiakhem conduisent à des projets culturels intéressants, mais tous ne débouchent pas. 
Au lendemain de l’indépendance, il réalise un long-métrage,
« Les chiens », en hommage au combat anticolonial du peuple sud-africain, puis un documentaire dédié aux luttes paysannes, « Ettarfa », qu’il réalise en 1972. 
Celui-ci est longtemps censuré et ne passera à la télévision nationale que... 20 ans plus tard, en 1992 !  
Le livre le plus important qu’il écrit,
« Enjeux en jeu », est un essai majeur où il analyse les causes de la crise multidimensionnelle que subit le pays, dresse le diagnostic de l’Algérie des années 90 et propose des solutions qui, jusqu’à présent, demeurent d’une brûlante actualité.  
Pendant les années 80, il est secrétaire général de la Fédération des travailleurs de l’enseignement et de la culture (Ftec), mais son action syndicale en faveur des travailleurs l’expose aux foudres du pouvoir qui n’hésite pas à user de tous les subterfuges pour l’éloigner du syndicat.  
Au congrès de décembre 1990, il devient le premier responsable du PAGS en remplacement de Sadek Hadjeres. A posteriori, l’on ne peut que se féliciter d’un changement aussi judicieux à la tête du PAGS, d’autant plus que Sadek Hadjeres, toute honte bue, a osé s’exhiber avec le sinistre Zitout, et lui faire publiquement une accolade. L’irruption fulgurante de l’islamisme politique sur la scène politique rebat totalement les cartes. Une centaine de militants du parti sont assassinés par la horde intégriste et Hachemi Chérif lui-même échappe miraculeusement à une tentative d’assassinat le 10 avril 1993 à Alger.
Face à l’aggravation sans précédent de la situation politique et sécuritaire du pays, Hachemi Cherif décide d’ajuster le PAGS aux urgences politico-organiques de l’heure en créant de nouveaux mouvements politiques, Ettahadi en 1992 puis le MDS en 1998.  
(………). Grâce à ses orientations politiques, il contribue à la création des premiers groupes de Patriotes dans le pays, dont celui de Haouch Grau, emmené par le camarade Sellami tombé au champ d`honneur en 1995.  
L'Algérie, disait-il, a deux ennemis irréductibles : le système rentier et mafieux et l'islamisme politique. C'est pourquoi, dans le fracas des armes et la trahison des lâches, il avait appelé l'ensemble des Patriotes et des républicains à disqualifier ceux qui avaient fait de l'Algérie un champ de ruine et mené le peuple à l'abattoir. Ce double combat, ou pour reprendre sa formule désormais historique “la double rupture”, est malheureusement toujours à l'ordre du jour.  
C’est précisément cette stratégie de lutte, qui exige, d’une part, l’exclusion de l’islamisme du champ politique et, d’autre part, la rupture avec le système, qui a été remise en cause au lendemain de la disparition de Hachemi Cherif, le 2 août 2005. C’est pour cela que des camarades ont quitté le MDS pour créer dans un premier temps, le 1er novembre 2008, le Mouvement démocratique, social et laïque (MDSL), puis le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), le 29 août 2009. Depuis sa création, il y a plus de 10 ans, le PLD s’est inscrit dans la stratégie de la double rupture, et ce, dans la perspective de la construction de l’État de droit, fondé sur les valeurs de la laïcité, de la pluralité et de l’universalité
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