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Roman Mazouz Ould Abderrahmane -" La Café maure"

Date de création: 04-07-2020 11:29
Dernière mise à jour: 04-07-2020 11:29
Lu: 18 fois


POPULATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN MAZOUZ OULD ABDERRAHMANE- « LE CAFE MAURE » 

« Le Café maure. Roman de Mazouz Ould Abderrahmane. Editions Sedia,  Alger 2014 (Editions Tryptique, 2013) , 207  pages, 650 dinars

 

Le Café , c’est , durant les années 50 (comme le hammam pour les femmes), le lieu de rencontres incontournable  des  hommes du quartier ou de la cité.

A Tijditt, petit port balayé par le sirocco, dans le quartier de la Souika, il y  en avait quatre. Mais celui qui était toujours bondé  de monde, tous les jours, c’était celui qui avait pour « enseigne » le Café maure. Des chômeurs qui ne voulaient pas travailler pour les « roumis » , des chômeurs qui voulaient travailler mais qui ne trouvaient pas de travail,  des talebs survivant de lectures du Coran et se chamaillant sur un détail pendant des jours , des « rebelles » (syndicalistes et politiques) , dont certains revenus du bagne, des indics, des jeunes intellos  discutant des « révolutions » (française, américaine, russe, chinoise....) , des nationalistes partagés sur le « zaïm » à la longue barbe , des fumeurs de kif, le pêcheur magique, le Derouiche silencieux .... Et, au milieu de tout ça, un jeune orphelin, Fekir,  ne comprenant encore rien aux discussions et aux querelles qui n’en finissaient pas. Et ,avec ça, les continuelles descentes de police...juste après une chaude discussion dite (par l’indic de service !) politique.

Une société vivant à part...et ,avec la population européenne, les seuls contacts (en dehors de la police ) étaient les matches de football inter-quartiers , toujours assez rudes  sinon se terminant dans les coups et le sang,....les jeunes européens ne voulant jamais admettre la défaite. 

Une ambiance lourde, insupportable dans une société partagée, parfois déchirée. Heureusement, pour notre jeune héros, il y a encore beaucoup d’interrogations...il y a , aussi, la découverte  de l’amour (impossible) pour une jeune fille en fleurs (européenne....mais non pied-noir) et de l’amour raisonné pour celle qui va devenir, très tôt , sa femme .Il y a , enfin, la guerre...et la mort du poète s’écriant « Liberté ».... Comme dans un conte. Comme dans un songe.

L’Auteur : Il est né à Mostaganem en janvier 1941 et il est décédé à Montréal en décembre 2012. Et, hélas, c’est là son unique roman (écrit dans les années 90 et édité ,pour la première fois, en janvier 2013 à titre posthume). Il a été acteur dans une troupe (Les Garagouzes) de son frère aîné , Ould Abderrahmane Kaki et membre fondateur, en 1962, du Tna. Il a interprété plusieurs rôles dans des films algériens (La Nuit a peur du soleil, l’Aube des damnés, La Voie, Les Hors la loi, la Bataille d’Alger...). Installé au Canada à partir de 1977, il a écrit les scénarios de plusieurs courts et longs métrages et a conçu de nombreuses mises en scène et des films de recherche en numérique.

Avis : A lire ne serait-ce que pour se pénétrer de l’ambiance politique et sociale du pays dans les années 50, juste avant le déclenchement de la guerre de libération nationale. Ecriture fluide ......comme un conte !

Citations : «  C’est quoi le bisenesse....Tout dans l’emballage, peu de marchandise » ( p 87) , « Derrière chaque légende se cache une vérité pas bonne à révéler » (p 102), « Tous les malheurs font de belles légendes. C’est commença que naissent les traditions » (p 103), « Quand on est en politique, c’est des vivants qu’on s’occupe, pas des morts «  (p 182), « Malgré tout leur bagage de savoir, les intellectuels étaient condamnés à enculer les mouches comme tout le monde. Si ,par malheur, ils osaient sortir du rang pour dénoncer ou prouver quoi que ce fût, ils étaient condamnés à l’exil ou disparaissaient « accidentellement » (p 182)