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Roman Benamar Mediène - "Georges Bouquabrine"

Date de création: 28-07-2020 17:32
Dernière mise à jour: 28-07-2020 17:32
Lu: 9 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN BENAMAR MEDIÈNE – « GEORGES BOUQUABRINE »

Georges Bouqabrine…….Roman  de Benamar Mediène. Casbah Editions.  Alger  2012 , 382 pages en français, 650  dinars


Benamar Mediène n’est plus à présenter. Ceux qui ont lu son « Kateb Yacine, le coeur entre les dents » y ont découvert un essayiste de talent . Il est vrai que pour les amis, dans son milieu d’intellectuels vrais fortement engagés, on se défonce toujours et il a ,  d’ailleurs, renouvelé l’exploit avec « Issiakhem , peintre ».

Cette fois-ci, on al’impression que c’est  lui-même qu’il  affronte. Certainement pour se prouver (et prouver aux autres , « les cuistres, les sots et les ennnuyeux littérateurs ») qu’il a d’autres cahiers dans son cartable (et de logiciels dans  son micro) en s’aventurant dans le roman, mais surtout, me semble-t-il, pour bousculer le monde de la mauvaise littérature qui nous envahit  de plus en plus.Il ne manque pas d’ailleurs de lui (l’édition en général) consacrer une page bien vitriolée : « les livres d’aujourd’hui…. Imbuvables, à un point tel que le bois qui a servi à fabriquer leur papier doit regretter de ne pas avoir été brûlé »

Georges est l’histoire d’un homme biologiquement « divisé »,moitié kabyle par son père , moitié chouan (Vendée française ) par sa mère. Lourde hérédité ! Ne voilà-t-il pas que, militaire du contingent, une de ses moitiés est obligée de faire la guerre à l’autre, et qu’une moitié doit haïr et tuer l’autre….Il doit choisir. Il déserte, mais il est « liquidé » par les éléments de l’armée française (les paras). Une véritable exécution maquillée en règlement de comptes. Son corps, pour donner le change, sera « rapatrié » en « métropole » où il sera enterré (symboliquement car son cercueil avait « disparu » en cours de route) …..mais, en fait, son corps martyrisé, avait été récupéré par la maman de son camarade de caserne, son « complice » qui devait l’aider à rejoindre le maquis, un moudjahid qui a survécu à la torture. Il avait été enterré discrètement en cimetière musulman. Peu à peu, sa tombe anonyme deviendra deviendra celle d’un saint homme vénéré (« venu de loin »), maître de la fertilité féminine qui plus est …lui qui a tant et tant aimé les femmes.  Une histoire s’étant déroulée bien banalement en France est bel et bien morte…..et enterrée (même par les Archives de l’armée française), mais une autre , rejoignant la légende, donnant de l’espoir et faite pour le bien , a commencé….en Algérie.  

Avis :Un voyage extraordinaire dans les océans de la littérature et dans le tumulte d’une écriture étourdissante. L’auteur en oublie parfois (bien souvent, en vérité ) son sujet. Kateb Yacine a laissé un digne héritier. En tout cas , la contagion est certaine…avec un art consommé de la littérature universelle en plus .Difficile à lire, mais à lire .Avec une telle œuvre, on ne peut que se cultiver …..et améliorer son français.

Phrase à méditer : «  Ducon est ce qu’il y a de mieux sur le marché pour te tailler un beau costard qui t’habillera tous les hivers à venir  », « Ecrire , ce n’est pas produire de l’ammoniac »