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Récit Belkacem Kassoum Madani- " Le dernier cours.Lycée...."

Date de création: 07-07-2020 19:26
Dernière mise à jour: 07-07-2020 19:26
Lu: 15 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECIT BELKACEM KASOUM MADANI- « LE DERNIER COURS. LYCEE… »

Le dernier cours. Lycée Bencheneb de Médéa , 19 mai 1956. Récit de Belkacem Kasoum Madani, Editions Anep, Alger 2013, 218 pages, 450 dinars

Berrouaghia ? Un lieu perdu dirigé jusqu'à la fin des années 1940 par un administrateur (souvent un militaire) car le village avait un statut de commune mixte.Auparavant, c’était un officier du bureau militaire qui présidait aux destinées du village.Par la, suite, par souci de « démocratisation », les autorités coloniales transformèent le statut en commune de plein exercice....avec un maire et un conseil municipal élus sur la base de collèges différents et d’élections trafiquées. Ainsi, les Européens avaient toujours la majorité absolue er décidaient souverainement des affaires de la cité.Berrouaghia ? Un lieu perdu qui ne s’animait que le jour du marché hebdomadaire qui était fixé , « selon les humeurs du maire, une année le mercredi et une autre le jeudi ».et son adjoint, l’autochtone de service, son maréchal ferrant, son boulanger, son coiffeur tondeur -dentiste arabe, son coiffeur moderne, son club de football, ses nombreuses épiceries, son mécanicien espagnol, ses cafés –maure, ses cafés –bar, ses ivrognes, ses vedettes locales de foot, son salon de coiffure  pour dames ......et la place abritant le marché couvert.  Ah, il y avait aussi....sa prison

Moult détails sont fournis, décrivant avec minutie (et humour parfois) la vie quotidienne de l’école et des quartiers et des habitants dans une coexistence de plus en plus difficile à l’approche de la guerre de libération....Déjà que politiquement les choses ne se passaient pas facilement. 56  , les groupes de combattants « venus de Kabylie » incendient plusieurs fermes de la région, et les représailles commencent , poussant bien des jeunes nationalistes du Ppa (les « écervelés » disaient les sceptiques ) à rejoindre le maquis.

La passage au Lycée est un moment fort de la prise de conscience nationaliste des jeunes ;  la vie en internat aux côtés des enfants de colons exacerbant les tensions : « Cela  se ressentait à des signes, des regards, à la perte d’une certaine insouciance , aux multiples prises de bec, à des propos agressifs... » . « La guerre touchait désorrmais toutes les régions du pays et la flamme de la révolution grésillait au propre comme au figuré »...Le 19 mai 1956, à l’appel de l’Ugema, c’est la grève générale des cours des collégiens , des lycéens et des étudiants....Le reste est une autre histoire.....au maquis....en prison aussi . Avec l’Indépendance au bout de la route.

L’Auteur : Berroughia, un « village rude, ingrat » composé alors de cinq quartiers : Dar Essouka où est né l’auteur , et les quatre autres......dans une séparation , « obéissant à une règle tacite » régissant la vie des communautés du village : l’indigène, la juive et l’européenne.....les trois ayant chacune le ou les personnages retrouvés dans la plupart des villages érigés par la colonisation. Alors lycéen, il rejoint le maquis en juillet 1956.  Arrêté en 1957, il est condamné à 5 ans de prison. Après l’Indépendance, il est journaliste à l’Aps puis (des études supérieures en communication menées en parallèle) il devient fonctionnaire , notamment au sein du ministère des Affaires étrangères , avant de prendre sa retraite.Il a , aussi,  enseigné au sein de la nouvelle Ecole nationale supérieure de journalisme d’Alger/Ben Aknoun.

Extraits : « La falaqa, punition importée par les Ottomans en Algérie. L’échelle de la falaqa, comme celle de Richter, avait plusieurs degrés : 20, 30 , 50 et rarement 100 coups selon le degré de méconnaissance des versets (du Coran) . Le flagellé était, la plupart du temps , transporté chez lui par ses camarades et, comble de l’infortune, recevait encore des taloches par ses parents qui voyaient la preuve de sa mauvaise volonté d’apprendre « ( p 23), «  L’humour était traduit chez nous par le « temeniek », c’est-à-dire la moquerie » (p 37), « La Révolution (française) s’était faite sous le slogan de « Liberté-Egalité-Fraternité ». A notre âge, la symbolique de ce tryptique n’était pas évidente et nous demeurions à la périphérie de la célébration. Spectateurs et non acteurs » (p 52),

Avis : Souvenirs ! Souvenirs ! Un récit de souvenirs d’enfance (avec des yeux qui s’ouvrent au monde extérieur sur les manifestations du 8 mai 1945) et de première jeunesse dans la rue, à l’école et au lycée, juste avant l’éveil de la conscience et de l’engagement révolutionnaires.

Citations : « La mémoire de jeunesse est presque toujours sélective. On ne se souvient que des événements, des personnes qui marquent » (p 125),  « L’arabisation des mots français sonnait comme une résistance aux efforts des occupants, ce qui exprimait inconsciemment le rejet d’une langue imposée qui, plus est ,était ainsi soumise aux règles de la grammaire arabe. Ce que les colons dénigraient en la qualifiant de « charabia » (p 63),